Cameroun : Que cherchait Alfred Nguini chez Christophe Ketchankeu ?

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Confiné dans sa résidence, Christophe Ketchankeu, percepteur à l’ambassade du Cameroun à Paris, a reçu une visite plutôt étrange de l’ambassadeur Alfred Nguini qui venait lui notifier une mise en garde dans le cadre du paiement des salaires des employés. A quoi retourne cette histoire rocambolesque ?

Par La Nouvelle

« Je voudrais saisir cette occasion pour vous rappeler que vous n’êtes qu’un Premier secrétaire chargé des finances et rien d’autre. Pendant une trentaine d’années, (quel triste record) vous avez laissé croire à qui voulait vous entendre, que c’est vous qui faisiez la pluie et le beau temps à l’ambassade, surtout que vous ne cachiez pas que tous les soutiens vous étaient acquis jusqu’au sommet de l’Etat. Vous pouviez donc gérer les fonds publics mis à votre disposition au mépris de la règlementation en la matière. Vous pouviez décider de ne donner satisfaction qu’à ceux qui étaient prêts à se compromettre. Le temps est venu de vous dire que cette période est désormais révolue.

Au cas où vous l’auriez oublié, sachez que l’ambassadeur est, et demeure l’unique patron de la mission diplomatique, le seul disposant des pouvoirs lui permettant de parler au nom de l’Etat du Cameroun. A travers les actes que vous posez quotidiennement, vous vous comportez comme si cet Etat du Cameroun qui vous a tout donné, n’existait plus. Il s’agit d’une erreur d’appréciation extrêmement grave, d’autant plus que votre rêve ne se réalisera jamais.

Pour l’instant, je voudrais vous mettre solennellement en garde que tout acte de défiance vis-à-vis de l’Etat du Cameroun, que je représente, sera désormais sanctionné sans autre forme de procès. » Voilà quelques saillies lancées par Alfred Nguini, ambassadeur du Cameroun à Paris, dans une correspondance qui fait le tour des réseaux depuis le weekend dernier. Alors question : que se passe-t-il réellement entre l’ambassadeur et Christophe Ketchankeu ? Cela se murmure depuis des mois. Les rapports entre l’ambassadeur du Cameroun à Paris, Alfred Nguini, et le percepteur Christophe Ketchankeu ne sont pas des plus cordiaux. La lettre de mise en garde que vient de servir Alfred Nguini à Christophe Ketchankeu marque certainement un nouvel épisode dans l’ambiance délétère qui règne depuis quelques temps au sein de la représentation diplomatique camerounaise en Hexagone.

Seulement, à en croire certains de nos compatriotes qui ont leurs habitudes à la 73 Rue d’Auteuil 75016 à Paris, bien qu’étant à Paris sous la férule de l’ambassadeur, le véritable patron du percepteur est le ministre des Finances. Pour eux, c’est lui qui définit les lignes de sorties d’argent selon les dépenses budgétaires votées par le parlement et promulguées à travers la loi des finances par le président de la République.

Dans les milieux camerounais à Paris, l’on s’étonne aujourd’hui que l’ambassadeur s’emploie ubuesquement depuis son arrivée à vouloir engager chaque fois des dépenses non réglementaires et non prévues par ladite loi des finances, à l’instar des dépenses liées au paiement des salaires du personnel recruté sur place à Paris.

Comptes bancaires

Dans les milieux camerounais de Paris, l’on estime que le cas actuel de l’ambassadeur Alfred Nguini ne serait pas singulier. Puisque tout ambassadeur affecté à Paris tente chaque fois de faire main basse sur les finances en outrepassant ses prérogatives. Depuis son arrivée, Alfred Nguini qui a fait venir à la suite de sa nomination à Paris sa secrétaire d’origine ivoirienne, ne fait pas exception à cette tendance blâmable de ses prédécesseurs. D’ailleurs, expliquent nos sources parisiennes, c’est ce qui serait à l’origine de ce qui apparait aux yeux de l’opinion aujourd’hui comme un bras de fer. En effet, quand l’ambassadeur estime dans sa correspondance que le percepteur aurait opté de payer certains par chèque et d’autres en espèces, ce qu’il ne veut pas dire, soutiennent nos sources exclusives, c’est que le percepteur avait fini de payer ce dont les salaires le permettent selon la réglementation française. Malheureusement, en décidant de le faire par chèque à d’autres, c’est-à-dire ceux dont le salaire serait au-dessus du montant autorisé par la loi, ces derniers n’ont pas pu être servis. Et comme par hasard, ce sont ceux-là qui doivent justement ouvrir des comptes bancaires. Chose qui n’est pas jusqu’aujourd’hui effective.

Mais qui irrite l’ambassadeur Alfred Nguini, au point de lui faire perdre sa maîtrise et son sang-froid en se rendant en plein confinement à la résidence du percepteur pratiquement au bord des nerfs. Et pourquoi ?

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