Cameroun : Lettre de Laure Njitap Fotso à son frère Yves Michel qui fend le cœur

0
824

Cher Yves Michel,

Depuis le départ de Papa, je me suis volontairement tue. Je n’ai aucunement souhaité intervenir dans les débats publics, y compris lorsque les propos me sont apparus particulièrement blessants. Ce silence démontre mon refus de prendre part aux polémiques et contribuer à aggraver une situation que certains ont volontairement et insidieusement tenue à rendre invivable pour bon nombre parmi nous.

Cependant, ma retenue ne doit en aucune manière être interprétée ni comme un acquiescement, ni comme une crainte de la confrontation. Mes responsabilités, ma situation de fille orpheline et de sœur éprouvée m’interdisent toute autre posture que celle de la conciliation, de la concorde et de l’esprit de famille.

En conséquence, n’eut été le travail de sape et des manigances que tu sembles particulièrement apprécier dans le but de ternir l’image de notre feu père, je me serais abstenue d’intervenir. Je te rappelle que je me suis tue y compris lorsque tes propos directs ou rapportés se sont révélés diffamatoires à mon égard.

Ma présente intervention a pour objectif premier de te rappeler que tout fait ou tout acte dont la finalité est de porter atteinte à la mémoire de Papa provoquera de ma part une réponse cinglante, claire et franche en retour. C’est donc en considération de cet engagement que je t’adresse la présente réponse dans le but de rassurer ceux qui doutent, d’encourager ceux pour qui la mémoire de Papa doit rester indemne de la moindre égratignure et de renvoyer les éternels pleurnichards, imbus de leur petite personne, à un exercice d’introspection afin qu’ils méditent le privilège de porter le seul, incontestable et vrai patrimoine qu’il nous a légué : Le nom de notre feu père.

Je te répondrai en suivant l’ordre de présentation établi dans ta lettre a. veuves FOTSO Victor dont une copie m’est parvenue. Je l’ai lue avec amusement, sachant toute la vérité sur toi et sur les kits que tu tentes maladroitement de travestir.

  1. Le décès soudain de notre sœur Suzie

Pour ce qui concerne ce point douloureux, je te rappelle que Suzie se trouve encore à la morgue, en raison de l’incurie et des mensonges des premiers concernés dont toi-même. En effet, pourquoi voudrais-tu faire croire que certains ont quelque intérêt à laisser traîner les choses ? Que dit la tradition, en la matière, s’agissant d’une femme mariée ? L’inhumation dans le caveau familial est-il de droit ou de règle ? Au lieu de considérer ces questions simples, tu évoques un inexistant complotisme dont tu désignes d’avance et à tort d’imaginaires manœuvriers.

De plus, tu dis que le décès de notre sœur est dû au stress ; je ne puis qu’approuver cette affirmation. Cependant, contrairement à ce que tu laisses croire, tu ne peux te soustraire de l’origine de son stress mental, physique et financier ainsi que de sa vulnérabilité provoqués par ta décision de l’avoir renvoyée de la CBC parce qu’elle disait à qui voulait l’entendre que tu spoliais ton père. Elle avait gardé de ton geste une humiliation qui l’a petit à petit rongée. D’ailleurs, papa s’était indigné que tu aies pu jeter à la rue ta sœur utérine (Cf. lettre de Papa te rappelant son incompréhension face à ton geste de licencier Suzie).

Au lieu d’agir en frère aîné qui formule des directives que nous aurions immédiatement mises en exécution, tu t’es emmuré dans le silence, attendant la moindre occasion pour désigner des coupables. A dire vrai, l’état de notre sœur Suzie ne te paraît intéressant que pour autant que tu puisses espérer en tirer un bénéfice personnel, comme à ton habitude. Puisqu’il n’y a rien à y gagner, tu es resté aux aguets et, plusieurs semaines plus tard, tu tentes de faire porter à d’autres une responsabilité qui t’incombe en premier. Tu aurais dû penser aux enfants de Suzie dont tu es l’oncle et qui attendent de ta part soutien et consolation. Malheureusement de tout cela, tu n’as manifesté ni envie ni élan. Honte à toi !

