Cameroun : Le gouvernement négocie la dette bancaire de la Sonara

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Selon le journal La Nation de Serge Sabouang, le raffineur sinistré ne peut  faire face à ses créances qui s’accumulaient déjà avant le grave incendie du 31 mai. Et risque de mettre plusieurs établissements financiers en faillite.

L’État camerounais, à travers le ministère des Finances (Minfi), a entrepris de négocier la dette due par la Société nationale de  raffinage (Sonara) auprès des banques locales.  Quasiment en faillite depuis le grave incendie ayant décimé ses installations le 31 mai dernier, l’entreprise publique semble aujourd’hui avoir dépassé l’étape de «force majeure » décrété par ses dirigeants pour plonger dans un état végétatif.

Impossible en effet, en l’état actuel de la situation, d’honorer les quelques 336,7 milliards de francs d’impayés que lui réclame un pool de 10 banques que sont Afriland First Bank, Banque Atlantique, Banque internationale du Cameroun pour l’épargne et le crédit (Bicec), BGFIBank, Crédit communautaire d’Afrique (CCA), Commercial Bank of

Cameroon (CBC), Ecobank, Société générale (SGC), Standard Chartered et à Union Bank of Africa (UBA). Cette enveloppe ne comprend pas les lourdes autres créances des marqueteurs et sous-traitants, toute chose aboutissant à une ardoise de près de 700 milliards de francs.

Pour le Minfi, il faudrait absolument faire bloquer le gonflement des agios, et dans le même temps suspendre la hausse vertigineuse des taux d’intérêt. En attendant la conclusion espérée d’un moratoire échelonné d’accords parties. À début juin dernier en effet, l’encours de

la dette de la Sonara auprès des établissements financiers se décomposait de plus de 78,1 milliards de francs de créances échues, et de quelques 258,6 milliards de francs à échoir. Dans un mémorandum collectif, que votre journal a pu consulter, le raffineur était invité à s’acquitter des dettes échues au plus tard en fin juillet. De même, ses créanciers demandaient des précisions sur les mesures d’apurement prises, de même qu’un plan de continuité de ses activités à la suite du sinistre ainsi que des projections de trésorerie, en rapport avec ses importations de produits pétroliers pour l’approvisionnement du marché local.

On imagine que le directeur général, Jean Paul Simo Njonou, malgré la  sérénité qu’il affiche au dehors, n’a pas dû trouver de réponse concrète

à ces interpellations. Lui qui, dans le même temps, doit se pencher d’urgence sur les solutions de reconstruction de la raffinerie que certaines sources évaluent à 3000 milliards de francs. Un malheur ne venant jamais seul, au moment où le feu a rasé ses installations, les polices d’assurance de la Sonara, non renouvelées, avaient expiré depuis le 14 mai d’avant.

Cela signifie que c’est l’État camerounais qui devra se battre pour refaire la raffinerie à neuf. Pendant ce temps, les conclusions du rapport d’enquête, commandité par les autorités, relèvent du secret d’État –comme pour bien souligner qu’il y a potentiellement des choses à cacher.

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