Cameroun: Un homme meurt à la brigade de gendarmerie de Moutourwa

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Ahmadou Rabe alias Djangou a trouvé la mort dans l’une des cellules de la brigade de gendarmerie de Moutourwa, une ville sise dans le Mayo-Kani, région de l’Extrême-Nord dans la nuit du 13 au 14 avril dernier.

Par L’Œil du Sahel

Il y était en garde à vue,  poursuivi pour une dette de 80 000Fcfa, contracté suite au non-paiement de six sacs de mil commandés auprès d’une commerçante.  L’affaire commence le 28 décembre 2017 lorsqu’Angèle May, une vendeuse de mil dans la ville de Moutourwa dépose une plainte contre Ahmadou Rabe au commissariat de ladite ville, pour non-respect de ses engagements.

En effet, la dame avait convenu avec le jeune monsieur de la livraison de 06 sacs de mil contre une somme de 120 000Fcfa à raison de 20 000Fcfa le sac de mil. Seulement, une fois la livraison effectuée, la dame n’a plus eu trace de ses sous. D’où cette plainte déposée à cette unité de gendarmerie. Suite à cela, l’enquêteur a proposé aux deux parties un arrangement à l’amiable : le mis en cause a de ce fait versé à la plaignante une avance de 40.000 francs Cfa sur le total des 120.000 francs dû. Pour la suite du paiement, le jeune Djangou n’a pas tenu sa promesse.

Fort de cela, à en croire notre source, les 40 000Fcfa avancés ont été détournée par des personnes en service dans cette unité, après avoir passé plus de six mois dans leur tiroir. Ce qui a poussé dame Angèle May a déposé à nouveau une plainte, mais cette fois auprès du parquet de Kaélé. Courant avril 2020, le parquet près des tribunaux de première et Grande instance de Kaélé a une nouvelle fois transmis le dossier à la brigade de gendarmerie de Moutourwa pour que la dame soit cette fois effectivement désintéressée. C’est ainsi que, le lundi 13 avril 2020, le commandant de brigade a fait interpeller le jeune homme pour être entendu sur les accusations portées à son encontre.

Mais une fois gardé à vue, tout va se compliquer pour le jeune homme. Dès son entrée en cellule, il se plaint de divers maux, expliquant qu’il ne se sent pas bien, il croit couver quelque chose. Mais pour les gendarmes de garde ce jour selon la famille du défunt, il n’en est rien. Le jeune homme serait juste en train de faire une crise d’angoisse due à la peur de son arrestation, et rien de plus. Sa famille, ne vivant pas très loin de

la gendarmerie, lui a néanmoins fait porter des médicaments. Il prend quelques comprimés avant de confier le reste de la plaquette au gendarme en faction.

Seulement, au petit matin du 14 avril 2020, vers 03h30, le gendarme de garde retrouve le jeune homme dans un état plus qu’inquiétant. Pour Aminou, le frère de défunt, c’est une négligence de la part des  gendarmes que son frère soit décédé et souhaite que justice soit rendue   «Nous avons été informé de son état de santé alarmant aux environs de 10 heures ce jour-là, mais, les gendarmes n’ont rien voulu savoir. Affirmant que c’était juste de la peur. Ils ont refusé qu’on lui donne à manger. Vers 17heures, il vomissait du sang. Nous avons sollicité de l’amener à l’hôpital. Une doléance à laquelle les gendarmes ont refusé  d’accéder. A 18 heures, nous avons réunis l’argent qu’il devait à la dame, mais le commandant a dit ne plus être prêt à prendre cet argent. A notre grande surprise, le matin, on nous annonce le décès de notre frère. Quelques temps après, il nous est demandé d’aller inhumer notre cadavre sans faire d’autopsie. Nous estimons que c’est une injustice  rave à l’endroit des sans voix», clame Aminou, frère du défunt.

Bien qu’une enquête a été ouverte par la compagnie de gendarmerie du  Mayo-Kani à Kaélé afin d’éclaircir cette sombre histoire, à la brigade de gendarmerie de Moutourwa, des sources pensent que «c’est une mort naturelle et que l’affaire sera classée». Pour le commandant de brigade

de Moutourwa joint au téléphone, il dit reconnaître qu’«un jeune homme était mort dans la cellule. Retenez ce que vous aurez appris. Quand il venait, il n’était pas malade», précise Victor Nouma Onana. Une plainte a néanmoins été déposée par la famille du défunt contre le commandant de brigade de Moutourwa, auprès du général commandant de la région de gendarmerie de l’Extrême-Nord le 22 avril dernier.

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