Pourtant, quelques années plus tôt, à l’occasion des obsèques de Grand-mère Ma Maptuè, tu t’es empressé de te mettre en première ligne parce qu’un budget d’une certaine ampleur avait été alloué pour l’ensemble des cérémonies. A cette occasion, nous avons pu constater jusqu’où peut aller ton envie d’accaparement. Tu as émis l’idée de faire porter la dépouille de notre illustre Grand-mère dans un corbillard neuf. Tu as mandaté Rachel pour se rendre en Afrique du Sud afin de ramener un véhicule que tu prétendais avoir préalablement repéré. Une fois ramené au Cameroun, l’acquisition s’est révélée être une carcasse sans moteur ; elle ne comportait qu’une simple carrosserie. Pour motoriser la carcasse, tu as passé commande d’un moteur auprès de TAG Automobiles. Nuitamment, dans la villa d’Elig-Essono, monsieur BELIBI (vieux BELIBI) et ses techniciens ont eu du mal à adapter le moteur à la carcasse. Le lendemain, à sa sortie, le corbillard portait encore les traces d’une peinture fraîchement badigeonnée, au point que certains ne purent s’empêcher de s’écrier: Yves Michel a encore frappé son père ! Pire, au moment de transporter Grand-Mère Ma Maptuè vers le caveau familial, le fameux corbillard, prétendument flambant neuf, tomba en panne.

Après les obsèques de Ma Maptué, tu as pompeusement offert des véhicules a. épouses Fotso. C’est quelques mois plus tard, au moment de percevoir ses indemnités de représentation dans les sociétés, que Papa se rendit compte que tu avais unilatéralement déduit le coût d’acquisition desdits véhicules, sans l’en avoir informé. Ce qui fut un véritable choc pour Papa car il ne s’attendait pas à voir un tel procédé volontairement et insidieusement orchestré par son propre fils.

Pire encore, les sommes déduites des indemnités de Papa avaient été grossièrement surévaluées puisqu’elles représentaient la valeur des Toyota Prado pour chacune des épouses alors que ces dernières n’avaient reçu que des Toyota Corolla, à l’exception notable de l’une d’elles.

Dois-je aussi rappeler que pour le deuil de maman Lydie, ta propre mère, paix à son âme, tu as monté tout un stratagème pour gonfler le budget alloué. Face à l’ampleur des dépenses présentées, Papa avait crié: » ces enfants veulent me ruiner ! »

Le moins que je puis dire est que, si nous sommes arrivés à surmonter la douleur née du décès de Susie• lui assurer une inhumation digne et méritée n’est qu’une simple manifestation de volonté à laquelle tu as visiblement refusé d’adhérer.

  1. L’inculpation du notaire instrumentaire du testament de Papa

L’idée de falsifier un testament, a fortiori celui de Papa, n’est ni plus ni moins qu’un parricide. Oser nier à Papa jusqu’à sa capacité à anticiper et à prévoir sa vision de la vie après qu’il aura quitté la terre ne vient qu’a l’esprit de ceux qui sont passés maîtres dans l’art du faux et de la falsification.

Heureusement, feu FOTSO Victor était un homme sage, réfléchi, prévoyant et avisé. En son for intérieur, il avait pressenti ce qui se passerait après lui. Il connaissait son monde et avait une idée précise de ceux qui s’agitent comme ceux qui observent le silence. Il n’avait qu’une parole et ne l’a donnait qu’a ceux qui méritaient sa confiance. Pour ma part, je ne saurais douter, ne fût-ce qu’un tout petit instant de sa capacité à prévoir et à anticiper, en fonction des circonstances, les dispositions utiles lorsque surviendra son incapacité ou son décès.

