Cameroun : Les patrons de presse et Kalara vont attaquer des Magistrats en justice

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Pour son membre, le journal Kalara et pour le droit à l’information libre, les éditeurs camerounais vont ester en justice. C’est le contenu d’un Communiqué qu’a publié le 19 décembre dernier le président de la fédération des éditeurs de presse au Cameroun (Fedipresse), Haman Mana par ailleurs Directeur de publication du quotidien Le Jour. Voici l’intégralité dudit communiqué :

« Fedipresse,  la fédération des éditeurs de presse au Cameroun vient d’être informé du verdict rendu le 18 décembre 2020 par la Cour d’appel du Centre dans l’affaire opposant l’hebdomadaire Kalara, son directeur de publication, Christophe BOBIOKONO, et sa journaliste Irène Mbezele à la militante du RDPC, Me Faustine FOTSO CHEUBOU KAMDEM. Le journal avait initialement été condamné en instance suite à une plainte déposée par l’avocate pour diffamation et outrage à corps constitués suite à des articles publiés dans les colonnes de Kalara en Octobre 2018 et rendant compte des propos de la plaignante dans un enregistrement où elle avouait avoir influencé le procès ayant opposé l’alors candidat à l’élection présidentielle, l’ancien bâtonnier Akere Muna à sa sœur, l’ancienne Ministre RDPC Ama Tutu MUNA.

Dans son arrêt, le magistrat Emgbang Ondoa et ses collègues reconnaissent le journal Kalara, son directeur de publication et sa journaliste coupable. Aggrave leurs condamnations financières ainsi que suit :

Christophe Bobiokono devrait payer 4 millions de francs d’amendes et 407.900 francs de dépens.

Mme Mbezele doit régler à Me Fotso Cheubou Kamdem 1 million de francs et à la justice 407.900 francs de dépens. Ces condamnations pécuniaires ont immédiatement été assorties d’un mandat d’incarcération de 24 mois pour chacun des condamnés en cas de non-paiement.

Fedipresse qui a suivi le procès depuis l’information judiciaire constate que la Cour d’appel a alourdit la peine pécuniaire du journal Kalara : XAF 2 715 800 pour un total de XAF 5 815 800. Dans une procédure qui n’a été ni juste, ni équitable :

Devant le TPI de Yaoundé-centre administratif avait duré 20 heures d’affilée.

Devant la Cour d’appel, les débats ont duré plus de 10 heures d’affilée.

Or ni le TPI, ni la Cour d’appel ont pris en compte les arguments des journalistes. Pire, le procès-verbal de constat d’huissier produit par la plaignante elle-même et qui l’accablait a mystérieusement disparu du dossier.  Le deuxième témoin qui avait enfoncé  la plaignante en première instance  a curieusement disparu alors que sa carte nationale d’identité était  déjà entre les mains des juges, sans que ceux-ci ne s’en offusquent.

Fedipresse en tire donc la conclusion que cette parodie de justice, une de plus contre les journalistes et les éditeurs de presse au Cameroun s’inscrit dans une stratégie voulue pour embastiller la liberté, l’opinion, l’investigation dans un pays où le recul des droits et libertés fondamentales est notable.

Fedipresse annonce sa constitution de partie civile dans les actions futures qu’intentera son membre, le Directeur de la publication de Kalara, à l’encontre des magistrats et auxiliaires de la justice impliqués dans ce déni de justice. Fedipresse se réserve toute autre action complémentaire ».

Yaoundé, le 19 décembre 2020

Haman MANA, président

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