Cameroun : Libération de M. Kamto et le Coup de gueule de Saint Eloi Bidoung

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Le militant du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), parti au pouvoir et adjoint au maire de Yaoundé VI estime que, « au nom de la paix, Paul Biya sauve  Kamto, Paul Biya: un mendiant de la paix qui nous tend la main »

« Trois ans de guerre, 2000 morts et des dizaines de milliers de déplacés internes et externes.  Oui! Mais,  il y a un temps pour la guerre, un temps pour la paix; un temps pour pleurer, un temps rire. La convocation du Grand Dialogue National, traduit la volonté du président Biya de  mettre un terme aux hostilités  et d’établir une paix durable. Le temps de la paix était arrivé.   Les décisions d’arrêts de poursuites  vont dans le même sens: l’apaisement.  La face humanitaire et sensible du président de la République  est plus visible, ici, que la face politique. C’est un mendiant de la paix qui tend la main aux âmes de bonnes volontés. Puissions-nous être 28 millions à y mettre un peu de nous pour que ce geste est tous ses effets attendus. Cela me semble pour le moment difficile, sur un terrain luttes d’intérêt, les haines couvertes  ou dévoilées, les conspiration de tribus contre d’autres et un zèle destructeur contre la loi et l’ordre fleurissent des années. Le  mendiant de la paix doit s’attendre à des ankyloses et à des douleurs articulaires, car  sa main restera  tendu long.

Toujours est-il que les discours  que les faucons et les faux cons  plus patriotes qu’un chef d’État ont été balayés par des arrêts de poursuite. Eux qui clamait à cors et à cris que force revienne à la loi. On vu au tribunal Militaire, des gens qui riaient, des gens qui pleuraient.  Des gens qui rasaient les murs  quand d’autres  sortaient des murs de prisons. Des mots prononcés jadis, sont devenus  des maux pour ceux qui les avaient prononcés. Certains  regrettent  d’avoir dit tout haut ce que l’actualité dément depuis le week-end dernier. D’autres n’en parlent plus, persuadés qu’ils n’ont  rien compris au « code Biya », bien qu’ils se targuent d’être  ses inconditionnels. on a vu deux poussepousses, passés.   Le premier , sous les bruits des roues boiteuses,  transportait des  prisonniers d’une guerre sans fin, une guerre sans lois ni visage. Les prisonniers  de la crise  des têtes coupées, d’une nation fendue en deux  et des vies retranchées. On les dits désormais «  libres ». Libres pour les besoins de l’apaisement, pour la paix. L’autre pousse-pousse  faisait plus de bruits. C’est que   son chargement  était plus  lourd et,  surtout,  les charges qui pèsent sur ceux qu’il transportait  était volumineuses. C’était le pousse-pousse  du Mrc. Ils sont désormais libres.  La loi est restée à quai, faute de place.  L’apaisement à occupé tout l’espace. Que ne ferait-on pas au nom de la paix ?

Pour la  paix, on a tué la loi

Je ne sais pas  si la paix est revenue ou   si elle  reviendra bientôt dans le NOSO,   où l’on coupait   des têtes de femmes innocentes, pendant que les discours s’entrechoquaient au palais des congrès. Je ne reviens pas  sur la polémique  autour de l’identité des «  repentis ».  Je  félicite d’ailleurs le réalisateur  du film et les acteurs  pour leurs   talents.

Je parle de la paix qui doit régner  dans ces parties du Cameroun. Je parle de la sortie de brousse des  combattants   qui terrorisent toujours   les enfants qui veulent aller à l’école, qui brûlent les dispensaires et tuent les infirmiers, qui kidnappent des civils et égorgent des soldats et sous-préfets.

Sauf si  on me  rassure,   que les papiers de monnaie et de discours du palais des congrès ont « décidé » l’arrêt des poursuites contre les brigands  du Nord-ouest et du Sud-ouest, que les populations ne vivront plus dans la peur et la douleur causées par les exactions des  factions de l’horreur  en compétition dans ces zones.

