Cameroun : Le mea culpa d’Amougou Belinga à la communauté Beti

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Il a clairement été exprimé le 9 octobre 2020 dans une déclaration publique lue au journal de 20 heures de la chaine de télévision Vision 4 dont il était d’ailleurs l’invité spécial. Le pardon vrai qui fait la marque des grands hommes.

Par La Nouvelle

Il était pratiquement disparu des radars depuis le déclenchement de ce qu’on a appelé l’affaire Amougou Belinga, avec tout le buzz que cela a produit des mois durant, à la suite de ses déclarations dans lesquelles il qualifiait sa communauté en des termes peu reluisants. Vendredi dernier donc, le Pdg du Groupe L’Anecdote est sorti de sa retraite stratégique pour adresser un vibrant message à la communauté Fang-Beti en guise de pardon. « Dans un moment de profonde dépression, j’ai eu à tenir le 1er juillet 2020 de propos peu accommodants, désagréables, voire blessants à l’endroit de mes frères et sœurs Fang-Beti en général et ceux de la région du Centre en particulier », écrit-il d’entrée.

Et de poursuivre : « cette sortie, intervenue dans un contexte où j’avais la conviction d’être victime de conspiration de la part de certains d’entre vous, a suscité un vif émoi. » « J’ai par la suite, moi-même, mesuré l’ampleur des blessures que ces propos ont pu causer au sein de la communauté à laquelle j’appartiens intégralement et à laquelle je suis lié par le sang. Comme tout être humain, vous vous en doutez bien avec les attributions que vous veniez de me donner, je suis à une autre école de la vie. Il peut arriver à tout être vivant, qui qu’il soit, d’être sous le coup d’une déception ou de ce qui lui parait être une trahison, de se sentir blessé et de vouloir exprimer son indignation. Ce fut malheureusement mon cas », reconnait le Zomlo’o des Zomlo’o qui enchaine et explique clairement les raisons de sa démarche : « au fil des jours, seul face à ma conscience, et au vue des attributs que vous m’avez donnés, j’ai fini par me rendre compte à quel point, vous, les miens, tout comme tous les Camerounais, m’êtes importants et ne devriez, à aucun moment, être victime de mes états d’âmes’’.

Et on devait alors arriver au nœud même de la communication. « C’est pourquoi, à vous tous et à vous toutes, mes frères et sœurs de la grande communauté Fang Beti,  à Son Excellence le président de la République, premier Patriarche et premier magistrat du Cameroun, à tous les patriarches, particulièrement à mon père Martin Mbarga Nguele, grand Patriarche des Bene, qui se seraient sentis légitiment blessés par cet accès de colère et cette expression d’indignation vraisemblablement injustifiée, je viens humblement présenter mes excuses les plus sincères. Un tel moment de faiblesse peut arriver à chacun d’entre nous », a indiqué le Pdg du Groupe L’Anecdote qui a conclu : « à mon tour, je pardonne aussi de tout coeur tous ceux qui de près ou de loin, consciemment ou inconsciemment, ont envenimé cette situation, en oubliant que nous sommes tous frères et condamnés à pratiquer le vivre-ensemble exhorté par notre chef de l’Etat, le président Paul Biya. »

De cette sortie en mondovision de Jean Pierre Amougou Belinga quelques commentaires s’imposent. On pourrait retenir que cet acte fort porte en vérité l’estampille de l’humilité d’un homme à laquelle on peut associer une bonne dose de courage. Mais il y a aussi le respect dû aux aînés lorsqu’on voit de quelle manière Jean Pierre Amougou Belinga s’arrête de façon spéciale sur le président Paul Biya et le Dgsn Martin Mbarga Nguele. Car en fait, demander pardon n’est pas un signe de faiblesse. C’est ce qui fait également la marque des grands hommes.

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