Cameroun – Opération Epervier : Ces affaires qui embarrassent le régime de Yaoundé

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Par Jacques Blaise Mvié, La Nouvelle

Il s’agit bien des affaires Mebe Ngo’o et Atangana Kouna. Si pour la  deuxième, des « hautes directives » présidentielles auraient déjà été transmises au ministre d’Etat, ministre de la Justice, garde des Sceaux, demandant l’arrêt des poursuites, après que l’ancien ministre de l’Eau et de l’Energie ait décidé de rembourser entièrement le corps du délit, et que l’on ne comprend pas pourquoi il continue à croupir dans sa cellule à Kondengui, pour l’affaire Mebe Ngo’o, on dirait que dans les sphères dirigeantes du pays, le sujet dérange. A sa seule évocation, les regards se font fuyants. D’ailleurs, publiquement, personne ne veut prendre le risque de se prononcer sur la question de son incarcération.

Et de celle de son épouse. Si l’on en juge par l’extrême prudence avec laquelle certaines personnes abordent cette double et surprenante incarcération, on dirait que le sujet fait même peur. Même au sein de l’élite politique et administrative de la région du Sud, on note ce mutisme dans lequel chacun préfère se confiner, bien que transparaissent en toile de fond, au-delà des apparences, une étrange attitude faite d’ambiguïtés et d’incompréhensibles non-dits. Parce qu’on ne peut pas vouloir adopter publiquement une parfaite neutralité vis-à-vis d’une affaire comme celle de Mebe Ngo’o et soutenir en catimini certains des accusés de cette affaire.

C’est vrai qu’on connait très bien le côté madré, intrigant et roublard de ces « faux frères » du Sud, toujours prompts à se délecter, avec une rouerie pateline et ragotière des déboires et malheurs des autres. Seulement ces petites ambiguïtés alimentent à outrance des questionnements pour poser des questions essentielles face à certaines incongruités. Comme par exemple, toutes celles qui ont été recensées avant l’arrestation du couple Mebe Ngo’o (surtout que nous apprenons des sources sûres que toutes ces manœuvres et autres messes basses ayant précédé cette arrestation n’ont jamais emporté ni la conviction, ni l’assentiment du président de la République).

On aurait dit en observant à l’époque, comment les uns et les autres étaient dopés par une extinguible soif de revanche, que rien n’aurait échappé aux serres de la détermination déshumanisées des lance-pierres résolus à s’offrir le scalp de l’ancien Mindef. L’effet de théâtralisation aurait été tel que si ce baron du régime ayant pendant longtemps occupé des positions dominantes auprès du président Paul Biya, n’avait pas été mis aux arrêts, on ne sait pas ce qui serait arrivé…

Doit-on pour autant en déduire très vite que l’enrichissement météorique qui aurait motivé tant de haine, de jalousie et d’acharnement n’est qu’une simple vue de l’esprit et qu’il ne manque plus que le tapis rouge à dérouler à la cour d’honneur de la prison centrale de Kondengui pour  célébrer la libération de cette élite du Sud naguère présentée comme l’un des dauphins du président Paul Biya ?

En attendant à la seule justice camerounaise de répondre à ces questions essentielles, notre dossier de la semaine fait le zoom sur toutes ces incongruités qui ne permettent sereinement pas à la justice de démêler le vrai du faux dans les ronces de toutes ces accusations qui accablent le couple Mebe Ngo’o dans ce contexte de clair-obscur juridique qui irradie de ses a priori les deux définitions d’enrichissement météorique et de détournement des fonds publics.

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