Cameroun : L’histoire secrète du groupement Nkolkosse village du footballeur Louis Paul Mfede

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Par Essingan

Dans ce groupement vieux d’un siècle, qui s’étend sur deux arrondissements dans le département de la Lékié, le Cameroun et  singulièrement la région s’apprêtent à vivre des festivités d’un genre particulier. Il s’agit de la prise de fonction officielle et solennelle du chef de 2e degré Jean Berthelot Zambo. Connu dans le civil comme un médecin de renom, ce spécialiste de la chirurgie, a notamment exercé comme médecin du travail dans plus d’une entreprise, puis comme membre de la Société camerounaise de sécurité et de santé.

Directeur du Centre médical Funs Aqua Vivens, formation sanitaire qu’il a mise en place avec son épouse, Dr Rose Huguette Nga Onana Zambo au quartier Olembe à la sortie nord de Yaoundé, il a récemment été élu conseiller régional dans le Centre, dans le collège de la chefferie traditionnelle. Pour une mise en bouche de cette cérémonie qui promet. Mais aussi pour faire un état des lieux de cette chefferie parmi les plus représentatives du département, Essingan a fait une incursion dans les préparatifs.

La fine pluie qui s’est abattue à Nkolkosse, au cœur de cette chefferie traditionnelle Mayembassa, comme aiment à le préciser les populations ici, n’a pas perturbé les habitudes des populations qui, en cette période des récoltes et des vacances scolaires, vaquaient à leurs occupations. Au loin on pouvait entendre les enfants crier et chanter, on dirait derrière une clairière. L’étranger qui arrive dans le village se rend cependant compte de la joie de vivre à cette heure de la journée où bon nombre des habitants reviennent des champs. Par petits groupes devant les habitations ou les débits de boisson situés non loin du carrefour qui conduit à la chefferie, on voit assis femmes, hommes et enfants, devisant à mi-voix.

Pour la plupart, ils se partagent un verre agrémenté par des épis de maïs bouillis fraichement ramenés des fermes familiales. Approchés pour savoir comment ils préparent «la cérémonie», en chœur, comme pour tourner l’étranger en dérision, ils demandent sourire aux lèvres: «Quelle cérémonie ? »

Mais sans se faire prier, l’un d’eux, le nommé Beyina se reprend: «Ah oui, l’intronisation de Majesté! Elle se prépare. Ce n’est pas encore la grande effervescence. Mais elle se prépare. Nous sommes un peu affligés par les deuils qui frappent le village. Mais nous voulons célébrer notre chefferie à l’occasion de l’intronisation de notre chef, père, frère et fils, Jean Berthelot Zambo. Vous savez, depuis la fin des consultations en 2015, l’on a eu l’impression que la chefferie sommeillait. Pas tant qu’il ne soit pas présent. Mais parce que, ses attributs ne lui étaient pas solennellement remis comme il se doit. Ce sera chose faite le 23 juillet 2021. Notre groupement vivra de grands moments en communion avec nos ancêtres».

Le majestueux édifice

A la chefferie proprement dite, le reporter d’Essingan rencontre l’un des frères du chef. Il explique la vie en ces lieux où le majestueux édifice qui subit le poids de l’âge, tient son rang parmi ses semblables dans la contrée, le jeune homme ne souhaite pas dévoiler son nom. «Je garde les lieu. La résidence de Majesté se trouve de l’autre côté. Vous voulez rencontrer Papa Abana, sa résidence se trouve après le ruisseau en contrebas. En face de l’entrée de la résidence de mon frère aîné, le chef. Ici, le représentant du chef François Omengue vient de perdre l’une de ses filles. C’est la désolation dans la demeure où il semble se tenir une réunion préparatoire aux obsèques.

Sans beaucoup de mots en dépit de la douleur qui l’étreint, M. Omengue dira lui aussi que la cérémonie prépare. En échangeant avec différentes personnes ressources et la documentation, l’on apprend que la chefferie de 2e degré de Nkolkosse, est l’une des plus anciennes précoloniales des Éton et des Manguissa. Elle se compose essentiellement des Mayembassas. Eux qui, à la faveur de l’éclatement du département du Nyong-et-Sanaga en plusieurs départements et arrondissements, au lendemain de l’indépendance du Cameroun, verront la grande chefferie Mayembassa scindée en deux groupements aujourd’hui connus sous la dénomination de la chefferie de 2e degré.

Pourtant, avant l’indépendance, les administrations coloniales allemandes et françaises ont constaté et entériné l’autorité des chefs Mayembassas en l’état. Cette entité unique sera donc du ressort de la subdivision de Sa’a, dans l’ancien département du Nyong-et-Sanaga, qui deviendra plus tard la province, puis la région du Centre.

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