Cameroun : L’IRIC pense déjà à un ordre nouveau après le Covid-19

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L’Etablissement qui forme les diplomates au Cameroun vient de lancer un Appel à contributions pour un ouvrage collectif.

L’ouvrage sera titré « Le monde après le Covid-19.  Dérèglement et avènement d’un ordre nouveau ». Sous la codirection du Dr Salomon Eheth, Ministre Plénipotentiaire et du Pr Boniface Bounoung Fouda, l’Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC) lance un appel à contributions pour un ouvrage collectif intitulé : « Le monde après le COVID-19. Dérèglement et avènement d’un ordre nouveau ».

Depuis décembre 2019, le monde est confronté à la plus grave crise sanitaire de son histoire, après l’épisode de la grippe H1N1 dite « grippe espagnole » qui a sévit entre 1918 et 1919. Déclenchée à Wuhan, capitale de la province de Hubei en Chine et déclarée pandémie par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) le 11 mars 2020, le COVID-19 a engendré une crise mondiale. Au départ sanitaire, elle est désormais économique et affecte l’ensemble des domaines de l’organisation sociale (chaîne de production, gestion des ressources humaines, mode de vie, etc.). Cette situation de « guerre sanitaire » a conduit au confinement de plus de 3,5 milliards d’individus à travers la planète et a engendré de nombreuses problématiques en matière logistique, organisationnelle et stratégique.

On a ainsi pu observer comment avec cette crise, les systèmes de santé des pays développés ont rapidement été asphyxiés et leurs capacités à protéger leurs populations, en cas de crise, contestées. Ce chaos a provoqué une désynchronisation multisectorielle et multi-niveau tant entre les grandes puissances mondiales qu’entre les petites Etats. Ainsi, les réticences à la cohésion et à la solidarité se sont ravivées même dans les espaces très intégrés comme l’Union Européenne. L’incapacité de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à s’imposer comme autorité morale « indépendante et impartiale » pour déterminer la ligne de conduite à tenir dans les pays a renforcé cette désorganisation.

Outre la menace qu’elle représente pour la santé publique ou pour les activités économiques et sociopolitiques, la progression du COVID-19 peut porter atteinte aux moyens de subsistance et au bienêtre à long terme de millions d’individus.

S’il est prématuré de formuler des réponses définitives, il n’est pas trop tôt de regarder vers l’avant. Pour un temps, tout est en sommeil et la décroissance dépasse tous les vœux des défenseurs de l’environnement. La démondialisation est de plus en plus envisagée comme une piste sérieuse même pour ceux qui soutenaient jadis, l’idée d’un libéralisme débridé. Reste à savoir si l’après ressemblera à l’avant, ou s’il sera amélioré. Le monde s’achemine-t-il vers un nouvel ordre sanitaire ? Un autre nouvel ordre économique ?

Une nouvelle gouvernance mondiale ? Un nouvel ordre géopolitique ? Une possible transition des cycles de puissance ? Le postmodernisme et le néolibéralisme feront-ils place au postcovidisme ? Quelle forme prendra la mondialisation après la crise ? La crise elle-même discrédite-t-elle l’efficacité et les performances des organisations, des coopérations et des synergies internationales ? Quels bouleversements dans les rapports de force politico-stratégiques ?

Quelles attentes à l’égard de la puissance publique face aux risques ? Comment accroître l’adaptabilité et la résilience des services publics ? Quel modèle social pour « faire avec » nos vulnérabilités ? Et enfin, quelle peut être la voie de l’Afrique dans ce nouveau monde en quête de sens?

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