  1. Les doutes légitimes et justifiés du testament qui reste introuvable

Au rythme où vont les choses, demain, tu seras capable de refuser de reconnaître notre filiation à Papa. Puisque ton doute n’a plus de limite, puis-je compter sur le respect que nous devons aux institutions de notre cher pays ? Car oser denier leur impartialité à trois officiers ministériels assermentés va au-delà du doute méthodique et de la liberté d’expression. Tu piétines la prérogative exclusive reconnue à l’Etat et la capacité de l’administration à dire, directement ou par commis interposés, ce qui est de droit. Je ne te suivrai pas sur ce terrain glissant. Je prie pour que la sagesse te ramène dans le droit chemin.

Depuis toujours, tu es passé maître dans la fabrication du faux et tu penses que tout le monde est comme toi. Il n’est rien de plus prétentieux que de croire avoir raison contre tous. Malheureusement pour toi, je ne suis pas de ceux-là qui embrassent la main qui leur jette des miettes.

Dès que tu as appris le décès de Papa, tu es sorti de ton silence de plusieurs années. Au lieu de nous consoler pour notre affliction, tu as utilisé les plus faibles pour t’attaquer à moi, prétextant que Papa est décédé d’une mort suspecte. Sans doute cherchais-tu déjà un moyen de me discréditer. Ainsi, tu n’as pas hésité à demander une autopsie. Or, tu le sais très bien, Papa était malade depuis de nombreuses années. Puisque tu m’en donnes l’occasion, je m’en vais te rappeler d’où sont partis les premiers maux de Papa.

Le simple rappel des faits m’amène à te dire que Papa est décédé d’un arrêt cardiaque dont les prémices remontent à juin 2011, aux alentours de 11 heures, le jour de la tenue de l’assemblée générale de CIS.

Ce funeste jour de juin 2011, toi-même, Rachel et Roger avez commis trois huissiers. lls se sont présentés au 144 Rue Aristide Briand, à Levallois-Perret, siège de la société de Papa, avec une notification signée de vous trois afin de requérir une expertise psychiatrique dans le but de le déclarer majeur incapable . Ainsi, envisagiez-vous de l’écarter de sa société pour mieux vous en accaparer ! A l’arrivée des huissiers étaient présents maître Essotier, le cabinet JAC, commissaire aux comptes, madame Cornet, monsieur Bernard Descamps, tonton Valentin, Kua Lucie et moi-même. Les preuves matérielles de cet acte sont encore fort heureusement disponibles.

Je me souviens encore du soupir de Papa qui avait dit : s’il arrive (parlant de toi) à s’emparer de CIS, je vais mourir .

A force de te voir agir et mal agir, Papa te savait capable de tout. En effet, l’irruption des trois huissiers portant injonction provoqua une première réaction symptomatique d’attaque cardiaque : des palpitations. Celles-ci, une fois enclenchées, se répétèrent, devinrent récurrentes puis finirent par s’installer en s’aggravant. Dix années plus tard, l’acte insensé mais volontairement mis en branle par trois de ses enfants l’a prématurément conduit à la mort.

Il n’échappe à personne que le refus de Papa de prendre Rachel au téléphone, du 2 février 2020 au jour de son décès, s’explique par le souvenir de cet acte ignoble manigancé et mis en exécution par trois de ses enfants.

Ce 2 février 2020 est la date à laquelle, suite à une alerte, à 1 heure 45 du matin, Sarah Kechi, l’infirmière de Papa, m’informait que mon père venait de faire un malaise. Je me suis posée sur le tarmac de l’aéroport de Bamougoum à 10 heures afin de ramener Papa à Paris pour qu’il puisse être admis aux soins intensifs, à l’hôpital américain.

Je rappelle que votre volonté à vous trois était d’empêcher Papa de redevenir président de sa propre société CIS. Vous avez prétexté qu’il ne pouvait assumer les fonctions de président compte tenu de son âge qui avait passé les soixante-quinze ans. Il s’en est suivi une suite de procédures.

