Cameroun : Qu’est-il bien arrivé à l’écrivaine Calixthe Beyala, qui parle d’un pays des valeurs inversées

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« Au Cameroun, les prostituées sont des modèles ; on les affuble de jolis sobriquets.

Au Cameroun, tout est à l’envers ; les personnes dont on nous vante les qualités sont souvent les pires médiocres et les hommes brillants des gens à abattre.

Au Cameroun, il faut apprendre à tout lire à l’envers ; on va opposer l’élève à son illustre professeur, l’ouvrier au créateur d’entreprise, l’intellectuel à l’aboyeur sur les réseaux sociaux.

Au Cameroun, n’importe qui peut insulter n’importe qui d’autre, hasarder une comparaison malheureuse. Mongo Beti sera mis au même niveau qu’une maison préfabriquée ou une poubelle réaménagée… Tout est ainsi, ainsi soit il. même les traditions partent à vaux l’eau ; les hommes en costumes et cravates s’habillent de raphia et prétendent qu’ils sont des initiés ; les chefs traditionnels sont nommés, au lieu d’être sacrés ! Ainsi soit-il »

Les vieillards sont des jeunes, on nous dira qu’ils ont la force de l’âge. Les voleurs sont les forces vives de la nation, et les intellectuels contestataires des terroristes dont l’objectif caché est de renverser le pouvoir en place

Signé : Calixthe Beyala

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