Cameroun : Les Chefs traditionnels de l’Ouest accusent leurs élites de les intimider

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Les chefs traditionnels de la région de l’Ouest indiquent avoir été contraints de signer une deuxième déclaration. Voici leur déclaration publiée dans Le Messager de ce matin :

La nouvelle déclaration du «Collectif des chefs traditionnels de la région de l’Ouest» est datée du 4 décembre 2020. Le document s’intitule «déclaration du collectif des chefs traditionnels de la région de l’Ouest» Le document porte en entête les indications «République du Cameroun : Région de l’Ouest». Signé par 71 chefs traditionnels de la région du soleil couchant, la correspondance indique à son entame que les chefs traditionnels de la région de l’Ouest se sont réunis au siège de la Caplami, à Bafoussam, le 4 décembre 2020. De même que le document indique que le «Collectif des chefs traditionnels de la région de l’Ouest issus des huit (08) départements de la région, ayant pris acte d’un document qui circule depuis quelques jours dans les médias et les réseaux sociaux avec en toile de fond les propositions de certains membres du conseil des chefs traditionnels de l’Ouest Cameroun, pour une sortie de la crise sociopolitique et sécuritaire que traverse notre pays.»

En clair, la déclaration rendue publique le 4 décembre 2020 par le collectif des chefs traditionnels de l’Ouest marque des réserves sur le contenu de la déclaration du Collectif des chefs traditionnels de l’Ouest Cameroun (Ccto) du 19 novembre 2020. Le document dont Le Messager a obtenu copie souligne que ledit document entend donner la perception que les autorités traditionnelles et culturelles de la région de l’Ouest ont des différentes crises que traverse le Cameroun. De même qu’ils entendent suggérer des solutions. Une posture déniée par la lettre du 4 décembre 2020 qui soutient que «Le contenu dudit document (…) ne reflète pas fidèlement notre esprit patriotique, d’humilité et de soutien au chef de l’Etat et au gouvernement.»

Ministres, gouverneur et élites A l’observation, la déclaration du «Collectif des chefs traditionnels de la région de l’Ouest» charrie quelque polémique. Approchés, de nombreux chefs traditionnels de la région de l’Ouest soutiennent avoir été «contraints» de signer la déclaration du 4 décembre 2020.

Nous avons convenu de diffuser leurs déclarations sous le sceau de l’anonymat. Nos sources soutiennent avoir signé la déclaration du 4 décembre 2020 sous «les menaces des ministres Luc Sindjoun et Pascal Nguihé Kante ainsi que le gouverneur de la région de l’Ouest et de nombreuses élites politiques et économiques de la région de l’Ouest.» Les chefs approchés soutiennent avoir été invités pour une réunion. «Arrivé à la Caplami on nous a sommé de signer le document qui a été mis dans les réseaux sociaux par les mêmes sources.» De même que certains chefs soutiennent avoir signé une fiche «sans savoir l’utilité que l’on voulait en faire.» Les autorités traditionnelles approchées par Le Messager soutiennent que «les ministres et élites qui nous ont convoqué ont indiqué qu’il faut signer ce document pour le bien de la région de l’Ouest.» Dans le même temps, certains chefs soutiennent avoir été menacés de destitution. Joint au téléphone, certaines autorités traditionnelles de la région de l’Ouest promettent de dire leur «part de vérité après les élections régionales». Toutefois, nombreux indiquent rester fidèles à l’esprit de la déclaration du Conseil des chefs traditionnels de l’Ouest Cameroun (Ccto), rendue publique le 19 novembre 2020.

La plupart des élites, cadres administratifs et ministres indexés n’ont pas donné suite à nos sollicitations. Une source proche des services du gouverneur de la région de l’Ouest soutient néanmoins que «le gouverneur n’a jamais été à l’initiative de ce document. Il a été appelé lorsque la déclaration était déjà signée. Les chefs voulaient lui remettre le document pour qu’il le transmette au chef de l’Etat.» La même source se refuse néanmoins de confirmer l’identité des ministres et élites de la région de l’Ouest ayant œuvré à l’élaboration de la déclaration du 4 décembre 2020.

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