Cameroun : Les malfrats sont de retour au ministère des Finances

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Les efforts entrepris par le ministre camerounais Louis Paul Motaze, dans sa croisade contre les mauvaises pratiques sont connus, leurs résultats prévisibles.

Source : La Nouvelle

Il n’en reste pas moins vrai que des cerveaux tapis dans l’ombre, embusqués dans les détours de ces chemins qui mènent à l’assainissent des mœurs croient que les filets tissés pour la circonstance ne les prendront pas, eux, le menu fretin. Des filets destinés, pensent-ils, à piocher uniquement les baleines, à la Lebou et compagnie. Alors, ils s’en donnent à cœur joie, faut-il le dire à ciel découvert.

Une dénonciatrice nous rend compte de ce qu’elle s’est laissé délester d’une somme de 130 000 Fcfa par ces gougnafiers, prétendument pour faire aboutir son dossier de paiement de ses retards d’avancement. Parti sur ses traces, un de nos enquêteurs se rend au ministère des Finances et se renseigne sur le lieu idoine pour déposer son dossier de rappel en mémoire.

La porte du courrier central des finances lui est indiquée. Seulement trône à l’entrée un malabar costaud (bien nourri des argents chipés aux naïfs ? Peut-être). Toujours est-il que le malotrus l’interpelle et lui tient à peu près ce langage -dans un français approximatif : c’est pourquoi monsieur ? Je suis là pour renseigner les usagers ; nul n’entre ici s’il n’est du service. Il vous faut vous rendre tout de suite à la porte 233. Ils sont présentement sur les dossiers des rappels en mémoire. C’est eux qui traitent des rappels. Apprêtez 50 000 Fcfa et allez rencontrer Joseph. « Qui est ce joseph ? » interroge notre enquêteur. « Celui qui est sur la machine maintenant. Il va vous faire ça vite, vite ». « Mais moi je n’ai pas cette somme d’argent ! » se rétracte notre enquêteur avec une naïveté feinte. « On va alors faire comment ? » Recommence celui qui plus tard apparaitra comme un commissionnaire.

« Voici le numéro de Joseph » poursuit-il, « c’est le 695 70 10… Il faut l’appeler dès que vous êtes prêt ». Nous avons appelé ce numéro. La voix qui nous a répondu nous a donné rendez à 19h au lieudit carrefour Obili, à Yaoundé, ce même jour. L’homme au bout du fil n’a pas manqué de demander : « tu m’as gardé combien ? » Notre enquêteur ne s’y est pas rendu mais est revenu au ministère des Finances le lendemain. Il a appelé ledit numéro et demandé à être reçu dans son bureau. Ce, afin de s’assurer que l’individu exerce effectivement comme personnel des finances et mieux l’identifier.

La voix prétextant beaucoup de travail lui répond : « tu es où ? Il faut voir John là dehors et lui remettre les choses ». « Je ne le connais pas ». «

Mais, appelle-le. Il répond au 677 43 17.. ». Immédiatement et avant l’appel, l’individu de la veille se présente devant nous, dit être John,  réclame le dossier et « les choses ».

Pour être fixé sur son identité et son contact, notre enquêteur prétexte une urgence, se faufile et appelle le numéro indiqué comme celui de John. Le 677 43 17.. ne passe plus. Comme quoi, l’ennemi ne dort jamais !

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