Cameroun : Le COVID-19 ampute 542 milliards FCFA au budget de l’Etat

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Initialement arrêtées à 4 951 milliards de FCFA, elles sont désormais fixées à 4 409 milliards de FCFA du fait de l’impact économique induit par le coronavirus

Par Repères

C’est officiel depuis le 3 juin 2020. Le président de la République a signé une ordonnance modifiant et complétant la loi de finances 2020. Elle acte la baisse des recettes du budget de l’Etat pour l’exercice en cours. De 4 951, 7 milliards de FCFA à 4 409 milliards 47 millions de FCFA, les prévisions enregistrent une réduction de 542 milliards 653 millions de FCFA. Cette situation fait suite à la baisse du cours du pétrole, mais surtout aux mesures prises par le gouvernement pour ralentir la propagation du Covid 19 au Cameroun.

L’on se rappelle que le 28 mars 2020 à Brazzaville, les ministres en charge des Finances et de l’Economie de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cemac) ont recommandé aux Etats membres « d’adopter, dans les plus brefs délais, des lois de Finances rectificatives 2020 pour aligner la gestion des finances publiques sur des prévisions actualisées et réalistes des recettes budgétaires et des dépenses publiques, en vue de renforcer les moyens de lutte contre la propagation de la pandémie du Co¬vid-19, tout en garantissant le fonctionnement régulier de l’État ». C’est à cela que le Cameroun vient de souscrire.

Dans le détail, l’ordonnance prise par le chef de l’Etat indique par exemple que les recettes fiscales et douanières qui étaient censées s’élever 2 962 milliards de FCFA ont été revues à 2 374 milliards de FCFA. Dans le même temps, les revenus du secteur pétrolier initialement évalués à 468 milliards de FCFA, se chiffrent dorénavant à 286 milliards de FCFA. Soit une réduction de 181 milliards de FCFA. Certaines recettes dont la collecte était censée culminer à 595 milliards de FCFA sont réduites à 413 milliards de FCFA.

Par ailleurs, il est prévu un prélèvement de 137 milliards de FCFA sur les recettes de l’Etat. Ce prélèvement est destiné à alimenter le Fonds spécial de solidarité pour la lutte contre le coronavirus et ses répercussions économiques et sociales. Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, prévenait déjà, le 28 mars 2020, au sortir de la réunion avec ses homologues de la Cemac, que « nous savons qu’avec la diminution des échanges extérieurs, les importations vont  baisser. Et si les importations baissent, les recettes douanières vont baisser. Tout cela aura des conséquences sur l’économie réelle. Il a été constaté que les effets vont être terribles, pour nos États. Tout cela dépendra de la durée de la pandémie.»

Cette baisse des recettes et surtout l’affectation de 137 milliards de FCFA à la riposte contre le COVID 19 va directement impacter les administrations publiques. En effet, à la faveur de l’ordonnance prise par le chef de l’Etat, elles ont vu les fonds qui leur étaient alloués pour l’année en cours diminuer considérablement. Dans ce sens, l’on peut notamment citer le ministère des Travaux publics qui voit son enveloppe budgétaire allégée d’environ 69 milliards de FCFA.

Elle est passée de 459 milliards de FCFA à 397 milliards. Dans la même logique, le ministère de l’Habitat et du développement urbain perd 34 milliards de FCFA. Son enveloppe budgétaire passe de 146 milliards de

FCFA à 112 milliards. Le ministère des Postes et Télécommunications quant à lui enregistre une diminution de 14 milliards de FCFA sur les 39 milliards de FCFA qui lui étaient initialement destinés. Dans le même temps, la présidence de la République subit une coupe de 11 milliards de FCFA. Tels sont entre autres, les institutions qui ont le plus fait les frais de l’ajustement budgétaire du 3 juin 2020.

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