Cameroun : Les militants du Pcrn de Cabral Libii de Pouma écrivent à Paul Biya

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Ils se plaignent des conditions dans lesquelles se sont déroulées les dernières élections municipales dans cette commune du département de la Sanaga Maritime, région du Littoral Cameroun. Voici la teneur de la lettre qu’ils ont écrite au chef de l’Etat camerounais :

« A l’attention de notre père et patriarche,

Son Excellence, le président de la République du Cameroun, papa Paul Biya.

Papa,

Nous, jeunesse en particulier et populations de Pouma en général, sommes dans l’obligation de nous adresser à vous en larmes en ces circonstances qui revêtent un réel caractère de gravité. Nous vous disons MERCI, de l’occasion que vous nous avez bien donné une fois de plus pour participer à l’organisation de notre cher et beau pays en exerçant notre droit de vote le 09 février 2020. Dans notre culture bantou, on ne prononce pas le nom de son père encore moins celui de son grand-père ; c’est pour cette raison que nous allons vous parler dans cet appel, d’un peuple en détresse en vous appelant PAPA.

PAPA, vous n’êtes pas étranger à la Sanaga-Maritime, car vous avez passé une partie de votre adolescence dans cette contrée pendant vos études. Comme vous avez laissé Pouma à cette époque, très peu de choses ont changé. Et pourtant Dieu seul sait, ce que par amour pour cette terre que vous connaissez très bien, nous avons eu de votre part, et ce que bon nombre d’arrondissements nous envient.

La nomination de plusieurs de nos enfants à des fonctions de Directeurs Généraux et de Présidents Directeurs Généraux des grandes et prestigieuses Sociétés et Entreprises Publiques et Parapubliques : CAMSHIP, SOSUCAM, TRADEX, GUCE, CNCC… Pour cette grande sollicitude pour notre contrée, nous vous disons encore MERCI. Cependant, tous ces avantages au lieu d’être une bénédiction pour nous, sont plutôt source de tous nos malheurs.

PAPA, pourquoi ceux que vous avez choisi pour vous accompagner passent le temps à torpiller vos bonnes intentions?   Nous, nous croyons en vous. Nous croyons en votre sagesse. Par contre, nos élites ne se concentrent que sur leur confort personnel ou pour la qualité de vie de certains qui constituent leur entourage direct. Nous n’estimons pas que toute la population de Pouma soit à la charge de ces élites, loin s’en faut ; mais il y’a un minimum de choses qu’un peuple qui a la grâce d’avoir une telle concentration de fils haut placés ne devraient manquer.

Nous avons un taux de chômage très élevé; les quelques jeunes qui se lancent dans l’agriculture peinent à trouver des semences.

A défaut d’être moto-taximen, ces jeunes abandonnés à leur sort ont sombré dans l’alcoolisme et le tabagisme. L’arrondissement de POUMA n’est inondé que d’auberges, de discothèques, et bars, vecteurs de l’un des taux de prévalence du VIH SIDA le plus élevé de la région du littoral (8,2%) : Source MINSANTE. Une voirie urbaine abandonnée. L’obscurité à tous les coins de rue. Les ouvrages d’art effondrés dans nos routes de campagne ou ce qui en tient lieu. Les routes rurales abandonnées. La régénération de l’élite à l’abandon. Les hôpitaux et centres de santé dans une décrépitude avancée. Les écoles primaires se vident faute d’encadreurs. Bref, le refus d’investir pour le bien de tous est caractérisé.

Quel avenir devons-nous espérer dans un tel contexte de violence morale ?

Depuis l’avènement de la démocratie et bien avant, à l’époque du parti unique, notre contrée est restée sous la gestion exclusive des maires restés indifférents, inattentifs et insensibles aux cris des populations avec la bénédiction souveraine d’une élite bourgeoise et impertinente dont le seul souci ne demeure que dans son éminence et son adulation.  La gestion de notre commune étant devenue source d’enrichissement pour des maires fabriqués par cette élite au détriment de la population abandonnée à sa triste condition (rareté de l’eau potable, énergie électrique approximative, services de santé presqu’inexistantes, l’éducation vidée de toute substance, routes redevenues des pistes cacaoyères comme à l’époque coloniale, etc…).

Excellence Monsieur le Président de la République Chef de l’Etat, que disons-nous ? PAPA, nous nous insurgeons contre les méthodes utilisées par nos parents élites et ainés pour nous faire taire, pour nous obliger à les subir et dire plus tard que si le pays en général va mal et l’Arrondissement de Pouma en particulier, C’EST A CAUSE DE VOUS.

PAPA, en écoutant vos prescriptions, nous avons décidé de prendre notre destin en main en nous investissant dans les inscriptions sur les listes électorales. Le 09 Février 2020 dernier, nous, populations et jeunesse de Pouma, avons repris sous une autre forme le combat de DAVID et GOLIATH de biblique mémoire, en allant voter contre les listes de ces personnes qui ont freiné notre développement et notre bien-être.

