Cameroun : Le Tcs sollicite la justice française sur l’affaire Mebe Ngo’o

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Le juge d’instruction du Tribunal criminel spécial (Tcs) Jean Betea avait saisi son homologue français, à travers une commission rogatoire datée du 19 mai 2019, aux fins de procéder entre autres à la saisie des biens de l’ancien Mindef et certains de ses complices aujourd’hui détenus à la prison centrale de  Kondengui. Une expression de la parfaite collaboration qui existe entre les 2 pays en matière judiciaire.

Par La Nouvelle

L’information avait abondamment circulé en juillet 2019. Les réseaux sociaux en ont d’ailleurs été inondés. L’on nous annonçait alors que la justice française venait d’ordonner la saisie de l’hôtel particulier d’Edgard

Alain Mebe Ngo’o, situé sur la très prisée île de la Jattes, près de l’ancien lieu d’habitation de Nicolas Sarkozy, l’ancien président français.  Il fallait déjà s’y attendre, surtout lorsqu’on sait que l’ancien Mindef était devenu depuis le 5 mars 2019, l’un des pensionnaires privilégiés de la prison centrale de Kondengui.

Seulement, ce que les uns et les autres avaient perdu de vue et qui est aujourd’hui conforté par des sources concordantes du côté de Paris, c’est tout simplement que cette action entreprise par les autorités judiciaires françaises s’inscrivait en exécution des dispositions contenues dans la commission rogatoire internationale adressée par le juge d’instruction du Tribunal criminel spécial (Tcs), Jean Betea, en vertu de l’accord de coopération en matière de justice, signé le 21 février 1974 entre le Cameroun et la France, notamment en son chapitre II, relatif à la transmission et à l’exécution des commissions rogatoires. L’on peut aujourd’hui affirmer qu’avant de rendre publique son ordonnance de non-lieu partiel et de renvoi devant le Tcs, le 26 août 2020, celui qui a mené l’instruction dans le cadre de l’affaire Mebe Ngo’o n’a négligé aucun pan de la procédure. Et comment cela pouvait-il en être autrement ?

En effet, en date du 19 mai 2019, le juge d’instruction du Tcs, avait diligenté une commission rogatoire internationale à l’endroit des autorités judiciaires compétentes de la République française, afin que celles-ci procèdent « avec faculté de subdélégation », à l’exécution de ladite commission et de la renvoyer au Tcs accompagnée des pièces constatant son exécution. Dans la mêlée, nos sources parisiennes vont nous renseigner que la commission en question avait entre autres comme missions, d’identifier et de faire saisir toutes résidences et propriétés immobilières appartenant à Edgard Alain Mebe Ngo’o et ses complices, que ce soit en leurs noms personnels ou en des prête-noms éventuels en territoire français, notamment, pour le cas Mebe Ngo’o, l’appartement situé à Aubervilliers au 115, Rue Danielle Casanova, dans le 93, de même que l’immeuble situé à l’île de Jattes, dans le 16ème arrondissement de Paris.

La commission rogatoire internationale adressée aux autorités judiciaires françaises visait également à dénicher tous les comptes ouverts par les inculpés aussi bien à Attija Wafari France que dans d’autres établissements financiers français. Et dans le cas d’espèce, il était question de fournir aux autorités judiciaires du Cameroun, les relevés des comptes en question depuis leur ouverture, les documents d’ouverture, les noms et prénoms des ayant-droits économiques, les noms et prénoms des bénéficiaires des retraits en numéraires, les liens entre la France et les personnes inculpées, les soldes des comptes, non sans oublier de procéder à leur blocage…  

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