Nécrologie : La première Diva de la musique camerounaise Uta Bella mère de  »Bikoko bi rigueur » est décédée en France

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Uta Bella, beaucoup d’«anciens» connaissent sa voix veloutée. C’était une star de la chanson camerounaise des années 70. Elle est morte, dans l’anonymat le 22 janvier 2021 à l’hôpital Saint Gaudens (Haute-Garonne) en France à 74 ans.

Au début des années 80, elle chante «Bikoko bi rigueur» et disparait de la scène. Les Camerounais de France ou ceux en séjour ont cependant de ses nouvelles. Elle est alors prise en main par Manu Dibango. Artiste musicienne, auteure, compositrice et chanteuse, elle va hisser très haut les couleurs de la musique camerounaise à l’étranger. Elle a alors une carrière prolifique et surtout éclectique. Elle aligne des 45 tours. Adulée de partout en Afrique, elle a légué aux mélomanes des mélodies impérissables. Ses admirateurs se rappellent sa prestation lors du 20e anniversaire de l’accession au pouvoir du président Ahmadou Ahidjo. C’est l’une de ses dernières apparitions officielles au Cameroun.

Quand le président Paul Biya accède au pouvoir en 1982, Uta Bela chante «Bikoko bi rigueur». Une chanson, qui, selon une certaine opinion, n’aurait pas été très appréciée. Celle qui travaillait dans une banque de la place sera alors obligée de quitter le pays pour s’installer à Paris en France (exile?), selon les mêmes témoignages.

Naviguant entre le Makossa, le Mangambeu, l’Afro-reggae et le Slow, elle aura été l’une des ambassadrices du Cameroun à l’international. A ce titre on retient d’elle, «Monboulaé» (1969), «Metek» (1973), «Awoé» (1979), «Nassa Nassa» (1980). Des chansons qui révèlent son immense talent de chanteuse, et des collaborations fructueuses avec Jean-Claude Naimro, Jacques Douglas Mbida et Jacob Desvarieux.

À la fin des années 1960, Uta Bella enregistre pour le label Disques Akue plusieurs 45 tours aux mélodies impérissables. Elle interprétera dans sa propre version sous l’intitulé «Amio» la chanson «Ami O» de son compatriote Manfred Ebanda (1935-2003). Pour la petite histoire, en 1960, Manfred Ebanda, âgé de 24 ans, s’éprend à Yaoundé d’une jeune lycéenne nommée Brigitte Amié Essomba. Celle-ci, déjà enceinte et contrainte d’abandonner ses études, éconduit les avances du chanteur, prétextant qu’elle ne pourrait s’engager, avant que son enfant ne soit plus âgé. Désespéré, Manfred compose «Amie», une complainte amoureuse enregistrée en 1962 à Radio Cameroun.

Uta Bella, c’est l’une des premières voix féminines de la musique camerounaise comme Anne Marie Ndzié, Marthe Zambo, Coco Ateba, Beti Beti, Villavienne, Bebe Manga, Jeannette N’diaye, puis la génération intermédiaire avec Beko Sadey, Charlotte Mbango, Grâce Decca, Rantamplan ou K.Tino.

Avec Essingan

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