Cameroun : Polémique autour des obsèques d’un chef traditionnel à Sangmelima

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Selon le journal Essingan de Maie Robert Eloundou, Moïse Débonnaire Kepahou était chef traditionnel de troisième degré du quartier Akon3. Décédé le mercredi 26 août 2020, il sera inhumé le 19 septembre à Bandekop dans la région de l’Ouest. Loin de son trône.

L’affaire fait couler beaucoup de salive et alimente les débats dans les chaumières à Sangmélima. Moïse Débonnaire Kepahou, chef traditionnel de troisième degré du quartier Akôn3 dans la ville de Sangmélima, décédé le mercredi 26 août 2020 des suites de maladie à l’Hôpital général de Yaoundé. Bien que la dépouille mortelle se trouve actuellement à la morgue de l’hôpital de référence de Sangmélima, le chef du quartier Akon3 sera inhumé le samedi 19 septembre 2020 à Bandekop dans la région de l’Ouest du pays. D’après le programme des obsèques déjà disponible, la veillée avec corps est prévue le jeudi 17 septembre 2020 au domicile du défunt à Sangmélima. Cependant, les habitants du quartier Akôn3, où Moïse Débonnaire Kepahou était chef traditionnel depuis plus de 35 ans, ne comprennent pas pourquoi la dépouille de leur chef traditionnel devrait prendre la route de l’Ouest vers une heure du matin le 18 septembre pour enterrement à Bandekop son village d’origine.

«C’est une situation anormale. On ne peut pas avoir été élu chef traditionnel, garant de la tradition locale dans un village et au moment de son décès, l’on est plutôt enterré ailleurs alors que pendant tout votre règne, vous donniez l’impression aux populations locales que vous étiez des leurs», s’insurge Bertin Mvondo, aide comptable et habitant du quartier. Samuel Zame, enseignant à Sangmélima, trouve également anormal que, «les habitants du quartier Akôn3 fassent le déplacement de Bandekop dans la région de l’Ouest pour assister aux obsèques de leur chef traditionnel». Quid des rites inhérents à la disparition d’un chef dans la région du Sud? Emile Abossolo, couturier dans la ville de Sangmélima s’interroge: «comment un chef traditionnel qui était le garant des us et coutumes peut-il être enterré sur une terre qui n’est pas la sienne?».

Consultations

Ce qui fait dire à Cédric Akono, transporteur à Sangmélima que, «les habitants du quartier Akon3 doivent faire gaffe. Ils doivent prendre conscience afin que pareille situation ne se reproduise plus». Il propose  en outre que, «les habitants de ce quartier de la ville de Sangmélima se réunissent en urgence avant les consultations en vue de la désignation du successeur de sa majesté Moïse Débonnaire Kepahou afin d’éviter que quelqu’un qui n’est pas originaire de la localité ne monte sur le trône et trahisse par la suite la confiance des populations locales». L’hospitalité légendaire des peuples de la forêt pour le cas d’espèce, ayant été suffisamment abusée. Moïse Débonnaire Kepahou dit «Du Bonbon», né vers 1933 à Bandekop de feu Mepeou et de feue Nanmo Emilienne est arrivé à Sangmélima en 1956.

Secrétaire comptable puis transporteur, il est cofondateur et vice-président de Zéphyr football club de Sangmélima. Toujours dans le domaine du football, il a été président actif de Colombe sportive de Sangmélima, l’oiseau mythique du Dja et Lobo. En dehors du sport, «Du Bonbon» comme l’appelaient affectueusement les populations de la ville de Sangmélima, a aussi roulé sa bosse en politique. Il a notamment été conseiller municipal à la commune urbaine de Sangmélima. Depuis 1985, il a été chef traditionnel de troisième degré du quartier Akon 3 jusqu’au jour de son décès le mercredi, 26 août 2020. A ce jour, les habitants du quartier Akon3 redoutent que sa progéniture lui succède au trône de peur de revivre les mêmes désagréments.

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