Cameroun : Polémique autour du « mur de Berlin » de la Guinée Equatoriale

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La Malabo estime que les jeunes camerounais passent par des pistes de brousse menant tout droit en Guinée pour aller écouler leurs marchandises avec les- quelles ils ne paient aucun droit de douane. Le coronavirus a été un prétexte en or pour justifier la construction de ce mur.

Le Messager

Aujourd’hui, avec les défis de la mondialisation et de l’interdépendance qui s’imposent aux économies africaines, avec le risque d’une marginalisation, l’objectif du régionalisme est redevenu plus que prioritaire et coïncide avec les négociations entre l’Union européenne et les pays Acp (Afrique, Caraïbe, Pacifique) dans le cadre des Accords de partenariats économiques (Ape) qui mettent eux aussi l’accent sur l’intégration régionale. Dans cette perspective, comment donner un contenu concret à l’intégration des pays (Cameroun, Gabon, Congo, Guinée Équatoriale, République Centrafricaine, Tchad) dans le cadre de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) lorsqu’en plein crise sanitaire du coronavirus, la Guinée-Equatoriale, se lance dans la construction d’un mirador à sa frontière avec le Cameroun à Kye-Ossi. Selon certains analystes, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo et ses compatriotes veulent fouler aux pieds, les accords de l’intégration sous régionale et continentale qu’ils ont pourtant ratifié.

Eviter les tensions

Pour Annie Claire Ntamack, analyste politique, « un mur comme frontière entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale est une véritable honte. Une infrastructure comme celle-là est aux antipodes des conventions et traités internationaux, sans oublier les principes de l’Union Africaine de même que ceux de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale, des instances internationales à laquelle les deux pays appartiennent… ». D’après les autorités équato-guinéennes, le véritable problème est que les Camerounais sont en train d’envahir leur territoire de façon illégale. Avec la vie difficile du Cameroun, les jeunes, beaucoup plus prennent leur courage à deux mains pour aller tenter leur chance de ce côté-là.

Les jeunes camerounais du côté de l’arrondissement d’Olamzé à l’extrême droite de Kye-Ossi, les jeunes d’Evouzok après l’arrondissement de Ma’an passent par des pistes de brousse menant tout droit en Guinée pour aller écouler leurs marchandises avec lesquelles ils ne paient aucun droit de douane vue qu’ils passent dans les brousses. Plusieurs fois ceux-ci ont été pris. Certains tués, d’autres bastonnés et renvoyés dans leurs villages tout en confisquant toute la marchandise. « Ça fait plusieurs années que les Guinéens pensent à la construction d’un « mur de Berlin » dans la forêt marquant la limite avec le Cameroun pour nous empêcher de continuer à aller vendre chez eux. Le coronavirus a été un prétexte en or pour justifier la construction de ce mur.

Pour Fabien Mvo’o, jeune pécheur, « c’est l’arrivée de l’épidémie du coronavirus qu’ils ont vraiment lancé les travaux de la construction de ce mur et bloquer toutes les entrées avec de gros cadenas ». C’est donc avec l’arrivée du covid-19 que la construction de ce mur a pris de la vitesse. L’Etat doit prendre ses responsabilités en main en commençant par électrifier la ville de Kye-Ossi qui actuellement fonctionne avec un groupe électrogène. Ceux qui connaissent le lieu diront qu’entre Ebibeyin et Kye-Ossi c’est le jour et la nuit parce que le côté Cameroun est totalement dans le noir et le côté Guinéen bien éclairé, vraiment l’Eldorado de l’Afrique.

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