Cameroun : Les loupés du ministre des Sports Narcisse Mouelle Kombi

0
446

Attentisme face aux  discordes dans les fédérations, controverse autour du recrutement du sélectionneur de l’équipe nationale de football, humiliations par des acteurs sportifs sont là quelques faits inattendus de l’actuel patron des Sports camerounais.

Par Christian Djimadeu, journaliste

« 4 janvier 2019, le professeur Narcisse Mouelle Kombi est nommé ministre des Sports et de l’Education physique. Le diplomate que le président de la République commis à la gestion du sport jouit d’une double casquette de juriste. Idoine dans un climat de tension et de suspicion entre le Cameroun et la CAF après le retrait au pays de Samuel Éto’o Fils de la CAN 2019. Propice dans un contexte de tumulte généralisé dans les fédérations civiles sportives nationales.

Les élections de 2012 avaient accouchées de nombreux litiges non tranchés à ce jour. Les deux ministres qui ont précédé Narcisse Mouelle Kombi, à savoir Adoum Garoua et Bidoung Mkpwatt, avaient été incapables de régler ce que la presse qualifie de « patate chaude sur la table du gouvernement ». Narcisse Mouelle Kombi arrive tel un zorro qui va enfin donner un coup de pied dans la fourmilière. A son arrivée, son discours est ferme, sa priorité bien fixée : renouveler les organes dirigeants des fédérations dont les mandats sont échus depuis 2016. Deux mois plus tard, le ministre n’est plus aussi déterminé.

Détourné par les bénéficiaires de la crise et la longévité à la tête des fédérations. Finalement, les élections sont repoussées d’un an mais sans date précise. Le mouvement sportif reste ainsi paralysé par des querelles juridiques, ayant pour corolaires des cas de suspension des fédérations sur le plan international, des factions qui s’organisent en marge de leurs associations, des conflits répétés entre athlètes et dirigeants et une absence de planification des saisons.

Du coup, c’est le ministre qui décide quand tout commence et doit s’achever. D’où des compétitions complètement bâclées, question de s’arrimer aux injonctions ministérielles. Injonctions, c’est à peu près le mot qui peut qualifier la démarche du ministre en rapport avec le dossier du choix du sélectionneur de l’équipe première des Lions indomptables. En l’absence de la fédération, des images relayées sur la toile le montre en pleine négociation des clauses du contrat du nouveau sélectionneur. Le quotidien le Messager dans sa parution du 24 septembre affirme que l’homme politique a signé un pré-contrat à l’insu de l’instance technique qu’est la Fecafoot.

Plus intriguant, la scène se déroule dans un hôtel situé à un jet de pierre de son département ministériel. Certains analystes estiment que le ministre voulait ainsi « prendre de force » le contrôle de cette équipe après avoir soutenu que son staff subissait des influences extérieures durant la CAN. L’on se souvient également que le ministre avait eu maille à partir avec les joueurs qui à maintes reprises lui ont fait couler de grosses gouttes de sueur.

En effet, peu avant le départ pour la CAN égyptienne, la sélection lui avait imposé une nuit blanche à son bureau. Dans son costume et cravate nouée à la perfection, le membre du gouvernement a eu une longue discussion avec les joueurs qui s’est achevée au petit matin. Malgré cela, les deux parties ne s’étaient pas accordées sur le nombre de billets à remettre à chaque joueur.

Une situation qui aurait pourtant pu être évitée si et seulement si les dispositions du décret du chef de l’État en date de 2014 avaient été observées. Il y est écrit que le ministre et la fédération arrêtent les primes des footballeurs au moins deux mois avant toute compétition internationale, notamment à trois mois pour ce qui est de la CAN, et le leur communiquent sans débat. La combine contre le texte du président de la République a été malheureuse pour le patron des Sport. Si bien qu’en Égypte, l’équipe décide de lui fermer les portes des vestiaires quand il vient délivrer un message de félicitation après la victoire au premier match contre la Guinée-Bissau.

L’’humiliation était à nouveau consommée face à un acte de défiance vis à vis de l’autorité. Cela va se reproduire deux mois plus tard. Lorsque le basketteur Pascal Siakam, vainqueur du prestigieux championnat NBA avec Toronto Raptors, est annoncé en audience un samedi du récent mois d’août et laisse le ministère attendre des heures durant face aux mouvements des aiguilles de sa montre trottant au son d’une troisième déculottée On se souvient que la première fut enregistrée au mois d’avril lors de la finale de la dernière CAN U17.

Prêt à se rendre sur la pelouse avec le président de la Fecafoot pour la remise du trophée, le patron de la CAF Ahmad vient l’en empêcher en mondovision au motif qu’il n’est pas autorisé à s’y rendre, sa place étant dans les gradins. Un bain froid pour l’ancien ministre des Arts et de la Culture qui devait déjà à partir de cet instant, se rendre compte qu’en sport il est préférable de faire ce pourquoi on est là, surtout quand il est encore temps. »

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici