Commission Cemac – Cameroun: L’heure du retour à Bangui a sonné

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Dans les prochains jours, les ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale vont se réunir à Yaoundé dans le cadre de leur conseil. Ladite réunion est en préparation avec comme président du conseil, le ministre camerounais de l’’Economie, du Plan et de l’Aménagement du Territoire, Ousmane Alamine Mey. Des bruits de bottes devenus traditionnels dans cette institution en pareil contexte ? Un marronnier pour les simplistes. Mais, l’ancien président de la Commission, le Camerounais Antoine Tsimi, qui avait perdu son poste, en sait quelque chose. Sauf qu’en 2020, l’ambiance semble adoucie par ce grand retour de la Commission au ‘’bercail’’ avec des enjeux internes aux secousses de faible amplitude que doit maîtriser le Pr Daniel Ona Ondo.

Bangui, Avenue des Marthyrs, non loin du siège de la télévision centrafricaine, une grande bâtisse impose sa présence avec une aile de 8 étages. Plusieurs drapeaux flottent au vent. L’on reconnaît celui du Cameroun flanqué de son étoile doré son la bande rouge. Pour un Cameroun, c’est évident, avant de chercher à coller un nom de pays aux autres drapeaux. L’enseigne de la Cemac (communauté économique des Etats de l’Afrique centrale l’en dissuade très rapidement et comprend qu’ici, siège la Commission. Cependant, aucun responsable de l’institution faîtière de la sous-région ne s’y trouve.

Depuis mars 2013, à la suite du coup d’Etat, qui a renversé le président François Bozizé, la situation sécuritaire s’est détériorée et la Commission a dû trouver « asile » au siège du Parlement de la sous-région à Malabo en Guinée Equatoriale. C’est un service d’entretien qui veille à l’immeuble », confie un employé, qui a préférer requérir l’anonymat. L’accès n’étant pas possible, qui ajoutera, pour mieux renseigner le curieux que c’est un immeuble qui a connu destruction du matériel et délabrement du fait de la crise sécuritaire. Quelques bureaux seulement sont occupés. En ce moment, ça bouge visiblement à l’intérieur de l’enceinte. « Il faut réhabiliter le bâtiment car, les responsables partis e Guinée Equatoriale ont bientôt revenir », confie le vigile en faction, qui dit lui-même avoir appris la « bonne nouvelle » entre deux portes.

Effectivement, selon des sources officielles, d’importants travaux de réhabilitation sont en cours, en application des instructions du président en exercice de la Cemac, qui voudrait un retour à Bangui dès le mois prochain. En effet, « aujourd’hui, l’appréciation du contexte sécuritaire décrit par de nombreuses organisations indépendantes qualifiées témoigne d’un retour à la sérénité dans le pays », peut-on lire en explication dans une note d’information. Notamment l’accord du 6 février 2019avec la restauration de l’autorité de l’Etat a davantage motivé les « pays frères », qui évoquent même un devoir de solidarité avec la République centrafricaine (RCA).

La conférence des Chefs d’Etat du 24 mars 2019 à N’Djamena au Tchad a instruit la mise en place d’un calendrier de retour progressif de la Commission en RCA. Ainsi, un plan de retour en interne a été mis sur pied par le collège des commissaires. Ledit plan prévoit le retour des premiers fonctionnaires de la Commission à Bangui à partir du 30 août 2020. Il s’agit notamment   d’une vingtaine de responsables parmi lesquels ceux de la direction du protocole, de la direction des affaires administratives et financières (DAF) ainsi que ceux du département des politiques économiques, monétaires et financières.

Dans les chaumières, les commentaires relatifs à cet important chantier vont dans tous les sens. Genre : c’est le Business du président de la Commission, la gestion du chantier est une gabegie. Car, c’’est le président de la commission, le Professeur Daniel Ona Ondo, qui va personnellement diriger les travaux du chantier. Lequel chantier concerne le grand bâtiment siège ainsi que la Cité résidentielle. Car, le retour à Bangui en Centrafrique a un coût. Inflation du loyer avec la présence des organisations internationales telles que l’ONU.

D’ailleurs, au sommet de la Cemac, il est question de mettre fin à l’errance de la Commission et de certaines autres institutions. La véritable contradiction venant généralement de l’intérieur, avec des informations croustillantes exposées sur la place publique. La redistribution des cartes ayant créé des frustrations illégitimes, notamment avec certains responsables, qui avaient déjà installé des systèmes de sous-traitance, perdaient ainsi leurs ‘’avantages’’, selon des informations crédibles.

Discipline

La Commission de la Cemac est-elle devenue le terreau de toutes les déviances professionnelles ? Ou alors, l’impact des réseaux sociaux a-t-il été si négatif au sein de cette institution ? Libertinage d’expression, diffusion des documents frappés du sceau de la confidentialité. Le droit de réserve, selon certains fonctionnaires du siège, avait déjà foutu le camp. Délation, déficit d’appropriation de l’idéal communautaire avec des regroupements des ressortissants de tel ou tel pays, etc. Le sujet semble à l’ordre du jour de toute causerie relative à l’institution que dirige l’universitaire Daniel Ona Ondo.

Le point d’orgue étant le licenciement du Tchadien Yaya Dillo Djerou, qui est en train de se muer en « affaire d’Etat » Ce représentant de la Cemac dans son propre pays avait déjà été suspendu de ses fonctions après avoir « tenu des propos d’une rare violence à l’encontre de la Première Dame de la République du Tchad «  Des allégations, qui, selon le président de la Commission, violent les dispositions portant statut des fonctionnaires de la Communauté, notamment son article 10. Le président de la Commission note qu’il s’agit d’une faute grave qui l’a conduit à prononcer contre le concerné, juste une suspension temporaire de ses fonctions. C’est le Comité de discipline mis en place pour se déterminer les sanctions définitives qui va choisir le licenciement en bonne et due forme.

Déviances

C’est à la suite de certaines décisions prises par le président de la Commission Daniel Ona Ondo que l’on aura la vraie température de l’institution. Par exemple, le Pr Ona Ondo décide d’inculquer l’obligation de la présence effective au travail. Plus précisément au siège. Le contraire a été développé avec la délocalisation et l’instabilité. Les certificats médicaux ont alors fait florès. Les maladies imaginaires trouvant ainsi leur terrain d’expression.

Ceux des fonctionnaires qui avaient pris l‘habitude d’utiliser leurs adresses électronique pour le travail doivent désormais se réajuster pour les ails professionnels. Le patron en chef de la Commission de la Cemac veut arrimer ses collaborateurs aux normes internationales en la matière et aux exigences du management public.

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