Cameroun : Un potentiel foyer du Covid-19 aux portes du palais d’Etoudi

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Les deux artères attenantes à cette place commerciale totalement sortie de site, rivalisent de promiscuité, d’anarchie et d’incivisme en cette ère du Covid19.

Par Essingan

Aux environs de 09h hier mardi, 31 mars 2020, «Etoudi Palace», nom donné au marché d’Etoudi par l’ancien délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé, Gilbert Tsimi Evouna, grouille de monde. Dans cet enfer de bric et de broc dont le chantier dure depuis une quinzaine d’années, la circulation est peu fluide. Pour regagner les quartiers environnants comme Rue Manguiers, Santa Barbara, Emana, Tongolo, etc., les populations à bord d’un mototaxi, un véhicule ou à pied survolent des étals de marchandises. Comme il en est de coutume dans cette zone. Le commissaire du 6e arrondissement de Yaoundé, dont l’unité de commandement jouxte ledit marché, en faction, ordonne aux marchands de libérer la voie publique.

Ici l’engorgement est de règle. La raison: En dépit des réservations faites depuis de nombreuses années, les commerçants jamais casés, ont abandonné l’intérieur du site pas vraiment en état de bon usage. Aux conducteurs de motos, se mêlent les usagers, les commerçants, les  véhicules, les badauds et simples passants. Aucun cadre de stationnement véritable, n’existe. Ceux de fortune sommairement et conventionnellement disponibles, ne sont respectés que le temps de la présence des éléments du commissariat d’Etoudi. «Le commissaire est encore là, les vendeurs reculent avec leurs marchandises. D’ici trente minutes, il sera difficile de passer ici. Personne ne croira que le commissaire était sur les lieux», commente un marchand d’accessoires de téléphones.

A peine le commissaire et ses hommes tournent le dos que cette ambiance matinale d’ailleurs rare, selon les témoignages des occupants. Le marché d’Etoudi reprend son décor des plus ordinaires. Le rond-point attenant est bloqué. Reconnu comme berceau de l’inconscience et de la rébellion, Etoudi Palace provoque son premier grand bouchon de la journée. Une réalité qui enfle en cette période où le Cameroun fait face

à une crise sanitaire causée par le Coronavirus. Les mesures mises en œuvre par le gouvernement, par l’entremise du ministre du Commerce

(Mincommerce), Luc Magloire Mbarga Atangana, afin de réguler les prix pratiqués et d’assurer une hygiène appropriée pour la conservation, l’exposition des marchandises sont ridiculisées aux portes du Palais de l’Unité.

Calendrier

«On ne respecte rien ici», avouent des commerçants à tour de rôle. Le calendrier de nettoyage établi par le Mincommerce pour les heures d’ouverture et de fermeture des marchés n’est pas pris en compte. Il stipule qu’entre 05 et 07h, les comptoirs soient nettoyés. Ainsi qu’entre 16 et 18h. L’approvisionnement en vivres est ouvert au public de 07 et 16h. «J’arrive toujours au marché vers 04h30. Il y a déjà plusieurs autres femmes qui sont déjà en train d’acheter les marchandises», partage une revendeuse. «La plupart des vendeurs ne balaient même pas leurs comptoirs. Quand ils leur arrivent de le faire, ils ne jettent pas les déchets dans le bac à ordures. Ils versent ça où ils veulent. Il y a même les comptoirs sur les ordures. A plus de 16 H, les boutiques sont toujours ouvertes», croit savoir un limeur de couteaux.

«Les policiers qui sont à côté ne viennent pas nous demander de fermer. S’ils viennent, je vais fermer», explique un gérant de magasin. Contrairement aux autres commerces de la capitale où les prescriptions de lutte sont minoritairement appliquées. «Au marché Mokolo, à 16h, les boutiques sont déjà fermées. Les policiers chassent même les vendeurs qui traînent encore en route afin de rentrer chez eux. Au marché central, à 17 h la plupart des boutiques ont déjà fermé.

Mais ici à Etoudi, même à 20 heures, il y a les gens qui vendent encore.» Une permissivité qui met leur santé en péril au regard des comportements affichées de part et d’autre. Et l’environnement insalubre dans lequel ils gagnent leur pain. Les tas d’immondices accumulées sur les diverses ruelles, favorisant la prolifération des microbes, vecteur de plusieurs pathologies accueillent le client venu faire des courses. Mouches, insectes et autres, livrent un spectacle continu. D’aucuns terminent leur pas de danse sur les aliments, parfois consommés aussitôt achetés. Une situation préoccupante, à l’heure où le respect des règles d’hygiène

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