Cameroun : Leurre du Made In Cameroon a depuis sonné en arnaque et en slogan

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L’expert consultant camerounais Charlot Mouaha II, qui a présenté le Document de stratégie du Bureau de Mise à niveau des entreprises camerounaises (BMN) révèle qu’il s’agit d’un simple slogan politique, qui a besoin de textes.

Lorsque l’on parcourt la trajectoire de Charlot Mouaha II, l’on découvre qu’il a été Secrétaire Permanent du Comité Technique de Suivi des Accords et Programmes (C. T. S.). Son intervention au séminaire d’imprégnation des journalistes à la mise à niveau des entreprises et la vulgarisation du Document de Stratégie du BMN n’est donc pas un fait de hasard. Surtout, faut-il le préciser, l’expert porte à lui seul le deuxième pan de ce séminaire.

Charlot Mouaha II va casser la baraque lorsqu’il révèle que « tout le monde parle de Made In Cameroon. Mais, il n’existe pas de politique de Made In Cameroon ». Pour lui, cette politique ne se conçoit que dans le cadre de l’auto-centrage de l’économie et n renforcement de l’industrialisation fondé sur l’ouverture. Charlot Mouaha II rêve d’une stratégie autonome de création et de développement de la valeur nationale. Dès lors, l’expert, qui a conçu le Document de Stratégie du BMN pour les trois prochaines années renseigne que le Bureau de Mise à Niveau compte élaborer une politique de mise à niveau afin de la proposer au gouvernement.

Stratégie

Le fin mot du document de stratégie du BMN est la feuille de route qu’il se trace pour les trois prochaine années. En un mot comme en mille, il a besoin de 65,791 milliards FCFA pour mettre à niveau 600 entreprises. Or, le diagnostic effectué établit une santé financière précaire pour cette structure créée en 2011 et dirigé par Chantal Elombat Mbedey. «  A l’heure actuelle, la mise à niveau est traitée comme une tâche du programme 302 du ministère de l’Economie, du Plan et de l’Aménagement du territoire (Minepat). Or, la mise à niveau déborde l’environnement du Minepat », a constaté l’expert Charlot Mouaha II pour qui cette activité devrait être une « méga stratégie ».

Charlot Mouaha II a aussi constaté que la mise à niveau des entreprises au Cameroun ne disposait pas d’un cadre juridique particulier. Un diagnostic parallèle à celui de l’économie camerounaise, pour laquelle la mise à niveau est nécessaire. Notamment ce taux de croissance qui a ralenti à 5%, « taux largement inférieur aux prévisions. Car, l’objectif était d’avoir un taux e croissance de 7% pendant dix ans pour amorcer la croissance économique », fait remarquer Charlot Mouaha II. Le diagnostic est implacable : faible niveau de productivité, tissu industriel obsolète et peu intégré, exécution incomplète des programmes, persistance de l’économie illicite, etc.

En ce qui concerne le Bureau de mise à niveau, le jeu des acteurs laisse à désirer. « Rien n’indique que le Minepat (sa tutelle) a une préférence claire en sa faveur », observe l’expert Charlot Mouaha II, qui « accuse » le ministère des finances de faire « main basse sur les ressources extérieures accordées au BMN ». Si l’expert fait un diagnostic qui ne plaira pas à plus d’un et qui dessine un dispositif inadapté, il identifie aussi dans son « arbre à problèmes » des opportunités, qui militent pour un choix stratégique. Notamment la source de la vision, les politiques de développement et les politiques de restructuration. Charlot Mouaha II déplore le fait que le gouvernement ait une politique défensive, prudente de développement. Or, il conseille une politique offensive. Pour le reprendre, « il faut un peu de folie pour se développer. L’Etat est prudent. Il ne veut pas prendre des risques ».

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