Nous n’avons jamais été contre un parti politique, mais contre les hommes, cette élite bourgeoise, la nôtre, qui n’a jamais pris en compte l’enfermement sur soi-même de cette jeunesse en particulier et le ras-le-bol des populations en général. C’est au vu de cette forte détermination que nous sommes allés voter contre la liste du RDPC à Pouma pour enfin confier notre quotidien à une nouvelle génération consciente qu’incarne le PCRN. Subséquemment, le combat de DAVID et GOLIATH de biblique mémoire évoqué plus haut, nous l’avons gagné.

Mais alors, pour contrecarrer notre volonté d’innovation, avec la complicité du personnel de l’antenne ELECAM Pouma, ces richissimes élites ont fait déplacer le kit d’inscription dans les listes électorales affecté à ELECAM Pouma, pour le domicilier dans des villas privées à Douala (Cité CICAM, PK12, MBEDI, Marché CONGO) pendant une longue période en début d’année 2019 ; avec pour mission d’enregistrer des électeurs de connivence et non fils Bikok de POUMA, qui devront venir voter à Pouma, afin de s’octroyer une majorité truquée et frauduleuse.

C’est dans ce contexte de fraude, qu’une vingtaine de BUS gros porteurs, remplis d’électeurs importés de Douala, payés à de minables sommes allant de 5.000 F.CFA à 15.000 F.CFA par électeur plus un casse-croûte de 1.500 F.CFA, que nos villages ont été inondés d’inconnus le jour du double scrutin du 09 février 2020. Tous venus en CHARTERS pour inverser la volonté populaire et nous imposer pour les cinq (05) prochaines années ce même groupe de mafieux décriés plus haut, qui vont détourner à leur propre compte les fonds alloués à notre commune pour son développement.

Aujourd’hui et comme toujours nous allons encore si vous ne frappez pas du point sur la table à Pouma et que cela fasse tâche, subir le dictat de ces élus qui depuis des décennies n’ont rien fait pour notre arrondissement, nous allons encore subir ces aînés qui pour être « ELUS », ont choisi :

Donner quelques pièces d’argent aux jeunes après présentation à la sortie de l’isoloir du bulletin du PCRN, ces jeunes des villages abandonnés à eux-mêmes depuis des décennies et qui sombrent au jour le jour dans l’alcoolisme et le tabagisme, Faire venir depuis la ville, les charters d’inconnus pour les élire et auprès de qui ils ne seront comptables de rien, Organiser des bureaux fictifs, Faire voter des personnes non identifiées pour des résultats dans certains bureaux de plus de votants que d’inscrits, etc.

Est-ce cela que nous attendons de notre démocratie ?      Au nom de quoi 90% des présidents de bureaux de vote doivent-ils être uniquement des militants du RDPC ? Au nom de quoi ces présidents de bureaux de votes ont-ils reçu instruction d’interdire aux représentants du PCRN de porter la moindre réserve sur les évènements survenus au cours de l’élection sur les Procès- Verbaux de leurs bureaux de votes ?

Nous avons refusé de nous verser dans la violence contre ces électeurs importés par respect pour vos consignes de paix.

Par conséquent, nous contestons les résultats de cette ELECTION MUNICIPALE du 09 Février 2020 à Pouma à cause des multiples fraudes, irrégularités et complicités tant d’ELECAM que de certains services de l’Administration à Pouma.

Nous demandons, Excellence Monsieur le Président de la République, PAPA, que notre CHOIX SOIT RESPECTE à Pouma

Nous avons introduit une requête auprès du Tribunal le 06 Février 2020 au fin d’obtenir une ordonnance du juge pouvant nous permettre d’avoir l’assistance d’un Huissier de justice qui nous aurait permis de faire de multiples constats de fraude le jour du double scrutin. Nous n’avons obtenu aucune réponse du Président du Tribunal d’Edéa. Nous sommes en face de personnes qui disent n’avoir de compte à rendre à personne. Toutefois, PAPA Paul BIYA, nous demandons pardon d’avoir publié cette lettre via les réseaux-sociaux, mais nous sommes en face de milliardaires qui achètent tout à leur passage.

Devant une telle conjonction de forces hostiles au changement et au choix du peuple de Pouma, que nous reste-t-il à faire ? Nous avons requis les conseils d’un avocat pour encadrer et construire notre démarche républicaine dans le contentieux postélectoral en annulation totale de cette élection dans l’arrondissement de Pouma. Personne ne peut nous empêcher de faire appel à la sagesse pacifique de notre Patriarche et père, pour que vous puissiez instruire la reprise de l’élection municipale à Pouma.

Nous savons pouvoir compter sur votre autorité patriarcale. Veuillez croire PAPA, à notre volonté de contribuer pacifiquement (malgré les provocations multiformes de certaines élites, autorités et Forces de Maintien de l’Ordre se réclamant Représentants du Chef de L’Etat mais violant vos prescriptions pour un idéal de paix) au chantier de construction d’un Cameroun paisible et émergent sous vos sages et pacifiques directives.

Pouma, le 17 Février 2020

Les candidats conseillers du PCRN POUMA,

Les militants et sympathisants du PCRN POUMA »

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