Cameroun : Marché du cacao et Neo Industry dans la Vallée du Ntem

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Au plus fort d’une menace de pénurie de la fève du cacao, l’entreprise qui a à sa tête un ingénieux investisseur qui enregistre pas moins de 20 ans dans l’industrie du cacao a choisi de sauver le marché camerounais en procédant à la mise sur pied des projets de production et d’extension des zones agroindustrielles dédiées à la production de la fève brune. Du côté de la Vallée du Ntem où l’Etat, conscient des enjeux, lui a octroyé une concession provisoire, le travail évolue loin des quolibets et de la manipulation.

Par le Quotidien

La crise sociopolitique continue d’inquiéter. Entrainant une certitude d’une baisse considérable de la production du tonnage prévisionnel de fèves de cacao estimé à 300 000 tonnes par le Ministre du Commerce lors du lancement de la campagne agricole cacao, cette crise pèse d’un poids important sur l’équilibre financier de plusieurs entreprises. A ce jour et rendu au 09 Août 2020, 50% de cette prévision n’a pas encore été atteinte. La production locale traine même encore en deçà de 300 000 tonnes de fèves de cacao.

Lorsqu’on regarde sur le marché, les prévisions de production des fèves, il est indéniable que la demande va exploser alors qu’elle s’établit en ce moment autour de 200 000 tonnes exportée. D’après plusieurs recherches, sur le plan de la production nationale Neo International absorbe 55 000 tonnes, Neo Industry 35 000 tonnes avec une extension prévue dans 24 mois à 64 000 tonnes, Afam à Mbalmayo 16 000 tonnes, l’industrie artisanale absorbe quant à elle un peu plus de 15 000 tonnes. Tout ceci permet d’aboutir à 196 000 tonnes. Avec l’exportation de la fève de cacao par plusieurs entreprises à l’instar de Telcar, Olam Cam, le groupe Ndongo Essomba, Sicacaos, etc. qui pèsent sur un approvisionnement d’au moins 200 000 tonnes, le total à produire au niveau national est estimé à 396 000 tonnes qui est un objectif à l’horizon 2023.

Avec ces prévisions surréalistes tout en notant que des troubles sociopolitiques en ce moment dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, deux bassins de production de la fève de cacao, qui ne vont pas assurer leurs parts de marché, l’inquiétude est grandissante. Pourquoi Neo Industries s’est-il intéressé à une zone agroindustrielle ? Cela s’est fait sur la base d’un constat. Tout le monde sait que Neo Industry à une usine de cacao basée à l’Ouest du Cameroun et que son promoteur exerce dans l’industrie du cacao depuis une vingtaine d’années. Il exportait les fèves avant de lancer la transformation. Dans les projections, d’autres usines sont pressenties notamment une à Kribi qui verra l’association d’autres promoteurs.

Cela fait donc que le gouvernement qui lutte dans l’optique d’arriver à une production locale de 600 000 tonnes à l’horizon 2020 et alors que cette échéance est arrivée sans que l’objectif soit atteint, il était impératif d’œuvrer pour une augmentation substantielle de la production locale. C’est la raison principale de la démarche de Neo Industry auprès du gouvernement camerounais afin que celui-ci permette la mise sur pied très rapidement d’un espace dédié à l’agro-industrie afin que le marché de la fève ne devienne une bataille rangée entre entreprises pour l’accaparement des tonnages des cacaoculteurs.

Entreprise citoyenne et républicaine, Neo Industries va solliciter l’aide technique et administrative du Ministère des domaines, du cadastre et des affaires foncières. Le bras séculier de l’Etat dans le domaine du foncier va alors ouvrir des consultations avec l’entreprise en associant les délégations départementales des zones forestières du Mbam, de l’Océan, de la Mvila et de la vallée du Ntem. Et c’est comme cela que le site de la Vallée du Ntem est retenu.

Dans le cadre de Neo Industries, les responsables avouent qu’il y a eu, dans le cadre de leur concession des consultations qui ont débuté. Cette concession qui leur appartient se retrouve dans trois zones et non dans l’ensemble du département. D’après des éclairages, les 26 000 Hectares se trouvent dans trois concessions distinctes et assez éloignées les unes par rapport aux autres. La première se trouve dans l’arrondissement de

Ma’an (Bissamane) et les deux autres dans l’arrondissement d’Ambam (Ngan et derrière Assandjick).

Or, au regard de tout ce qui se dit sur l’entreprise dans plusieurs villages ainsi que dans les réseaux sociaux, Neo Industry serait en train de planifier le déguerpissement des populations de leur lieu d’habitation ainsi que l’accaparement de leurs terres. Que pourrait faire une simple entreprise si cela n’est pas encadré par l’Etat et le gouvernement ? Pourquoi refouler systématiquement les investissements pourvoyeurs d’emplois et de richesses dans une localité qui doit son expansion économique au commerce avec des pays limitrophes ?

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