Même si tu ne m’avais jamais aimée auparavant, j’ai compris que c’est à la suite de ces échecs que tu as commencé à me haïr, sachant le rôle que j’avais tenu dans le processus qui vous y a mené. De ton point de vue, mon crime aura été d’avoir aidé Papa à récupérer un bien acquis à la sueur de son front. Mais, quelle enfant pourrait avoir l’outrecuidance de voir couler les larmes de son père et rester sans réaction ?

Après huit comparutions devant la justice, vous avez échoué dans votre quête d’usurpation. Lorsque Papa avait repris ses fonctions, il s’était rendu compte que tu avais vendu la quasi-totalité de l’immeuble-siège hormis le rez-de-chaussée. Il s’agit là de l’un des multiples actes de malfaisance à l’encontre de Papa que tu as volontairement et impitoyablement orchestrés.

Tes turpitudes sont multiples et incontestables. En dépit de toutes tes affirmations gratuites me concernant, ni toi ni qui que ce soit d’autre ne peut désigner un seul acte malveillant de ma part. Si j’avais été auprès de Papa pendant toutes ces années, c’est bien parce qu’il avait vu en moi une fille aimante, un soutien indéfectible, une collaboratrice efficace, fidèle et honnête.

Enfin, il me semble pour le moins surprenant que toi, Yves Michel, après tant de comportements séditieux, fourbes, prétentieux et narcissiques et tant d’actes parricides, tu viennes me donner des leçons d’amour filial, de concorde familial et de solidarité entre fratrie !

Nonobstant le système de corruption dont tu uses et abuses, nous savons que le seul intérêt qui te tient à cœur est ta soif d’accaparement et de destruction. Tu as agi de la sorte du vivant de Papa. Après avoir bataillé des années, il parvint à récupérer une partie des sociétés dont il t’avait volontairement confié la gestion. Au lieu de l’en remercier, tu n’as pas trouvé mieux que d’utiliser mille et une fourberies pour le déposséder.

A titre d’exemple, tu as convaincu Papa de vendre UNALOR. Tu as trouvé le client. Tu l’as accompagné et introduit à la CBC. Une fois les huit milliards de FCFA, prix de la transaction, déposés sur le compte suisse de Papa, tu as vidé le contenu du compte, nettoyé comme le disait Papa. Cette transaction avait permis, entre autres, de refaire une santé financière à Roger qui sortait d’une prison suisse. Il s’en était tiré avec la coquette somme de quatre cents millions de FCFA. Trois ans plus tôt, en 2006, tu avais fait de même avec FERMANCAM. Sur ce même compte suisse, papa chiffrait le préjudice, ton nettoyage, à 50 milliards de fcfa. Ce fait est de notoriété dans la famille. Après ces forfaits, tu as écrit à Papa, en mettant en copie monsieur Daniel KAPSU, commissaire aux comptes des sociétés du groupe FOTSO. L’objet de ta correspondance était de te poser en concurrent à notre père. Tu voulais procéder à une comparaison afin d’établir qui de vous deux était le plus riche. Tu laissais entendre que tu étais devenu plus riche que lui ; bien entendu, au prix de vols et de détournements de ses biens. Quel toupet !

Plus grave, Papa t’avait laissé occuper sa maison de Bali. Quelques années plus tard, tu mettais ton bienfaiteur à la porte en prétextant un déplacement à Kribi pour ne pas le recevoir. Chaque fois qu’il était en transit pour Paris, notre père quittait Bandjoun à 6 heures du matin ; il passait la journée à l’immeuble La Rose, siège du groupe Fotso. Pour son déjeuner, il se contentait de sandwichs. Il se changeait dans son bureau à 20 heures avant de prendre son vol du soir pour Paris. Quelle honte pour toi ! Quelle ingratitude surtout ! Choc supplémentaire, Papa s’était indigné en apprenant que tu avais vendu la maison de Bali à 1 milliard de FCFA.

Michel, où étais-tu quand Papa vendait des bœufs pour payer les frais d’écolage de ses enfants ? Où étais-tu quand Papa envoyait Bruno GUIFFO et Jean-Pierre TAGNE chez Emmanuel CHATUE acheter de minables tontines pour subvenir aux besoins de sa famille ? Où étais-tu quand je m’endettais auprès des banques afin de sortir Papa de Bandjoun au vu de son état de santé qui était devenu plus que précaire ?

