Finance : Le Cameroun et le FMI vers un Accord de Facilité au Mécanisme Elargi de Crédit

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Les services du Fonds monétaire international (FMI) et le Cameroun ont trouvé le 27 mai dernier un accord au niveau des services en vue d’un programme soutenu par la Facilité de Crédit Elargie et le Mécanisme Elargi de Crédit. La gestion proactive de la pandémie COVID-19 par les autorités a contribué à contenir le déficit budgétaire à 3,6% du PIB.

Alors que l’activité économique a nettement décéléré en 2020, le ralentissement a été moins important que prévu, reflétant les bonnes performances des secteurs agricole et de la construction.

Washington, DC: En réponse à une demande des autorités camerounaises, une mission du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Amadou Sy, chef de mission pour le Cameroun, a tenu des réunions virtuelles du 13 au 27 mai pour discuter du soutien financier du FMI au programme de réformes économiques des autorités.

À la fin de la mission, M. Sy a fait la déclaration suivante :

« Les services du FMI ont achevé les discussions de politique générale avec les autorités sur un nouveau programme de 36 mois qui pourrait être soutenu par des ressources du FMI au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et du mécanisme élargi de crédit (MEDC).

« Le Cameroun a démontré de la résilience face à la pandémie du COVID-19, mais le pays continue de faire face à des défis importants. Alors que l’activité économique a nettement décéléré en 2020, le ralentissement a été moins important que prévu, reflétant les bonnes performances des secteurs agricole et de la construction. Le déficit du compte courant s’est rétréci à 3,7 pour cent du PIB, en raison à la fois de la baisse des importations et des exportations non pétrolières plus élevées que prévu. L’inflation est restée inférieure à 3.0 pour cent. En outre, la gestion proactive de la pandémie du COVID-19 par les autorités a contribué à contenir le déficit budgétaire à 3,6 pour cent du PIB.

« Néanmoins, le pays est confronté à des défis et vulnérabilités importants aggravés par la pandémie du COVID-19. Le Cameroun a en effet connu une forte recrudescence des cas de COVID-19 depuis janvier 2021, suscitant des inquiétudes quant aux perspectives de croissance et à la viabilité externe et budgétaire et les risques sécuritaires dans certaines régions du pays persistent. Depuis le début de la pandémie, le Conseil d’administration du FMI a approuvé deux décaissements au titre de la Facilité de crédit rapide (FCR) totalisant 276 millions de DTS, soit environ 382 millions de dollars EU ou 100 pour cent de la quote-part du Cameroun (voir le communiqué de presse du FMI N° 20/205 et communiqué de presse du FMI N° 20/318 ). D’autres partenaires de développement ont fourni un appui supplémentaire, mais d’importants besoins de financement budgétaire et extérieur subsistent à moyen terme.

« Le programme à moyen terme des autorités est axé sur la reprise post-Covid-19, la viabilité macroéconomique et un ambitieux programme de réformes structurelles – défini dans la stratégie nationale de développement pour 2020-2030 (SND-30). Dans ce contexte, le programme supporté par le FMI s’appuie sur la SND-30 des autorités, avec un accent transversal sur les mesures de renforcement de la bonne gouvernance, de transparence et de lutte contre la corruption. Il se base sur quatre principaux piliers : atténuer les conséquences de la pandémie, tout en garantissant la durabilité macroéconomique ; accélérer les réformes pour moderniser l’administration fiscale et douanière, mobiliser les recettes, améliorer la gestion des finances publiques, accroître l’efficacité des investissements et réduire les risques fiscaux des entreprises publiques ; renforcer la viabilité et la gestion de la dette ; et intensifier les réformes structurelles pour stimuler la diversification économique et la résilience du secteur financier. Le soutien financier du FMI devrait également contribuer à stimuler les investissements du secteur privé et à catalyser des financements supplémentaires de la part des partenaires de développement.

« La politique budgétaire du programme devrait élargir la base des recettes non pétrolières, réduire les exonérations fiscales discrétionnaires, lutter contre la fraude et l’évasion fiscales et améliorer l’administration fiscale et douanière. L’achèvement de la réforme du compte unique du Trésor et le recours réduit aux interventions directes et aux procédures de dépenses exceptionnelles contribueront à améliorer la gestion de la trésorerie et l’exécution du budget et à renforcer la transparence budgétaire et la crédibilité budgétaire.

« Le programme visera également à faire face aux risques financiers et fiscaux associés aux entreprises publiques. Les efforts de restructuration de la raffinerie nationale de pétrole (SONARA) seront fondés sur une analyse coûts-avantages approfondie de toutes les options disponibles. Les audits prévus des grandes entreprises publiques et l’apurement des dettes croisées du gouvernement avec les entreprises publiques et des arriérés de l’État contribueront à atténuer les risques éventuels.

« Compte tenu du risque élevé de surendettement du Cameroun, les efforts visant à renforcer la gestion de la dette publique et à limiter les emprunts non concessionnels restent essentiels pour assurer la viabilité extérieure. En conséquence, le programme limitera les emprunts non concessionnels aux projets qui sont essentiels pour le développement national et qui font partie intégrante de la SND-30 et pour lesquels un financement concessionnel n’est pas disponible.

« L’amélioration du climat des affaires et de la gouvernance est essentielle pour promouvoir la diversification tirée par le secteur privé et une croissance inclusive. De nouvelles mesures visant à améliorer l’efficacité des investissements et à renforcer l’inclusion financière seront également essentielles pour libérer le potentiel de croissance du Cameroun. Les efforts visant à améliorer la gouvernance avec une application efficace du cadre juridique anti-corruption seront aussi essentiels.

« Le programme du Cameroun continuera d’être soutenu par les politiques et réformes des institutions régionales, qui sont essentielles au succès du programme.

« L’équipe a rencontré le Premier ministre Joseph Dion Ngute, le ministre d’État secrétaire général à la présidence Ferdinand Ngoh Ngoh, le ministre des Finances Louis Paul Motaze, le ministre de l’Économie, de la Planification et du Développement régional Alamine Ousmane Mey, le directeur national de la BEAC Eugene Blaise Nsom, et autres hauts fonctionnaires, partenaires de développement et représentants de la communauté diplomatique et du secteur privé. « La mission tient à remercier les autorités camerounaises pour leur excellente coopération et le dialogue franc et constructif. »

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