Cameroun : Au cœur de la Triple Tragédie que viennent de vivre les Lycées camerounais

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Par Alphonse Ateba Ndoumou : LA TRIPLE TRAGEDIE !

Tout commence par le décès de Djoumi Tchakounte, jeune enseignant de  mathématiques, brutalement arraché à la vie ce mardi 14 janvier 2020 au lycée de Nkolbisson, des suites d’agression, sur le théâtre même où il était chargé de diffuser la vie. Perte pour l’infortuné, perte pour sa famille et pour l’ensemble de la communauté éducative. Poignard au cœur de la nation!

Le 2e drame s’appelle Bisse Ngosso, aujourd’hui agneau expiratoire d’un milieu scolaire devenu depuis longtemps lieu d’affrontements multiples, exutoire collectif et marche pied des puissants, sur le dos de l’école, avec la complicité de tous, au mépris de toute éthique de vie. Le pauvre lui aussi laisse ici sa vie,  en sacrifice pour le rupture de tout lien de consensus national, même pas à l’école, ni sur, ni pour l’école républicaine. Drame d’une immoralité systémique, où l’insulte est devenue le premier attribut de socialisation, à toutes les échelles, politiques, universitaires, y compris au sein des églises. Les enfants voient et reproduisent.

La 3e tragédie sur cette affaire et, à mon avis la plus grave, c’est celle d’une communication publique de renforcement des angoisses.

Trois jours après, on en est toujours à spéculer .  Non seulement on n’a eu droit qu’à un petit communiqué tardif et quelconque, pour ne pas dire plus, mais pour l’essentiel le flou persiste.

1- l’arme du crime était quoi? Un compas ou un couteau ?

2- les mobiles du crime étaient quoi? Le téléphone ? Les notes de classe ou la discipline générale ?

3- bagarre ou pas bagarre ?

4-quel est l’âge exact de l’élève ? 15ans? 16 ans? 17ans? Des antécédents ou pas?

Bref, il subsiste ainsi des zones de flou que vient simplement compliquer ce qui ressemble à un projet de banalisation, par les interventions anarchiques des officiels, notamment, le sous-préfet de séant, certes dans son rôle, mais surtout, le chef du département des enseignements secondaires, lorsqu’elle se contente d’inviter les enseignants au calme, sans plus. Au marché des émotions naturelles qui entourent ce type d’événement en général, et celui-ci en particulier,  le Minsec semble avoir réalisé de très mauvaises affaires…

Cela a le don de nourrir un certain raidissement, des cris de révolte, des interprétations sanguines, toutes choses qui préparent le lit de grosses menaces sur l’école, voire, d’autres drames, sur le fil de la banalisation, ou d’un certain tâtonnement.. Il est encore temps de se ressaisir…

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