Cameroun : Les Droits de l’Homme interpellent le gouvernement de Dion Ngute

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Dans une correspondance en date du 1er décembre 2020, la  Commission nationale des droits de l’homme et des libertés informe le collectif des instituteurs recalés au recrutement du 27 mai dernier avoir saisi le ministère de l’Éducation de base ainsi que les services du Premier ministre.

Par Essingan

La Commission nationale des droits de l’homme et des libertés (Cndhl) veut voir clair dans l’affaire des instituteurs recalés de la première opération du troisième programme de contractualisation des enseignants de l’Éducation de base. Elle veut en effet s’enquérir de la suite réservée aux réclamations de ces enseignants de la maternelle et du primaire. L’organisme présidé par l’intérimaire, James Mouangue Kobila, assure à cet effet dans une correspondance en date du 1er décembre adressée au Collectif des instituteurs titulaires d’anciens Capiemp avoir saisi le ministère de l’Éducation de base, avec copie au secrétariat général des services du Premier ministre.

Le président par intérim de la Cndhl demande au collectif de lui communiquer «toutes suites» que connaîtra cette affaire. A travers cette correspondance, la Cndhl répond à l’appel de détresse lancé par le Collectif des instituteurs frustrés au lendemain de la publication des résultats du dernier recrutement d’enseignants à l’éducation de base le 27 mai dernier. Un recrutement qui selon le collectif a été entaché d’irrégularités. Joint au téléphone hier par Essingan, le président du collectif des instituteurs se veut optimiste. Jean Marie Sonkoue Segning assure que la réaction de la Cndhl bien que lente est prometteuse.

«Nous avons saisi la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés dès le début de nos revendications, c’est à dire le même soir après la publication des résultats, de la première vague des 3000 instituteurs recrutés par le Ministère de l’Éducation de base», indique-t-il.

Manifestation publique

Le leader assure que le collectif a maintenu le contact avec la Cndhl à qui il a transmis tous les documents relatifs aux revendications notamment des copies des correspondances adressées au ministère de l’Éducation de base, à la présidence de la République et à la Banque mondiale. Le Collectif prévoit également un nouveau regroupement des instituteurs durant les congés de décembre pour organiser une autre manifestation publique et réclamer aussi leur intégration dans la fonction publique.

Il faut rappeler que dans la correspondance adressée au président de la République, ces enseignants dénoncent des tripatouillages aux derniers recrutements durant lesquels les critères de l’âge des candidats et ancienneté des Capiemp (Certificats d’aptitude pédagogique des instituteurs de l’enseignement maternel et primaire) n’ont pas été respectés. La limite d’âge fixée à 40 ans n’a pas été respectée.

Des candidats majoritairement âgés de moins de 30 ans ont été recrutés et dispensent des cours aujourd’hui. Ainsi, les recalés continuent d’exiger l’annulation des résultats en question et un recrutement de 12 000 instituteurs au total tel qu’annoncé par le gouvernement dans le strict respect des critères définis. Par ailleurs, le Collectif des enseignants propose au gouvernement une réforme profonde du secteur de l’Éducation privée pour permettre aux instituteurs de s’affranchir de la misère. Abandonné par le gouvernement, leur triste sort certainement scellés reste entre les mains de la Banque mondiale qui promet toutefois d’être suffisamment regardante sur les points soulevés par les contestataires lors des négociations en cours avec le gouvernement. Même si institution de Bretton Woods reste le principal financier de ces recrutements, nombreux parmi eux espéraient toujours un geste d’apaisement du gouvernement qui donnerait lieu à un déblocage des fonds spéciaux pour leur intégration dans la Fonction publique et leur prise charge.

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