Cameroun : Un Gendarme transforme sa brigade en bar à Maroua

0
387

La brigade de gendarmerie a été transformée en bar où les usagers veillaient jusque tard.

Par L’Œil du Sahel

L’adjudant-chef Thomas Enguele, commandant de la brigade de gendarmerie de Domayo, à Maroua, a été relevé de ses fonctions pour avoir utilisé le bâtiment de la gendarmerie pour y commercialiser de la bière jusqu’à plus de 18h. Il a de ce fait violé les mesures barrières édictées par l’Etat, pour empêcher la propagation du Coronavirus. Depuis que le chef de l’Etat a pris des mesures pour lutter contre le coronavirus au Cameroun, en recommandant entre autres mesures la fermeture des bars dès 18 h très précises, les autorités administratives et militaires se font un devoir d’appliquer ces mesures dans leurs circonscriptions de commandement. Fort de cela, certains bars ont été scellés à Maroua, à cause du non-respect des consignes par leurs promoteurs.

Pourtant, foulant ces mesures au pied, la brigade de gendarmerie de Domayo était devenue une sorte de pharmacie de garde pour les usagers. Ils étaient nombreux, les consommateurs de cette ville, à se diriger vers ce bar de fortune après 18 h, et y veillaient jusqu’à 3 h du matin, consommant de la bière pendant tout ce temps. Mis au parfum de cet affairisme du commandant de brigade, le commandant de la légion de gendarmerie de l’Extrême Nord a instruit, le 05 avril dernier aux environs de 20h30, au commandant de compagnie du Diamaré, à Maroua, de se rendre dans cette brigade. Il était question de recouper l’information selon laquelle le bar est logé dans le bâtiment de la brigade, d’une part, et d’autre part de constater que le bar est effectivement opérationnel au-delà des heures prescrites dans les mesures récemment prises par le chef de l’Etat, pour lutter contre le Coronavirus.

A cette heure-là, l’émissaire de la légion a constaté, avec regret et amertume, qu’il y a dans cette brigade, à cette heure désormais «interdite» de la nuit, un monde fou, confortablement installé et buvant en toute tranquillité. Le décor est juste tristement regrettable : les bières sont servies par une jeune femme, gérante du lieu, et les bouteilles vides, ramassées par son fils tout juste âgé de 04 ans. Confortablement installé, le commandant de brigade donnait des instructions pour orienter le service. «Ce jour-là, j’ai vu un monsieur arriver à bord d’une voiture de la gendarmerie. A sa descente, il s’est dirigé vers nous dans le bar. Je l’ai entendu se présenter comme étant le commandant de compagnie. J’ai traversé une petite barrière faite de pailles, localement appelé séko pour m’enfuir. Je savais que ça allait tourner au vinaigre, puisque nous avions l’habitude de veiller jusque tard à cet endroit», explique un habitué de ce bar de fortune.

Après une discussion très chaude avec quelques militaires présents, le commandant de compagnie, le capitaine Bayong, a été cravaté par un sergent en service au Bir à Salak. Au cours de la bagarre, l’habit du commandant s’est déchiré. Néanmoins, le sergent, deux gendarmes et quelques civiles ont été maitrisés et conduits dans les cellules de la brigade de gendarmerie de Doualaré. Les casiers de bière, les chaises et le congélateur ont été emportés par le commandant de compagnie pour être déposés à la légion de gendarmerie. Selon nos sources, le Secrétaire d’Etat à la Défense chargé de la gendarmerie nationale (Sed) a été informé du comportement du commandant de brigade et a aussitôt ordonné son remplacement.

Au cours de son audition le lendemain à la légion, l’adjudant-chef Enguele Thomas, commandant de brigade de Domayo, a déclaré devant l’enquêteur que le bar ne lui appartenait pas. Il rejette tout le tort sur son adjoint. Or, son adjoint avait déclaré à ses chefs que le congélateur lui appartenait bel et bien, mais pas le bar : «Le bar appartient au commandant. La preuve est que c’est lui qui est allé recruter la gérante au pont vert et achète régulièrement la bière pour le ravitaillement», se défend-il. En attendant l’aboutissement de l’enquête, le bureau du commandant désormais en complément d’effectif dans sa propre unité est scellé. Le nouveau patron nommé par intérim a pris service le 06 avril dernier.

«Je n’étais pas présent quand ces hostilités ont commencé. C’est Quand mes éléments m’ont appelé que je me suis rendu à la brigade. À mon arrivée, j’ai vu un sergent de BIR qui saignait du nez. J’apprends qu’on l’a bastonné. Et quand le général est arrivé, il m’a posé la questionne de savoir pourquoi j’ai transformé le bureau en un bar. Je n’ai pas répondu. En réalité c’est un foyer que j’ai trouvé. Je ne l’ai pas inventé. Et j’ai pensais aussi que ça pouvait aider mes éléments avec ce temps de confinement. Mais les gens sont venus faire ce qu’ils ont fait. Jusqu’à appeler le Ministre. Je remets entre les mains de Dieu. Pour l’instant je suis encore à Maroua.», a déclaré le Commandant de brigade, Thomas Enguele.

Installez l’Application de CamerPress pour suivre l’Actualité sur votre Téléphone en cliquant sur ce lien :

https://play.google.com/store/apps/details?id=com.camerpress.app

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici