Cameroun : Thierry Ntamack et l’Afrique font leur cinéma à Cannes

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Les productions camerounaises débarquent en force, sur la croisette, pour le 17e Festival International du Film PanAfricain (Fifp), qui s’ouvre ce vendredi 23 jusqu’au 28 octobre.

Par Le Messager

« Partir ? », un long métrage de 79 minutes, tourné de février à juin 2018 (France-Cameroun-Sénégal), par Mary-Noël Niba, sorti en décembre 2019, questionne la migration sous l’angle du mirage. «Après plusieurs années d’exil en Europe, Stéphane, Léo, Cheikh et Boye Gaye sortent de leur silence. De désillusions en désillusions, ils ont fini par revenir dans leur pays d’origine. Leur retour est perçu par leurs proches comme un échec. Guy Roméo, un Camerounais arrivé en France en 2007 à l’âge de 21 ans, est le seul à être resté. Il s’accroche à Marseille où il espère réaliser son rêve : devenir un artiste célèbre, comme son idole, le rappeur Mac Tyer », indique le synopsis.

De son côté, « Ne crains rien… je t’aime » de Thierry Ntamack, autre long métrage, mais de 95 minutes, sorti en mai 2019, s’intéresse aux dénigrements faits aux femmes, rendant « hommage aux femmes victimes de toutes sortes de violences ». Un sujet d’actualité qui met en lumière la condition des femmes qui subissent, souvent dans le silence, diverses maltraitances. En 2018, le réalisateur avait déjà interpellé les consciences à travers « Le serpent de bronze », en mémoire du jeune Dr. Ben Fayçal décédé des suites de morsure de serpent dans les montagnes du nord Cameroun, relevant ainsi les problèmes médicaux et de corruption dans la société tout en encourageant le tourisme dans le septentrion. Il est aussi l’auteur de « La patrie d’abord » (2016) film qui salue l’action des forces nationales de défense pour la paix au Cameroun. Quant à « Innocente », premier long métrage de Frank Thierry Lea Malle (Lire par ailleurs), sortie en 2020, il s’attarde sur la difficulté du vivre ensemble dans un environnement gangrené de maux.

« Nouvelle dynamique »

Un 17è festival qui rend hommage au conteur azuréen d’origine sénégalaise sur fond de nouvelle dynamique. «Arrêtons de faire semblant ! Jouons juste, vrais et naturels ! Quelle est la part de fiction et du réel dans notre quotidien? De quoi fabriquons-nous individuellement comme scénario pour créer un futur meilleur, empreint d’un bien-être,  d’un mieux vivre ensemble, d’un partage équilibré des richesses que la nature nous met généreusement à disposition, d’un respect de tout élément de vie ou de l’environnement ?

Oui, nous sommes tous des fabricants d’images, des scénaristes, des réalisateurs, des acteurs ». Eitel Basile Nganguè Ebellè (lire par ailleurs), président du Festival international du Film PanAfricain de Cannes (Fifp), plante le décor. Ce Camerounais d’origine, considère la vie comme un cinéma où chaque élément participe du synopsis. Et pour que le spectacle soit toujours plus beau, plus attrayant, tout en gardant sa spécificité de promotion des acteurs Africains du 7e art et du reste du monde, il a fallu se réinventer, notamment en raison du contexte de la crise sanitaire.

« Nous avons tendance à oublier que les productions d’hier à aujourd’hui seront le réel de demain. Le Festival International du Film PanAfricain de Cannes ose miser sur la nouvelle dynamique des artisans d’images. Ceux qui impulsent une autre manière de rêver le monde, de bâtir sur des bases fondamentales », explique-t-il, en guise d’éditorial, sur la plaquette programme de l’évènement, avant de conclure : « Ce festival est le vôtre et les nombreuses équipes de films présentes à Cannes ne souhaitent qu’une chose. Partager ces instants privilégiés avec vous ».

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