Cameroun : Le Maroc, nouveau banquier majoritaire du Cameroun

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En acquérant définitivement la Bicec, l’une des plus grosses banques camerounaises, qui était jusqu’ici aux mains des Français, le royaume de Mohamed VI s’affiche désormais comme l’un des grands partenaires du Cameroun avec 7 des 14 banques locales.

Le groupe Marocain Banque Centrale Populaire (BCP) annonce avoir finalisé l’acquisition des 68,5 % du capital de la banque Internationale du Cameroun pour l’épargne et le crédit (BICEC) auprès de la banque populaire Caisse d’épargne.  Le communiqué rendu public hier mercredi 2 octobre 2019 révèle que la cérémonie officielle de circonstance s’est tenue à Douala Bonanjo en présence du nouveau Directeur général de la Bicec Rochdi Sanhaji,  du DG de la BCP Kamal MOKDAD et du Président du Conseil d’administration Jean Baptiste Bokam.

Le Groupe BCP estime que l’acquisition de la BICEC lui permettra de  » déployer au Cameroun son modèle unique de Banque Panafricaine, solidaire et à fort ancrage local tout en étendant son empreinte géographique à la zone CEMAC ».

Il s’agit ainsi de l’aboutissement d’une procédure de rachat contestée par des avocats Camerounais qui la juge « illégale  » et contre les intérêts des nationaux. Le procès de l’affaire reste pendant devant le Tribunal de première instance de Douala. L’État du Cameroun est actionnaire à hauteur de 17,5 % à la BICEC. Comment comprendre donc qu’un représentant de l’Etat du Cameroun, en l’occurrence Jean Baptiste Bokam continue d’être le président du Conseil d’administration ? Est-ce à titre honorifique, puisque, dans une entreprise normale – société anonyme – c’est l’actionnaire majoritaire qui décide.

Prophétie

CamerPress l’annonçait déjà en mars 2018 : La Bicec sera mise en vente. CamerPress écrivait : « Comme les autres filiales de la banque populaire de France en Afrique, cette institution, qui a connu l’année dernière une crise interne pourrait passer aux mains des Africains. » Détenue à 61 % par le groupe français Banque populaire et caisses d’épargne (BPCE), la BICEC avait été victime d’importants détournements de fonds orchestrés en son sein pendant 12 années, ce qui a longtemps agi sur ses résultats.

Certains cadres, dont l’ancien directeur général adjoint, Innocent Ondoa Nkou, sont cités dans cette affaire dont les pertes ont été estimées à environ 50 milliards de F CFA. La Banque est en vente, à l’instar de la plupart des possessions africaines de la BPCE. Info ou intox de notre confrère Financial Afrik, tous les efforts entrepris de se rapprocher de la communication de la banque se sont avérés vains. Néanmoins, il faut indiquer que, dans une enquête publiée le 21 décembre dernier et signé du camerounais, Omer Mbadi, le journal panafricain Jeune Afrique en se demandant « pourquoi les groupes internationaux renoncent à l’Afrique ? », indiquait à suffisance que, « bousculés par les banques panafricaines

et à la recherche de marchés plus importants et moins risqués, les établissements occidentaux réduisent leur exposition sur le continent.»

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