Cameroun : Colère des victimes de la catastrophe d’Eséka

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L’artiste camerounais Koppo, qui a failli laisser sa vie dans le déraillement mortel du train de Camrail du 21 octobre 2016 à Eséka s’indigne du montant qu’il a reçu.

Le chèque faisant foi, c’est sur sa page Facebook, que SP (pour Simon Patrice) Minko’o Minko’o ‘’Koppo’’ affiche le montant que lui a attribué la commission en charge de la répartition du milliard de FCFA que le chef de l’Etat camerounais a mis à la disposition des sinistrés du déraillement du train à Eséka dans le département du Nyong-et-Kellé, région du Centre le 21 octobre 2016. Un drame national, puisque que cet accident a fait plusieurs morts et de nombreux blessés ou victimes de toutes sortes de traumatismes.

Après plusieurs mois, sinon plus d’un an après la décision présidentielle, le dit est donc arrivé pour procéder aux répartitions proprement dites : le 9 août 2019. Généralement, c’est lorsqu’une répartition est mal faite entre associés que le bruit va au-delà. Mais, lorsqu’il s’agit d’un « cadeau », c’est surprenant. Car, pour s’être soumis à toutes les « tracasseries » pour la procédure d’identification, l’un des sinistrés, qui a préféré s’en étonner aperçoit sur son chèque un montant de 79300 FCFA.

Dans un humour déconcertant, l’auteur des chansons à succès « Emma », « Si tu vois ma go » et plus récemment « Gromologie» écrit une lettre au « Bienfaiteur » : « J’ai reçu 79300 FCFA comme tu vois là. Merci beaucoup. Ça va me helep pour les Rentrées Colères Papa. Sauf que vraiment hein, dis à tes combis là de ne pas souvent gnang ton nom au prix de l’eau du haricot comme ça. 80 kolos? Tout Un Président de la République. J’estime que tu n’es pas n’importe qui.» La colère de Koppo peut faire rire. Mais, le Copain national a mal au cœur !

Le langage pour véhiculer le message qu’il a envoyé au chef de l’Etat et auquel les jeunes s’identifieront aisément est fort évocateur. Tourne-t-il en dérision ces fonctionnaires des Services du Premier ministre, qui ont piloté le processus, lorsqu’il dit : « Alors, on ne peut pas déifier ta fonction quand tu dois nous barrer les routes en komotant. Te diviniser plus que Jésus et la Sainte Vierge Marie dans les bureaux et maisons, et te faire poser des actes attribuables au commun des concitoyens. Non Lopère. Tes amis te ndem. Parce que ce que j’ai reçu comme manifestation de compassion de certains de tes administrés et sujets vaut 10 fois, 100 fois ton geste. Et eux ils n’ont pas de caisse de souveraineté. Ils dépendent même de l’humeur ou de la notation de beaucoup de gens entre eux et toi ».

Le natif de Meyomessala –village du chef de l’Etat – est vraiment en colère que les collaborateurs de son « Tonton » aient pu lui faire cela : à lui et – peut-être – à plusieurs autres sinistrés d’Eséka. Peut-être ne sait-il pas que, selon des informations crédibles, les écarts s’avèrent abyssaux d’une personne à l’autre, sans qu’aucune explication n’ait été fournie aux concernés. Sa colère serait peut-être plus verte encore.

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Prise en charge

Camrail dit avoir tenu ses promesses

La sortie par un communiqué de Camrail arrive dans un contexte de polémique autour des répartitions de l’enveloppe que le chef de l’Etat a décidé d’allouer aux victimes de la catastrophe du 21 octobre 2016 à Eséka. Question d’éviter les confusions – visiblement – entre ce que fait l’une ou l’autre partie. La prise en charge de Camrail étant différente de l’élan de cœur du chef de l’Etat.

Néanmoins, le concessionnaire du chemin de fer camerounais se félicite d’entrée de jeu de la répartition par l’Etat du Cameroun à travers les services du Premier ministre, de l’aide spéciale du chef de l’Etat en faveur des blessés de l’accident ferroviaire du 21 octobre 2016 à Eséka.

Dans une communication faite la semaine dernière, dans le cadre des actions d’indemnisation menées par Camrail et ses assureurs au bénéfice des blessés, le transporteur par rails rassure que des familles et ayants droit des personnes décédées et personnes ayant perdu des objets dans l’accident ferroviaire du 21 octobre 2016 à Eséka, il convient de relever au 31 juillet 2019 de relever 91% au moins des dossiers relatifs à l‘indemnisation des personnes décédées ont été réglés ou sont en attente de signature de protocole d’accords ou d’homologation devant le tribunal ; 99% des passagers blessés ont déjà été définitivement indemnisés alors que 3 cas, qui ont fait l’objet d’une évacuation sanitaire à l’étranger, sont encore pris en charge et bénéficient de l’accompagnement comme tous les autres blessés des médecins mobilisés.

Camrail précise que 100% des personnes ayant subi un préjudice matériel et dont les dossiers étaient conformes ont toutes été remboursées. « Ces opérations d’indemnisation ont été réalisées sur la base des dossiers ouverts par les victimes et leurs ayant-droits dans les cellules d’accueil et d’information ouvertes dans les gares de Yaoundé et de Douala Bessengue », précise une source crédible à Camrail.

La même source ajoute que, au-delà des campagnes d’appels initiées, les dossiers d’indemnisation ont été instruits et discutés sur la base des éléments présentés, des dispositions légales applicables, et de la valorisation faite par Camrail et ses assureurs. Ainsi, les protocoles d’accord convenus avec les victimes et leurs ayant-droits ont été homologués par les instances judiciaires compétentes.

Camrail dit ainsi renouveler son message de compassion aux victimes de l’accident d’Eséka et aux familles des personnes disparues. Le transporteur ferroviaire  précise que « le processus d’indemnisation en cours est réalisé dans le respect des droits des victimes et de leurs ayants droit ».

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