Michel, Papa avait construit un paradis pour sa famille. Il t’en a confié les clés et tu t’en es servi pour le mettre à genoux. Je peux l’affirmer, car d’autres que moi en ont été témoins, les dernières années de Papa, de ses propres mots, furent les meilleures de sa vie.

Papa était un immense homme et un philanthrope ; sa bonté, son humilité, sa générosité, son honnêteté, sa dignité et son élégance faisaient de lui un empereur. Tu ne pourras pas l’approcher et encore moins l’égaler.

Michel, là où les enfants réussissent, tu as échoué. Loin de toi, Papa est devenu un homme heureux. A tel enseigne que le 13 décembre 2019, en survolant le Bourget, il s’exclama : Gaston, si je devais mourir aujourd’hui, je partirais la main levée très haut pour que tout le monde me voit. Il enchaîna en disant que c’est toute la différence avec la fin qu’Yves Michel avait programmée pour moi. Puis, il se tourna vers moi et me dit : Mééé… tu m’as pleuré de mon vivant. Yves Michel, tu croyais avoir anéanti papa; nous, ses enfants avec très peu de moyens, avons réussi à le remettre sur pieds.

Contrairement à ce que tu racontes par monts et par vaux, depuis mon arrivée au sein du Groupe FOTSO, aucune société n’a été vendue. D’ailleurs, n’eut été mon intervention, Papa s’apprêtait à céder SAFCA, sous votre instigation à toi et Roger. Je m’y suis opposée en lui rappelant sa réputation d’industriel.

Par ailleurs, arrête de raconter que j’ai profité de ton incarcération pour usurper ta place de dirigeant du Groupe. Lors du conseil d’administration du 4 mai 2009, Papa t’a éjecté de la direction générale des sociétés du Groupe parce qu’il s’était rendu compte que tu n’étais pas digne de confiance alors que tu jouissais encore de toute ta liberté. Papa reprit ses fonctions de PDG, à l’issue de l’assemblée générale du 12 juin 2009.

Aujourd’hui, malgré ta liberté circonscrite, ta détermination à nuire et à détruire reste intacte et féroce. Quand cesseras-tu de dresser la fratrie les uns contre les autres ? Quand reconnaîtras-tu que Papa avait fait des choix qui lui sont propres et dont lui seul connaît les raisons ? Quand finiras-tu par comprendre et te rendre compte que ton agitation, dans le seul but d’entraver d’autres que toi à assumer la lourde tâche de préserver les biens familiaux communs, est vouée à l’échec ? Michel, crois-tu sérieusement que tu parviendras à faire admettre que l’on puisse transformer, subtiliser ou changer le testament d’un homme de la trempe de FOTSO Victor ? N’est-ce pas d’abord cela manquer à ton devoir de respect et de reconnaissance à l’égard de l’auguste Défunt ?

  1. La destruction des champs

Acheter des faux témoignages, à force de voitures offertes à des veuves esseulées et fragilisées par la mort de leur mari, ne fait pas de toi un patriarche à la hauteur de feu FOTSO Victor.

Le rôle de chef de famille te serait revenu sans encombre, sans discussion aucune, si tu avais su faire montre d’esprit de famille, de tolérance, d’impartialité et d’une parcelle de la dignité unanimement reconnue à feu notre père.

Laisse-moi juste te dire que je continuerai d’assumer les charges que Papa avait posées sur mes frêles épaules. Elles sont certes lourdes mais je ne doute pas un instant de sa présence bienveillante et permanente à mes côtés. D’ailleurs, c’est ce qu’il m’avait appris au tout début des armées 2010. Je continue sur le chemin tracé, en mon âme et conscience, depuis huit bonnes années sans qu’il ait jamais eu besoin d’intervenir.

