Cameroun : Le journaliste Simon Meyanga du RDPC range sa plume

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Réveil très troublé et tourmenté dans la communauté des médias hier dimanche, 10 mai 2020.

Par Essingan

La nouvelle de la disparition de Simon Meyanga au Centre hospitalier et universitaire (Chu) de Yaoundé s’est répandue comme une trainée de poudre. Dans la cour du Chu, à presque 200 mètres de l’accueil, son épouse, des membres de sa famille et proches sanglotent comme perdus. D’autant plus que personne ne peut avoir accès à sa dépouille. De sa soeur, l’on apprend que Simon est entré dans cet hôpital vendredi, 08 mai. «Il souffrait d’un mal de ventre et d’une douleur à la poitrine». Pris en charge, il sera testé au Covid-19. «Jusqu’à son décès, le résultat de cet examen n’était pas disponible», explique sa soeur entre deux sanglots. Raison pour laquelle le corps est resté à la disposition du corps médical, pas très disert.

Au cours de la journée d’hier, ses confrères lui ont rendu différents hommages dans les différents groupes de partage. Il y transparait la généreuse joie de vivre de Simon Meyanga dont le fou rire est repris quasiment par tous les intervenants. Pour autant, le souvenir le plus vivace est son dernier passage il y a juste quelques semaines sur l’émission Canal Presse de la chaine de télévision Canal2international. Toujours aussi offensif, à défendre la formation politique de son coeur, le Rdpc, Simon Meyanga n’avait pas manqué de crier sa détresse par rapport à ce qu’il considérait comme une énorme frustration: sa fin de contrat, trois mois plus tôt, signifiée par le directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps), Alain Olivier Noël Mekulu Mvondo Akam.

Durablement blessé

Dans la foulée, il avait exprimé sa douleur quant au traitement qui lui était parfois réservé dans les couloirs de l’administration du Rdpc. En privé, il savait être amer. Mais stoïque, il relatait ses déboires. Pendant la campagne électorale relative aux élections législatives et municipales de février 2020, M. Meyanga avait déposé un dossier de mise en indisponibilité auprès du directeur général (Dg) de la Cnps, Olivier Noël Mekulu Mvondo. Il entendait alors se mettre au service de la propagande de son parti. Il disait avoir proposé que son salaire soit déduit durant cette période totalement consacrée au Rdpc. Après la campagne électorale, et de retour à la Cnps, Simon Meyanga est accueilli par son licenciement. Il est presqu’en pleurs. Déjà déçu par son échec aux investitures des législatives dans la circonscription électorale du Haut-Nyong, il est durablement blessé.

Dans sa détresse, s’il le vit courageusement en public, il est souvent ému aux larmes en privé. S’estimant victime d’une «incroyable ingratitude et indifférence». D’autant que recommandé par le ministre d’Etat Fame Ndongo auprès du directeur général des Adc, Thomas Owona Assoumou, son dossier n’aboutira pas. Il se souvient alors au cours de différents échanges ces temps derniers avec ses confrères et proches que sa descente aux enfers a commencé en 2019. Lorsqu’il est limogé de ses fonctions de chef de division de la communication, et ramené au statut de cadre d’appui. Il le prend comme une humiliation mais encaisse le coup. Une endurance que lui reconnait Michel Thierry Atangana qui depuis Paris a fait part de sa profonde tristesse.

«Je perds en Simon un frère courageux, serviable, endurant. Simon était un ami humaniste et généreux. Je suis triste», écrit-il. Jean Takoungang qui a souvent partagé ses plateaux se dit «profondément touché. Nous nous sommes côtoyés pendant plus de décennies d’abord lors de l’Emission Expression directe des partis politiques et ensuite autres débats dans les chaines de radio et de télévision. Il défendait le Rdpc avec acharnement et passion. Il était un militant intègre, j’ai failli dire intégriste. Il pouvait être très agressif et même intolérant lors des débats politiques, mais une fois sorti des studios il redevenait lui-même: jovial, blagueur, chahuteur.»

Journaliste de formation, Simon Meyanga exerce dans le journal L’Action du Rdpc, puis successivement dans la communication de l’Anafor et de la Cnps. Parallèlement, il est le présentateur en langue française pour le compte du Rdpc, de l’émission «Expression des partis politiques». Un programme qu’il tenait avec dévouement, application et passion. Officiellement décédé des suites de l’infection à Coronavirus, Simon Meyanga a été inhumé hier nuit à Akam Sobia dans l’arrondissement de Kobdombo au cœur du département du Nyong-et-Mfoumou. Après la scène, le clown est triste. Repose en paix Simon.

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