Cameroun : Quand les revendeurs des mèches de tissage broient du noir à Douala et Yaoundé

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Utilisées pour la confection des coiffures de toutes sortes et des perruques, les mèches de cheveux sont désormais boudées par les clients.

Par Le Messager

A deux mois des fêtes de fin d’année, magasins, boutiques et dépôts se  vident. Les prix sont à la mode solde. Que ce soit dans le secteur de l’agro-alimentation, vestimentaire ou ménager, l’on parle de la promotion. Une réalité qui n’est pas vécue dans le business des mèches. Il faut se relooker. Ici, les modes les plus prisées sont entre autres rastas, passe-mèche, locks, pic-laisse… les esthéticiennes font la pluie et le beau temps.Sur le marché, le prix du carton de mèche vendu à 15000 Fcfa, il y a deux semaines s’écoule actuellement à 35 000 Fcfa. « C’est ça le prix.

Rendu à Douala, nos grossistes expliquent le fait par la hausse des prix du fret maritime. Ce qui ne facilite pas l’exportation depuis Dubaï », explique Mohamed, détaillant au marché Mokolo dans l’arrondissement de Yaoundé II. Rendu sur le marché, les allures sont celles d’une rupture de stock. Entre revendeuses, coiffeuses et clientes, les lamentations se font de plus en plus audibles. « Nous sommes obligés de se mettre à deux pour s’offrir un carton et se diviser le contenu », déplorent Raïssa et Nadia rencontrées au marché Melen.

Flambée des prix

Une réalité aux conséquences directes dans les salons de coiffures modernes et classiques de la capitale politique. Habituellement vendus entre 500 et 1500Fcfa, les mêmes tissages se vendent désormais entre 900 et 2000 Fcfa. « Je pense bientôt que nous allons retourner au fil » se bouleverse une potentielle cliente en sortant de la boutique, les mains vides, les cheveux au vent. «Elle pense trouver mieux ailleurs, le prix est  le même partout et peut-être même un peu plus cher, qu’elle parte !», raconte fifi, vendeuse au quartier Mimboman en emballant une autre commande.

La situation est partagée.

« Nous achetons les mèches (Crystal et super-star) chez les grossistes à 1800f le paquet et nous  revendons à 2000Fcfa, associé au prix de la coiffure qui varie entre 1500et 15000Fcfa, les clients préfèrent se tourner vers les coiffures de 1000Fcfa comme le lissage et les chignons. D’autres encore optent pour les perruques, ainsi nous perdons les clients

et l’activité ne rapporte plus grand-chose », se désole Handy, propriétaire d’un salon de coiffure au quartier Oyom-Abang. En clair, pour certaines femmes, la situation ne changera rien à cette envie  quotidienne d’être belle, le prix de la mèche a certes grimpé mais la gente féminine ne compte pas se laisser aller. Pour d’autres, si pour se faire jolie il faut désormais être riche, ce n’est pas possible de continuer dans ce sens.

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