Pourrais-tu citer deux ou trois de tes actes qui n’ont pas eu d’autre objectif que de semer le zizanie dans la famille ?

Directement ou par personnes interposées, tu as tout fait pour que le dépouille de Papa reste bloquée à Paris malgré la pandémie de la Covid-19. Dans un premier temps, tu as demandé aux veuves de boycotter l’organisation des obsèques jusqu’à ce que le Président Paul BIYA t’accorde la grâce. Tu as introduit plusieurs recours auprès des tribunaux qui ont tous été rejetés. A votre dernière requête, vous avez été condamnés à vos dépens. J’attends encore le montant que vous devez me verser car je le destine à l’achat d’une belle gerbe pour fleurir la tombe de Papa.

Ainsi, Michel, tu as voulu utiliser le dépouille de Papa, tee géniteur, pour obtenir une grâce du Président Pau BIYA, soi-disant pour encadrer la famille.

Lorsque j’ai réussi à ramener la dépouille de Papa à la maison, tu as demandé aux veuves de ne pas sortir ni assister à la cérémonie d’inhumation de leur époux. Elles ont obéi. En contrepartie, tu leur as fait miroiter l’attribution à chacune d’une voiture. Il se trouve que tu tins promesse nuitamment, juste avant le 31 janvier 2021 ! Ce fut à la veille d’une réunion de conciliation prévue pour le 1 cf février 2021. Une fois encore tu leur as donné l’ordre de ne pas s’y rendre.

Yves Michel, sincèrement, aurais-tu pu demander à te propre maman, paix à son âme, de ne pas assister aux obsèques de son époux ?

S’agissant de ta lettre à tes belles-mères et mamans, elle aurait dû être adressée en priorité à Maman GEMDJO, épouse FOTSO, la maman de KUA Lucie, la première épouse de Papa. Il lui revenait le devoir de réunir ses jeunes coépouses pour leur parler et leur donner son point de vue. Ç’a c’est la tradition! Mais bien sûr, tu préfères les proies faciles !

Enfin, tu as évoqué ton état de santé pour justifier ton inaction depuis le décès de notre soeur Suzie. N’aurais-tu pas été un peu trop pris par tes multiples procédures à mon encontre ? En particulier, par l’affaire pendante tout le mois de janvier 2021 au TPI de Douala-Bonanjo : Affaire Yves Michel FOTSO c/ la société eiSCI Lydie», «actuellement dénommée SCI FOY »» (selon toi).

Lorsqu’il est question de confrontation, de guerre, tu utilises l’ensemble des veuves et des enfants FOTSO. Lorsqu’il s’agit de partager, tu ne penses qu’à tes frères et sœurs utérins (Cf. en pièce jointe l’expédition de SCI Lydie contenant la liste des actionnaires). Pourquoi n’as-tu pas pris la peine d’y faire figurer au moins le nom d’un seul enfant par maison ? Tu t’évertues à offrir des véhicules aux veuves, ce qui revient à leur donner une graine d’arachide pour t’accaparer du champ d’arachides.

As-tu dit aux veuves et à tes frères et sœurs que dans cette affaire, tu as de nouveau tenté de récupérer la SCI FOV, en faisant croire au Tribunal de Première Instance de Douala BONANJO, que tu avais saisi en référé d’heure à heure, que c’est la SCI LYDIE qui est devenue la SCI FOV ?

As-tu dit à tes frères et sœurs ainsi qu’aux veuves, à qui tu demandes de te désigner comme leur interlocuteur, que la SCI LYDIE n’appartenait qu’à toi et tes frères et soeurs utérins, et que si la SCI FOV venait à être absorbée par la SCI LYDIE ce ne serait qu’à votre seul profit, bien entendu au détriment de tous les autres enfants et veuves FOTSO ?

Leur as-tu dit que tu avais déjà tenté la manœuvre du vivant de notre père en produisant des faux actes notariés et des faux procès-verbaux d’assemblées générales fictives pour le dépouiller de la SCI La Rose et que, grâce à sa vigilance et avec l’aide de Franck FOTSO, tu as dû reconnaître par écrit ton usage de faux ?