Sauf si on me rassure,  que l’arrêt des poursuites contre des personnes arrêtées pour des actes macabres et insoutenables sur les villages et les villageois ramènera la paix  aux citoyens de la Manyu, du Ndian,  de la Mezam, du Lebialem et du Bui.

Pour le moment,  je me pose des questions:

– Les  pyromanes  d’écoles et d’hôpitaux rentreront-ils tranquillement dans les villages dont ils ont privés d’établissements  scolaires et de soins de santé dans le Lebialem ? Puisqu’on   ne les a pas jugés  pour ces crimes, on ne les a pas condamnés   selon la loi, pour créer la dissuasion chez ceux qui avaient encore ce genre de projets.

– Comment Atanga Nji et les autres faiseurs de paix du palais des congrès, iront convaincre les victimes (des milliers) de vivre,   dans les mêmes villages, avec ceux qui ont semé  la douleur et la peur dans ces  villages ?

– Les assises du palais des congrès avaient-elles une effet mystique qui aurait   neutralisé la mémoire des victimes des atrocités et des actes effroyables des «  combattants? »

Pour ma part, je dis ceci: pour que cela ne se répète plus, il fallait condamner les violeurs d’étudiantes, les pyromanes, les égorgeurs et  tous les bourreaux de soldats.   Pour que les populations retrouvent la sécurité et la confiance. Avec tous le respect,  que j’ai  pour les décisions du président de la République et de la personne du chef de l’État, je  dis qu’on devait les punir, et sévèrement. Au nom de la loi !

Si leurs crimes et délits  sont si peu graves, que l’on libère aussi les voleurs de chèvres et de casseroles qui encombrent les prisons, victimes des lenteurs judiciaires et de la corruption dans la magistrature.  Au nom de la paix !

Au nom de la loi et de la paix

La loi enseigne de respecter les institutions, les codes et règlements de la République. On n’a besoin d’être agrégé des facultés de droit et de sciences politiques pour savoir que lorsque le Conseil constitutionnel du Cameroun a validé les résultats d’une élection, toute contestation de ces décisions est un acte de rébellion. Ce crime est prévu par la législation camerounaise, et le quantum des peines connu. On ne descend pas dans la rue pour manifester sans autorisation dans un Etat de droit,  sauf si on  est hanté par le démon de l’anarchisme. Un professeur agrégé  de droit le sait d’ailleurs mieux que moi.

Ceux qui ont été incarcérés et désormais libres étaient présumés coupables  d’avoir défié, non pas le pouvoir, mais la République. je me serai attendu que le MRC contestât fortement le caractère illégal de cette décision «illégitime» pour être constant. Ils étaient autant susceptibles d’être condamnés que le sont ou l’ont été  d’autres « terroristes économiques » qui ont  porté atteinte  à la fortune publique et commis des actes de rébellion contre les biens publics. Alors, au nom  de la loi, que l’on libère tous ces présumés « terroristes économiques » de l’opération épervier,  qui sont  dans le couloir de la mort à Kondengui.  Pour que la paix règne au Cameroun.

Voici donc une République qui fonctionne  avec une seule manette : celle du chef de l’État,  Paul Biya. Ce  grand homme qui aura passé 37 ans d’exercice de pouvoir   à rectifier les erreurs de ses collaborateurs outrancièrement zélés qui veulent sa chute.   Pendant que les cadres de son pays se trémoussent et moussent dans le folklore  et l’agitation stérile.  le Président a passé plus de temps à prendre des décisions, en lieu et place de ses collaborateurs qui le mettent dans des situations inconfortables.   Heureusement,  que le vieux lion s’en tirent toujours avec le meilleur morceau.

La paix et la loi  vont encore souffrir longtemps. Le «président élu» a annoncé la suite de l’affaire dès sa sortie de prison.  Les sous-préfets et les policiers  sont aux aguets.

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