Cameroun – Tarifs portuaires : Les enjeux au Port de Douala – Bonabéri

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La grille tarifaire des prestations rendues par le Port de Douala-Bonaberi est une volonté gouvernementale et une exigence des partenaires financiers du Cameroun pour arrimer ce port aux standards internationaux. Tableaux de la grille pour mieux comprendre les tenants, les aboutissants ainsi que les évolutions au port de Douala.

Tout commence ce 10 octobre 2017. Le ministre des Transports – Edgard Alain Mebe Ngo’o –, Tutelle technique du port autonome de Douala (PAD) écrit au Directeur général pour l’informer qu’il est attendu du PAD « l’actualisation des tarifs portuaires actuels (frais de stockage) » dans le cadre des mesures préalables, explique le ministre des Transports, « pour le démarrage de la procédure d’instruction du dossier du Cameroun en vue du décaissement de l’aide budgétaire attendue de la Banque mondiale ».

Cyrus Ngo’o, arrivé au PAD un an avant, doit mobiliser tous les moyens techniques et humains pour y parvenir. D’où la création du Comité Consultatif d’Orientation du Port Autonome de Douala (CCO’PAD), qui est une sorte de laboratoire de production des conseils, avis et autres suggestions dans le sens d’un fonctionnement harmonieux et serein de la place portuaire de Douala. Bien avant que le Cco’PAD entre au laboratoire afin de produire les éléments de compétitivité du port de Douala-Bonabéri, le conseil d’administration du PAD – présidé par Shey Jones Yembe – prescrit lors de sa session du 6 décembre 2018 une mission de Benchmark dans certains ports à l’instar de celui d’Abidjan en Côte d’Ivoire en Afrique de l’Ouest, deux ports en Europe et un en Mer Méditerranée. Le Cco’PAD pouvait alors commencer son étude. Notamment l’élaboration de la révision des nouveaux tarifs du PAD.

En 2019, le Comité va produire un rapport d’activités en 25 points, les uns aussi importants que les autres, en constats et force de propositions après des concertations avec tous les acteurs de l’espace portuaire. En s’arrêtant au point 15, le comité présidé par Alain Malong estime que « les propositions du PAD contribuent à éliminer la complexité relevée dans la rubrique de la redevance PAD sur les marchandises ». Bien avant, il fait siens les principes de la facilitation, qui encouragent le regroupement des procédures du commerce extérieur. « Dès lors, les propositions du PAD vont dans le sens de la facilitation souhaitée », observe le CCO’PAD.

Compétitivité

Le port de Douala traînait déjà une image de port très cher. C’est la raison pour laquelle certains importateurs préféraient déjà aller débarquer leurs marchandises dans les ports concurrents de l’Afrique de l’Ouest à l’instar de Cotonou au Bénin ou Lagos et convoyaient lesdites marchandises au Cameroun par la route ou par de grandes pirogues. Simple vue de l’esprit ou pure réalité ? Toujours est-il que la compétitivité du port de Douala était déjà remise en cause depuis plusieurs années, la responsabilité du gouvernement à démanteler les multiples check-points sur le Corridor entre Douala et Bangui en RCA ou N’Djamena au Tchad avaient également commencé à courroucer les hommes d‘affaires de ces deux pays voisins, qui menaçaient déjà de se passer du port de Douala pour aller voir ailleurs. Une gouvernance qui n’incombe pas au PAD, mais, qui peut avoir une incidence sur ses résultats.

Soit. Mais, le Comité consultatif ‘orientation reconnaît que le port de Douala souffrait déjà, lui aussi, de quelques insuffisances. Sur ses points 20 et 21, il explique les enjeux de cette révolution en cours sur les bords du Wouri : « La simplification de la nomenclature tarifaire permet de supprimer les formulaires, améliorer la gouvernance et réduire les délais et les coûts de passage portuaire. Ce dispositif de facturation de la redevance sur les marchandises débarquées/embarquées hisse le PAD à un niveau de compétitivité similaire à ses concurrents », écrit le CCO’PAD dans son rapport du 19 août 2019. Convaincant !

La résolution N°0603-18 /CA/PAD du 20/08/2018 fixant le régime tarifaire applicables aux prestations rendues par le port autonome de Douala peut alors être modifiée et complétée. Ce qui sera entériné par le conseil d’administration réuni à Douala en sa 82e session ordinaire le 16 septembre 2019. La résolution que signe le Président du conseil d’administration (PCA) Shey Jones Yembe est plus explicite avec les tableaux des différentes grilles tarifaires. Chaque résolution précise à la fin que « le Directeur Général est chargé de l’application de la présente  Résolution… ».

Le 8 octobre 2019, le DG du PAD Cyrus Ngo’o va saisir le Dg de l’Autorité portuaire nationale (APN) pour soumettre à son examen, en vue de leur homologation, les tarifs que le PAD entend mettre en application dès le 1er janvier 2020. Les tableaux illustratifs ci-dessus sont encore plus explicites.

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