Leur as-tu dit que le 14 janvier 2021, le juge, vidant sa saisine et en considération de la vérité, t’a dénié toute qualité pour réclamer quoique ce soit de la SCI FOV que tu as à maintes reprises tentée de détourner ?

Leur as-tu enfin expliqué que ta haine pour Franck Fotso est née à l’époque où il a aidé papa à récupérer l’immeuble La Rose pour lequel tu prétendais avoir versé 5 milliards à la fondation Prodinter en vue de son acquisition ? Jointe alors au téléphone, maître Catherine Crochet, juriste de la fondation Prodinter répondit à Papa : c’est une autre des manœuvres d’Yves Michel pour s’emparer de vos biens. Dès lors, Papa prit la décision de dissoudre Prodinter cette fondation de droit suisse qu’il avait créée dans le souci de garantir l’avenir de sa famille lorsqu’il ne sera plus de ce monde.

Dès qu’un enfant FOTSO donne de l’amour ou valorise papa, il devient ton ennemi. Dès que Papa a aimé ou valorisé un enfant, ce dernier devient ton ennemi. Ainsi, Damien restera à jamais dans ton collimateur puisqu’il a eu le privilège d’être désigné par Papa comme son successeur.

De ta prison, tu as organisé la vente de MINKWELE, en insérant Rachel, magistrate de son état, dans le circuit. Peu introduite dans les affaires, elle n’en avait aucune compétence. Mais comment s’y était-elle retrouvée ? Elle s’en était tirée avec la bagatelle de 80 millions de FCFA. Pourrais-tu désigner un enfant FOTSO, autre que tes sœurs ou frères utérins, bénéficiaires d’une commission ne serait-ce que de 50 millions à l’issue d’une transaction ? De qui crois-tu te moquer ? De qui croyez-vous vous moquer ?

Aujourd’hui, en dépit de tes procédés tortueux et tordus, tu sembles me reprocher d’avoir piloté une réduction de capital de FOV SA France (anciennement CIS) au profit de l’actionnaire donc de Papa. La part libérée du capital devait lui permettre de subvenir aux besoins de sa famille. Autrement dit, et de facto, ni prouves au monde entier que ton objectif était de mettre Papa à genoux. Si cela était à refaire, je le ferais à nouveau.

Au vu des griefs que tu ne cesses de ressasser, je m’attendais à ce que tu m’assignes pour détournement des avoirs du Groupe FOTSO ainsi que tu l’as promis aux veuves au lendemain de l’inhumation de Papa.

Pour ce qui te concerne, il fut un temps où j’aurais pu t’assigner pour abus de confiance et utilisation des fonds de CIS, entre autres, pour ton propre profit. En la matière, le BABEMBA était un exemple édifiant. Je me suis abstenue pour t’éviter un scandale familial. Tu es loin de savoir faire preuve de telle retenue.

Je voudrais que tu retiennes ceci : ce n’est pas entre mes mains que tu arracheras ce que Papa a laissé pour ses enfants et ses épouses, même si tu les utilises contre moi. Je suivrai scrupuleusement la feuille de route établie par Victor FOTSO. Personne ne pourra me détourner de cet objectif. En conséquence, tu peux continuer à faire signer des bouts de papiers pour me diffamer, cela ne changera rien car ce que je fais, je le fais pour mon père.

J’ai été à l’école d’un sage, d’un homme qui te connaissait très bien. Il savait de quoi tu es capable. Papa avait passé les dix dernières années de sa vie à préparer l’avenir. Au vu de tes agissements, il ne s’était pas trompé, bien au contraire.

Dans quelques semaines, au moment de communiquer l’inventaire du patrimoine de Papa que nous avons initié, il te faudra suivre la procédure qui veut que les cessions se fassent suivant un bordereau individuel les attestant. Il ne te restera alors qu’à faire le tour des membres de la famille FOTSO, à charge pour chacun de te céder ou non sa part. Michel, toute honte bue, tu t’es servi de Marie Christine, l’épouse de Papa, pour détourner les actions CCP. Tu l’as par la suite abandonnée à son triste sort, lestée de quelques millions.

