Cameroun : Zogo Andela révèle comment ‘’ils’’ animent la corruption à la Bicec

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Dans une correspondance, l’industriel camerounais Achille Zogo Andela met à nu les pratiques qui ont cours dans cette institution bancaire vouée au blanchiment des fonds, à la fraude fiscale et aux autres pratiques peu orthodoxes qui y ont fait leur lit

Par Essingan

La Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) a été saisie par Achille Benoit Zogo Andela, des faits de fraude au sein de la Banque internationale du Cameroun pour l’épargne et le crédit (Bicec).  Celui qui depuis un moment, au vu de ses démêlés avec la justice camerounaise, pointe du doigt la banque installée dans son pays, a décidé de passer à la vitesse supérieure et de dénoncer les pratiques qui ont cours au sein de cette institution financière qui, sous le couvert et la protection de certaines pontes du régime, bénéficie d’une certaine protection auprès des autorités.

Achille Benoit Zogo Andela décide ainsi de la saisine de la Cobac pour révéler les pratiques peu orthodoxes à la gouvernance bancaire de la filiale du groupe Banque centrale populaire du Maroc installée au Cameroun. Il est de ce fait reproché à la Bicec d’être une niche de corruption, de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale.

Les faits

Par ces faits, l’auteur et ses conseils s’appuient sur un certain nombre de faits qu’ils ont qualifiés de « signalement citoyen d’un cas de pacte de corruption en cours, garni de faux et usage de faux en écritures publiques et authentiques, de fraude fiscale, d’évasion fiscale, de faux en écritures comptables, de fausses informations comptables, d’escroquerie, d’abus de confiance aggravé, de blanchiment des capitaux, d’enrichissement illicite et autres infractions à la Bicec », tel que signalé dans l’objet de la dénonciation du plaignant. Dans le détail des faits, il est fait mention de l’acquisition d’une parcelle de terrain prétendument non bâtie au quartier Makepe à Douala, région du littoral, de 280 m² à 715.000 Fcfa le m², soit une somme totale de 200.000 Fcfa, pendant qu’on retrouve à cet endroit, 32 appartements construits et mis en location, ceci en violation flagrante de la loi fiscale du Cameroun qui n’a pas connu de la déclaration par la Bicec de ces investissements. La Bicec par ces faits a volontairement omis de mentionner dans ses tableaux des immobilisations et ses états d’inventaires 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020 et probablement 2021, l’immeuble urbain non bâti et/ou bâti de 32 appartements objet du titre foncier 35784 de l’arrondissement du Wouri 5ème à Douala, lieu-dit Makepe.

Cobac

Et pour ce faire, la banque s’est offert les services de certaines personnes assermentées, avocats, notaires, huissiers et autres de la place. Toutes choses qui ont contribué à fausser les comptes. Cette fraude à grande échelle qui a pris cours avant l’actuel directoire est sans doute encore en pleine expansion, à en croire Achille Zogo Andela. Participant par là même à l’évasion fiscale de fonds des épargnants et des investisseurs camerounais qui ont fait confiance à cette institution bancaire.

Une situation qui pousse le dénonciateur Achille Benoit Zogo Andela à se remettre à l’article 10 de la Cobac qui dispose que « le secrétaire général de la Cobac organise et exerce au nom de la commission bancaire, le contrôle sur pièce et sur place des établissements de crédit ». Achille Benoit Zogo Andela, industriel camerounais qui a investi dans l’import/export dans le domaine alimentaire, s’est depuis quelques années, retrouvé dans un imbroglio judiciaire qui l’oppose à l’Etat du Cameroun pour des faits de corruption dans ses démarches d’acquisition des bateaux de pêche ayant autrefois été la propriété de l’Etat du Cameroun. Des faits pour lesquels l’accusé a toujours plaidé non coupable, en mettant en avant des actes posés par ses garants, parmi lesquels la Bicec, où il avait domicilié ses comptes ayant servi dans les transactions qu’il avait à l’époque menées pour ses affaires.

La curiosité des absences répétées de la Bicec ou de son représentant aux audiences qui ont cours au Tribunal de grande instance du Mfoundi, depuis quelques années, et les révélations faites dans cette saisine de la Cobac, laissent croire que l’affaire Zogo Andela est un autre montage des réseaux de corruption et de fraude du système publique camerounais, qui en association avec des institutions bancaires sous le couvert des groupes étrangers, participent à dilapider et à évader les fonds nationaux, pour des fins inavoués, vers les paradis fiscaux.

En attendant les conclusions de l’examen de cette révélation du plaignant devant la Cobac, le combat judiciaire entre Achille Benoit Zogo Andela et la Bicec est loin d’avoir livré tous ses sous-entendus. D’ailleurs, l’industriel camerounais menace également d’attraire devant les juridictions internationales les commissaires aux comptes de cette banque, KPMG et MAZARS, ainsi que la Banque centrale populaire du Maroc, le nouveau propriétaire, pour complicité d’évasion fiscale et informations mensongères.

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