Cameroun : Nouvelles injonctions de la France sur l’affaire Kamto

0
544

Face à la presse diplomatique, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian n’est pas passé par quatre chemins pour expliquer les méthodes de son pays pour la libération de l’opposant camerounais Maurice Kamto, leader du Mrc incarcéré depuis janvier 2019.

À l’occasion du déjeuner avec l’Association de la presse diplomatique, le ministre des Affaires étrangères a été interrogé, entre autres, sur la crise iranienne, la Russie, l’Afrique, Hong Kong et le Brexit. Le sort des deux principaux opposants au Congo Brazzaville et au Cameroun a également retenu l’attention du patron de la diplomatie française. « Nous faisons fortement pression sur le président Biya pour qu’il puisse agir et élargir ses prisonniers. Nous ne le faisons pas tout seul (…), nous le faisons avec les États africains », a clairement déclaré Jean Yves Le Drian.

Sur place au Cameroun, Maurice Kamto conditionne sa présence au tribunal militaire vendredi prochain. Le Président du Mrc,  Christian Penda Ekoka,  Albert Nzongang et  Paul Éric Kingue ont adressé une correspondance à la présidente du Tribunal militaire de Yaoundé. S’exprimant au nom des autres détenus,  ces leaders s’indignent quant à la conduite de l’affaire dont le procès est programmé vendredi le 6 septembre prochain.

Le Président du Mrc et ses alliés s’étonnent que leur recours en contestation de la compétence du Tribunal militaire a été rejeté en dépit du dépôt 8 jours après le délai légal des réquisitions du parquet. Maurice Kamto et ses codétenus estiment que la justice camerounaise est face à une responsabilité « historique « dans la cadre de leur procès. Ils déclarent que si le Tribunal militaire de Yaoundé s’estime compétent pour les juger, ils se présenteront au tribunal à condition que les audiences soient ouvertes au public et que les médias publics et privés,  nationaux et internationaux aient l’autorisation d’assister à tout le procès

À propos du Congolais Jean-Marie Michel Mokoko, incarcéré depuis mi-2016 et condamné à 20 ans de prison, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a assuré avoir dit au président Sassou Nguesso, en visite hier mardi 3 septembre à Paris, « qu’on attendait de sa part des actes ». « Je le lui ai dit avec fermeté et je pense que le président de la République lui dira la même chose », a confié Jean-Yves Le Drian.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici