Cameroun : Le Français François Mattei auteur du Code Biya est mort

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C’est l’épouse du journaliste français qui a rendue publique la nouvelle de la mort hier, 19 avril 2020.

Par Essingan

François Mattei, journaliste, grand-reporter, ancien directeur de la rédaction de France-Soir et auteur de nombreux ouvrages, est décédé hier, 19 avril 2020. C’est par un cours message de son épouse Myriam, de ses enfants Maya et Adams que ses amis et proches ont été informés. «C’est avec une grande tristesse que nous vous annonçons la mort de François Mattei, époux et père de deux enfants. François nous a quittés ce matin suite à une longue maladie». Par ailleurs co-auteur de «Laurent Gbagbo, libre pour la liberté et la justice», écrivant le Code Biya, François Mattei affirmait que «Paul Biya dirige un pays complexe: le Cameroun est peuplé de plus de deux cents ethnies, parlant autant d’idiomes locaux rattachés à une vingtaine de langues vernaculaires.»

Il faut aussi le constat que d’autres différences complexifient encore le maillage de cette population : anglophones d’un côté, francophones de l’autre, animistes, catholiques, protestants et musulmans cohabitent tant bien que mal. Ancienne colonie allemande, puis franco-anglaise, le Cameroun est un défi en soi. Paul Biya l’a bien compris, le Cameroun, c’est une Afrique en miniature. «Sans doute fallait-il à la tête de ce pays de la diversité un homme aussi singulier que Paul Biya, ancien séminariste, puis brillant universitaire, le plus énigmatique des leaders africains, pour résister aux coups d’Etat et aux crises, aux tentations séparatistes et aux démons endémiques qui ont souvent menacé son pouvoir, et l’unité du pays.» Dans une Afrique toujours fragile, et prompte à se déchirer, le Cameroun fait non seulement figure d’exception, mais aussi de laboratoire de la diversité».

Ecrivait François Mattei dans cette biographie de Paul Biya parue en 2009. Un livre pour lequel il disait n’avoir d’autres ambitions que de révéler quelques secrets de «l’énigmatique destinée de cet homme hors du commun.» C’est aussi un livre plein de bruit et de fureur, car en Afrique plus qu’ailleurs, la politique est une aventure. Pour lui, la sagesse se fait chair et s’incarne dans un homme: «Paul Biya n’a pas eu besoin de prendre de l’âge pour accéder à la claire conscience des responsabilités, à la maturité, à la sagesse. Enfant et adolescent, a-t-il jamais été «jeune», au sens où on l’entend ? Il fut toujours attentif à ne rien faire qui ne soit, en pensée ou en actes, parfaitement pesé, équilibré.»

Le chemin parcouru, les obstacles surmontés, et le bonheur retrouvé «lui donnent enfin la possibilité d’atteindre à la vraie jeunesse: celle des esprits libres. Il ne connaît ni la fatigue, ni la lassitude, ni la routine des horaires. (…) Se présider avant de présider les autres, telle pourrait être la devise de Paul Biya», soulignait encore le journaliste qui sillonnait le continent africain. Proche de certains chefs d’Etat, il disait enfin de Paul Biya, qu’il «est donc doté d’une sagesse extraordinaire et des qualités inhérentes aux grands esprits. Qui plus est, en dépit de ses 76 ans, il aurait conservé la robustesse de son adolescence. Jeune, il était vieux, vieux, il redevient jeune.» A 87 ans, François Mattei n’a pu accomplir le vœu de voir son ami Laurent Gbagbo sortir de prison.

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