Cameroun : Pourquoi le pouvoir de Yaoundé refuse la révision du code électoral

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Dans un entretien que nous a accordé Françoise Angouing née Ndanga, présidente de section Rdpc Kadey et inspecteur général au Minproff nous comprendrons mieux la stratégie en place.

Source : Regards du Monde

« La loi portant code électoral fixe toutes les conditions à remplir pour être élu aux postes politiques que sont : le Président de la République, les  Sénateurs, les Maires et les Députés. Par ailleurs, les partis politiques ont leur mode opératoire pour investir leur candidat. En ce qui concerne le RDPC, étant le parti au pouvoir donc initiateur de cette loi, compte tenu de ma position de responsable politique de ce parti à la base, je n’ai pas grand-chose à dire sur ce code.

Il nous revient de cerner les dispositions d’encadrement afin de nous prêter conséquemment au jeu électif. Les enjeux à notre niveau se situent dans la capacité à se faire investir au sein de son propre parti dont les stratégies de sélection des candidatures sont tenues par sa branche administrative et sa hiérarchie nationale, bien que les propositions viennent de la base.

Le respect de la discipline du parti étant en vigueur, on ne peut qu’espérer une plus grande reconnaissance de services rendus et de capacité à mobiliser efficacement l’électorat pour son parti et de satisfaire au mieux les attentes des populations en matière d’encadrement social stratégique. Au demeurant, ce code électoral devrait certainement être perfectible autant que tout texte dynamique, mais en l’état actuel des dispositions qu’il contient, il revient à ceux qui se sentent mal à l’aise dans sa textuelle de mener les démarches nécessaires pour faire bouger les lignes. Ceux qui voient en la réticence à changer le code électoral une quelconque frayeur au niveau du parti vainqueur sont libres de le penser, mais pour les politiciens bien implantés sur le terrain, il n’y aurait aucune raison d’être frileux.

Certainement que par rapport à la crise dans le NOSO, il y aurait un danger à organiser les élections dans cette partie du pays compte tenu de l’insécurité ambiante. De toutes les façons, au regard de la forme asymétrique du conflit, où on voit se développer une sorte de terrorisme interne avec des enlèvements suivis de demandes de rançons qui s’accentuent et donnent l’impression de créer une sorte d’économie de guerre qui ne risque pas de s’estomper du jour au lendemain, le retour à la sérénité n’est pas pour demain, à moins d’une action forte dont on ne saurait prédire la suite.

D’un autre côté cependant, il faudrait bien éviter de se retrouver dans une impasse institutionnelle qui donnerait libre court à toutes sortes de récriminations susceptible de tenir l’image du pays en projetant un paysage d’une nation en prise à un imbroglio organisationnel. Surement qu’au niveau hautement stratégique une formule pour ne pas se retrouver à l’étroit structurellement est en gestation. Il ne nous reste qu’à souhaiter qu’elle porte la promesse des fleurs. »

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