Cameroun : Voici comment le Minsep voulait à tout prix gagner le CHAN 2020

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Le ministre des Sports et de l’Education physique Narcisse Mouelle Kombi était aux manettes pour enrôler Alexandre Song et Jean II Makoun.

Source : Le Jour

Personne ne soupçonne Narcisse Mouelle Kombi d’avoir une connaissance affinée en matière de football. Mais on prête quand même au très vénéré Professeur de droit d’avoir quelques neurones pour ne pas se laisser mener servilement en bateau. Tout commence à quelques mois du début du CHAN. Le ministre des Sports, Mouelle Kombi, se laisse convaincre de ce qu’une déconvenue lors de cette compétition qu’organise le Cameroun en son sol pourrait alimenter la contestation politique contre le président Biya. « On organise et on doit gagner », serine-t-il alors dans les couloirs du Ministère des Sports. Une stratégie se met en branle. Plusieurs anciens Lions en préretraite errent au Cameroun, poussés dans leurs retranchements par la crise du Coronavirus qui ébranle le monde du football.

Des hommes sont commis à la tâche pour les convaincre de rejoindre le groupe des A’. Une vraie incongruité quand on sait que les A’ sont supposés être une sorte d’antichambre de la sélection nationale fanion. Une salle d’attente pour d’éventuels aspirants à la sélection A. Qu’importe ! Comme d’habitude en pareille circonstance, le Cameroun veut gagner. A tous les prix. Une short-list est établie. Alexandre Song (qui vient de rompre de manière fracassante avec les Suisses du FC Sion), Jean II Makoun (en quête d’un ultime challenge), Jacques Zoua (Ex Hambourg, que l’on annonce proche d’un retour à Coton Sport de Garoua), Yannick Ndjeng, Patrick Mevoungou (Ex Sturm Graz) et même Parfait Essengue (Ex Genoa) sont approchés.

Alexandre Song n’y accorde aucune importance et saute dans le premier avion pour…Djibouti. Jean II Makoun décline poliment l’offre. « Il faut laisser la place aux jeunes nous avons fait notre temps », glisse-t-il sobrement à ses interlocuteurs. Mevoungou, Ndjeng, Essengue et Zoua sont plutôt intéressés. Reste à s’accorder sur les modalités. Il faut bien que ces joueurs soient reliés à un club local. On va leur en créer un. De toutes pièces. Bienvenue à As Futuro de Mfou, un club affilié à la hâte sur l’instigation d’un cadre du ministère des  Sports.

Zoua placardisé, Ndjeng viré

Cette première partie du deal est claire. Vous signez pour As Futuro et vous êtes chez les A’. Parfait Essengue qui a d’autres touches avec des clubs locaux ne sent pas l’affaire. Mevoungou semble marcher mais s’est déjà engagé avec la Colombe de Sangmélima. Il restera fidèle à cet engagement et on le déclarera « blessé » pour l’écarter du groupe. Jacques Zoua et Yannick Ndjeng seront les deux rescapés de l’opération. Mais encore fallait- il s’entendre sur les détails du deal. Les joueurs ont d’abord exigé une libération juste après le CHAN pour aller chasser sur d’autres terres. Il fallait ensuite boucler le volet financier.

Jacques Zoua aurait exigé 30 millions de Fcfa pour finalement s’en tirer avec 10 millions. Ndjeng se serait contenté de la moitié soit 5 millions de Fcfa. A l’arrivée, on se demande bien à quoi aura servi ce grand manège. Nommé capitaine, Jacques Zoua a fermement pris la défense de son groupe sur la question des primes. Il a été mis à l’écart sous le prétexte d’une blessure imaginaire. Hors de forme et en surpoids, Yannick Ndjeng a failli en venir aux mains avec David Pagou, l’un des adjoints de Ndtoungou après avoir été sorti lors du match face au Maroc. Hier jeudi, il a été exclu du groupe. Le deal a finalement mal tourné. On se croirait en Sicile. En pleine maffia.

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