Cameroun : Paul Biya encore élève, il enseignait déjà ses aînés

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Octobre 1947 : les pas de Paul le portent vers Édéa, au bord de la Sanaga. Son pèlerinage a quelque chose de providentiel. Est-ce le destin qui agit ? Muni de son parchemin, le jeune Biya trace son chemin vers le savoir, lequel savoir le mènera plus tard au pouvoir… Édéa est le deuxième exil scolaire de Paul. De 1947 à 1949, il doit y passer deux ans; en classes de Septième et de Sixième. Il est en état de grâce. Le pré-séminaire Saint-Tharcisius est le premier moule de la personnalité du jeune Biya, tant bute sa fragilité à la difficulté. C’est peu dire que le séminaire d’Édéa est un « goulag », un univers rude de bizutages et de combats, au point de pousser certains élèves à l’abandon. Le jeune Biya intrépide, n’abdique pas.

Opiniâtre de nature, il ne sait pas renoncer face à ce qui lui plaît. Quand il veut, il peut ! Parfois, le Directeur de Saint-Tharcisius, Père Clivaz, reconnaissait son amertume à redresser les caïds de son établissement. Il fallait être un dur pour s’en sortir. En Sixième, Paul Biya est l’un des rares élèves à brandir son CEPE. Les autres doivent bosser dur pour se hisser à son niveau. Élève encore, il répète ses aînés. Ses amis d’Édéa bravent ce pari : Georges Walter Ngango, Thomas Meloné, Raphaël Ze, Denis Ekotto Mengata, François Eyiké se surpassent… Et c’est avec grand bonheur que la bande de copains passe en cinquième. Le pré-séminaire Saint-Tharcisius étant un Collège préparatoire, la Cinquième se négocie au Petit séminaire Saint Joseph d’Akono, à une soixantaine de lieues de la capitale.

Par Oswald Baboke Directeur Adjoint du Cabinet Civil à la présidence de la République

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