Cameroun – Richard Bona : Njoya Moussa rentre aussi dans la danse

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Moussa Njoya déshabille l’imposture Bona-na selon une certaine opinion. Pour le jeune camerounais, ‘l’artiste engagé en dictature : le cas de Fela Kuti …’’.

‘’Pour ceux qui ne le connaissent pas, Fela Kuti est un musicien, chef d’orchestre nigérian qui deviendra par la suite activiste et fervent opposant contre le régime militariste. Il faut dire qu’entre le début des années 1960 et 1999, le Nigeria vit de manière permanente au rythme des coups d’Etat et sous une dictature militaire sanglante au cours de laquelle des artistes, des écrivains, des activistes et mêmes des prix Nobel seront arrêtés, emprisonnés et tués, à l’instar de  Ken Saro Wiwa qui sera pendu, ou encore Wole Soyinka.

Dans ce contexte ultra oppressif, Fela Kuti n’échappe pas à la furie. Ses malheurs commencent en 1976 lorsqu’il sort l’album « Zombie » dans lequel il fustige l’obscurantisme des militaires au pouvoir. Sa propriété est entièrement rasée et sa mère, âgée de 78 ans est défénestrée. Elle mourra de suite de ses blessures quelques mois plus tard.

Durant sa vie qui s’est achevée le 2 aout 1997 à l’âge de 58 ans, Fela Kuti aura été arrêté et emprisonné plus d’une trentaine de fois, avec à la clé la destruction de ses biens à plusieurs reprises et la mort de plusieurs de ses proches.

Malgré cela :

1- Fela, qui est l’un des premiers très rares noirs à sortir du Trinity College Music de Londres, a choisi de délaisser le Jazz pour créer l’Afrobeat, qui est aujourd’hui la principale source d’inspiration de la musique nigériane et surement la base de son rayonnement international.

2- Fela a décidé de faire de sa musique une arme de combat et non un outil de distraction. Pour cela, il abandonne le Yoruba, sa langue maternelle, pour adopter le pidgin afin d’atteindre le public le plus large.

3- Fela a organisé des dizaines de concerts gratuits dans son pays, comme en 1977 lorsqu’il décide de boycotter le festival des arts nègres qu’il considère comme un « zo’o humain » dans la veine de ce qui était fait lors des « expositions universelles » où les blancs venaient voir les noirs comme des bêtes curieuses.

4- Fela qui avait pourtant mille raisons matérielles et politiques de le faire, n’a jamais opté pour l’exil et pire n’a jamais songé à abandonner sa nationalité nigériane. En pur panafricaniste, quand il est contraint à un court exil en 1978, il rejoint plutôt le Ghana. Et quand il est expulsé par Jerry Rawlings pour avoir supporté une grève estudiantine, il revient au Nigeria alors que les portes de l’occident lui étaient grandement ouvertes.

5- Fela n’a jamais considéré le fait de côtoyer les blancs comme un signe de réussite sociale, bien au contraire il a toujours veillé à donner une coloration africaine son orchestre qu’il baptise tout d’abord Africa 70 et puis Egypt 81.

6- Fela au lieu d’acheter des appartements à New-York et de construire des Jazz clubs à Paris avec son immense fortune, afin de faire du business, a plutôt décidé de construire de centaines des maisons, des centres de santé, des écoles, etc., au profit des populations démunies de son pays, notamment de sa « Kalakuta  republic ». Il n’a pas prétexté de la dictature pour ne rien faire dans son pays.

7- Fela va s’investir directement dans la vie politique de son pays en créant au début des années 1980 le parti politique Movement of People (MOP), ce qui lui vaudra cinq ans d’emprisonnement. Il en sortira avec le nom de « Balck president ». Nom qui sera scandé lors des manifestations populaires bien des années après sa mort, comme en 2012 !

8- Fela, issu de famille bourgeoise Yoruba, ayant fait de longues études, ne va pas prendre un malin plaisir à mélanger le français et l’anglais, comme pour montrer qu’il est américanisé ou plus généralement occidentalisé. Comme d’aucuns qui aujourd’hui y voit un signe de « civilisation », alors que ce n’est rien d’autre que de l’aliénation.

9- Fela, ne faisait presque pas de festival, mais des tournées en son nom propre et au cours desquels il remplissait des stades entiers comme le fameux Wembley, pour se départir de ce reflexe raciste qui veut que les chansons africaines soient juste des choses exotiques pour amuser les petits blancs durant l’été.

10-Fela ce sont des centaines de récompenses et titres honorifiques, ainsi que de dizaines de livres et de films sur sa vie, malgré cela, il ne s’est jamais montré méprisant envers ses compatriotes et les prix qu’ils lui ont conféré, car il ne considérait pas sa renommée mondiale comme un signe de supériorité. Mais comme une tribune de combat.

Un véritable artiste engagé en situation autoritaire

1 COMMENTAIRE

  1. Ce njoya moussa cherche certainement à plaire à la sardinerie, pour espérer enfin avoir sa part de doctorat sous forme de titre de noblesse comme les autres intellectueurs biyamerounais. Bona vient de commencer la lutte, et les contextes ne sont pas les mêmes sur aucun point. Il a le choix de sa méthodologie, et le plus important pour nous, ce sont les coups qu’il porte à l’ennemi. Le reste viendra tout seul. Donc la comparaison avec le geantissime combattant fêla, n’est qu’une gesticulation ubuesque bourrée de mauvaise foi, d’un petit connard d’universitaire biyamerounais

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