Cameroun – « Vincent Bolloré : Terre brûlée, mensonges et désinformation » au port de Douala

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Depuis la perspective de son départ du Port de Douala-Bonabéri, on observe que le groupe Bolloré, plus que l’État camerounais et son peuple, propriétaire, s’intéresse particulièrement au fonctionnement de la Régie du Terminal à Conteneurs qui a repris avec succès son exploitation. Entre lobbying actif, achat des consciences, communication, intimidation, désinformation, sabotage, le ‘’Petit prince du cash-flow’’, ne lésine sur aucun moyen pour jeter l’opprobre à la jeune entité qui a remplacé Douala International Terminal, depuis le 31 décembre 2019. On peut comprendre l’amertume qui anime ce groupe d’avoir perdu son navire amiral dans le golfe de Guinée. Mais, il doit reconnaitre que le Terminal à Conteneurs du Port de Douala-Bonabéri n’était pas sa propriété. Mais celle de l’État camerounais, qui peut en disposer comme il l’entend.

Le groupe Bolloré a annoncé que le PAD ne pouvait pas gérer le Terminal à Conteneurs. Son terminal. Il lui a été prouvé le contraire. Il a proclamé qu’il fallait six mois pour la prise du nouveau système d’exploitation TOS NAVIS acquis par le PAD. En deux jours, les informaticiens camerounais s’en sont appropriés. Il a auguré de la congestion, comme celle qu’il organisait en son temps. Plus d’un mois après, il n’y a pas de déficit de fluidité au Port de Douala-Bonabéri. Il a affirmé que les grandes lignes maritimes allaient abandonner la destination Douala. MSC, MAESRK, CMA-CGM par exemple continuent d’accoster sur les quais du Wouri.

Récemment, c’est un montant de 22 milliards de FCFA de recettes qui était attribué à la RTC, un mois seulement après la reprise de l’exploitation du Terminal. Un grossier montage que le groupe Bolloré et ses affidés ont tôt fait d’apposer à la jeune entité, à la publication du chiffre d’affaires réalisé de 4.060. 000 000 FCFA (quatre milliards soixante millions). La manœuvre étant de démontrer que la RTC était incapable de réaliser ses objectifs financiers. Le chiffre d’affaires de la RTC a été réalisé pourtant au tarif réduit de 10% accordés aux opérateurs économiques sur la manutention terre, pas loin des 4. 511. 111. 111 FCFA réalisés par DIT au tarif d’usage applicable en janvier 2019. La différence étant que, les recettes de la RTC entre entièrement dans le circuit économique national, loin de la répartition qui se faisait il y a quelques temps avec DIT.

Face à l’échec de ses présages mensongers et à la réussite affirmée de la Régie du Terminal à Conteneurs, le groupe Bolloré, puisqu’il s’agit bien de lui, à travers ses communicants camerounais, l’un à Paris et l’autre à Douala, a lancé une vaste campagne de désinformation et de dénigrement visant à ternir l’image de marque de la RTC, du Port Autonome de Douala, et partant du Cameroun et son peuple. A travers certains ‘’médias’’ acquis à sa cause moyennant des espèces sonnantes et trébuchantes, il a annoncé la démission du Directeur de l’Exploitation de la RTC d’un certain Nabil Youssef. Selon nos informations, ce Tunisien, ancien directeur adjoint des opérations de DIT (2011-2015) pour le compte de l’actionnaire APMT, démissionné suite à la congestion de 2015, a été effectivement approché par les responsables du PAD pour un poste de responsabilité à la RTC. Mais les négociations entre les deux parties n’ont pas abouti à cause des prétentions financières jugées exorbitantes par les responsables du Port Autonome de Douala (7.500 000 FCFA de salaire mensuel, 25 000 000 FCFA pour la scolarité annuelle de ses deux enfants, une villa haut standing à Bonapriso, une voiture haut de gamme et des billets d’avion pour lui et sa famille deux fois par an).

Au 31 décembre 2019, c’est l’américaine Melissa Blake, arrivée en décembre 2018 qui occupait le poste de Directeur de l’exploitation à DIT pour le compte d’APMT. Donc, Nabil Youssef ne pouvait pas avoir démissionné de la RTC où il n’a jamais fait partie de ses effectifs. Et c’est Martin Adepi, nommé directeur Adjoint de l’exploitation à la RTC qui est titulaire depuis le début des opérations de la RTC jusqu’à ce jour et qui démontre par son efficacité, que les Camerounais sont capables de relever les challenges les plus ardus, si on leur en donne la possibilité.

Dans cette opération malheureuse, voire honteuse de désinformation, la « Poulie bretonne » parle aujourd’hui de la congestion à la bouée de  base, une zone normale d’attente. Une situation qui l’a rendu tristement célèbre en 2015 et qui est loin d’arriver aujourd’hui avec la RTC. Tant les mesures prises en amont par l’Autorité Portuaire ont éloigné le spectre du déficit de fluidité au Port de Douala-Bonabéri.

Selon des informations reçues et vérifiables sur les sites de suivi du transport maritime que tout le monde peut consulter sur internet, le 6 février 2020 à 15 heures, il n’y avait que quatre bateaux porte-conteneurs à la zone d’escale, et le breton annonçait dix navires. Et deux devaient monter pour les opérations, Il s’agissait des navires : Lake Kivu, CMA CGM PLATON, Northern Decency et Kota Bistari. Une fois de plus, ils se sont plantés. Il est évident que ces opérations de sabotage, de dénigrement n’auront aucun impact sur l’engagement des hommes et des femmes qui démontrent depuis le 2 janvier 2020, qu’« impossible n’est pas camerounais ». Un grand Bravo à tous ces camerounais travaillant à la RTC, donc, dans notre Terminal à Conteneurs !

Mais, Si ces méthodes de « voyou », propres à cette multinationale et qui ont fait sa renommée n’affectent nullement le fonctionnement de la RTC, il est temps que ça cesse. Sinon, les camerounais seront en droit de prendre leurs responsabilités pour arrêter cette déconsidération qui nous rappelle les heures sombres et douloureuses de la colonisation. Le groupe Bolloré et ses affidés doivent comprendre une fois pour toute, que l’existence de la RTC tient d’une décision claire et formelle du gouvernement de la République du Cameroun. Et cette stratégie de dénigrement engagé à l’encontre de la Régie du Terminal à Conteneurs, du PAD et de ses dirigeants porte atteinte au Cameroun. Ce pays qui lui a cédé pendant de nombreuses années, des pans entiers de son économie et qui, à l’observation n’a rien reçu (le Terminal à Conteneurs, SEPBC, Terminal fruitiers, Camrail, Socapalm, en sont de parfaites illustrations) a droit à un minimum au respect. Ceci passe par le respect de ses décisions et de ses hommes et femmes. Cette situation a malheureusement le mérite d’exacerber le sentiment anti français observable quand il s’agit d’évoquer Bolloré. Or l’opérateur Bolloré Transports & Logistics n’est pas la France. Ce pays, partenaire privilégié, a toujours été aux côtés du Cameroun et le restera encore pendant de nombreuses années. Malgré les mutations inévitables survenues depuis l’indépendance, les partenaires français et camerounais se sont toujours efforcés d’entretenir de très bonnes relations.

Par Charles Peggy Abono Engbwang

Opérateur économique et patriote

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