Last but not least, le choix de tes représentants dans ce que tu appelles pompeusement conseil de famille donne une idée de tes intentions. Pourrais-tu porter à la connaissance de la famille FOTSO une seule preuve démontrant que j’ai transféré les terres de FOV à mon nom ? Michel, le pire ennemi du mensonge n’est-ce pas le temps ?

Courant 2019, après un contrôle à distance analysé par le médecin traitant de Papa, on m’informe qu’il était sur le point de faire un AVC. J’ai fait le possible, encore une fois peur de le ramener à Paris. Admis au bloc pour la pose d’un 3em sterns sur l’artère coronaire, les médecins avaient fait appel à un psychologue dans le but de s’enquérir de ce qui le rendait si anxieux. Il répondit au psy : ma fille m’a tué vivant, elle a vendu ma maison.

Méé : Où penses-tu qu’Éliane a pu mettre mes effets avant de vendre ma maison ? me demanda-t-il.

Devrais-je te rappeler que Papa s’était rendu à trois reprises à la prison pour te demander de lui rembourser ce que tu lui devais afin de subvenir aux besoins de sa famille. Tu l’avais repoussé comme un chien. Au vu de son insistance, tu as fini par refuser ses visites. C’était bien toi, Michel ! Aujourd’hui, tu voudrais lui offrir des obsèques grandioses ! Ne dit-on pas, en bamiléké, qu’on pleure ses parents de leur vivant ?

Nous autres avons pleuré Papa de son vivant. Nous l’avons choyé. Nous l’avons remis sur son trône d’empereur.

Tu as usé de toutes les manœuvres possibles pour prouver que la CBC t’appartenait. Aujourd’hui, lorsqu’on entre dans cette banque, après le portrait du président Paul Biya, c’est celui de Victor FOTSO que l’on salue. Le tiens ne figure nulle part.

Si au cours des dix dernières années, Papa t’avait prénommé SIMO de BISSI-MAG, Jean Félix MAMALEPOT, pour te désigner et te distinguer de notre illustre Papa, t’appelait FOTSO le truand.

Honte plus que toute autre, tu envoies les plus faibles manipuler les enfants de Papa en échange de 2 billets !

Papa était parti de zéro pour finir héros. Tu en es très, très, très loin

Prends-en une bonne note avec ce que papa a réussi à redresser après tes frasques, d’autres vrais FOTSO prendront dignement la relève. Si ton indignité t’en laissait l’opportunité, il ne te restera alors pour unique option que de venir les saluer en baissant la tête et en demandant pardon.

Qui es-tu Michel pour disqualifier KUA Lucie ? N’est-elle pas notre aînée à tous ? Son défaut, à tes yeux, aurait été son attachement à son père !

Sache que tu restes redevable des milliards que tu as subtilisés du compte suisse de Papa. Il aimait utilisé le terme nettoyer . Procède d’abord au remboursement du milliard sept cent cinquante millions de FCFA que tu lui as subtilisé en espèces. Ce sera la plus petite des sommes que tu dois. La preuve de cette usurpation est en pièce jointe.

Michel, Dieu merci, si tu es passé maître dans l’art de la manipulation, de l’intrigue et du soudoiement. Pour notre part, nous nous sommes entourés de conseils avisés afin de suivre une issue sans heurts.

Michel, papa parlait de toi en pleurant. Oh combien de fois Papa m’a dit merci avec des larmes aux yeux ! Ces larmes de joie qui finissaient par son sourire si pure.

Dans son infinie sagesse, Papa disait : un marchand d’œufs ne cherche ni n’accepte la confrontation. Pour ma part, mon œuf le plus vulnérable n’est plus de ce monde ; il repose en paix.

Bien fraternellement,

Laure Fotso épouse NJITAP FOTSO

Douala, le 5 mars 2021

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici