Cameroun : Le chanteur de Makossa Dina Bell peint par Kaïsa Pakito

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La belle histoire musicale de l’un des plus grands chanteurs de charme camerounais, auteur de plusieurs chansons à succès comme Yoma Yoma, Sophie ou Wala Longo. Beau portrait à lire :

Dina Ebonguè Charles est né le 28 Mai 1953 à Douala, dans une famille pieuse et de musiciens depuis son grand-père, son papa est affecté à Penja où il fait ses études en sort laborantin. Pendant son adolescence à Douala,il anime avec une bande d’amis des fêtes et on décèle en lui un certain talent, mais hélas après les études papa exige de lui d’entrer en fonction en tant que laborantin, à travers ce boulot, il s’active à chercher un peu d’argent pour lui permettre de se faire la malle.

Au début des années 1970,il sort un matin avec un ami pour des ballades et profite pour aller « en aventure » .Il passe par le Nigeria et le Bénin, ou il veut à tout prix enregistrer son album, un peu comme Eboa Lotin qui aurait aussi enregistré des albums de ce côté, mais il continue sa route pour finalement arriver en France ou il retrouve ses potes de Bonelèkè Akwa,Toto Guillaume, Pierre de Moussy et Jacky Doumbe (Kape).

Avec un ami Mekongo President il décide de produire avec ses petites économies son premier album, un 45tours, mais Toguy ne le sent pas prêt, heureusement Kape joue la médiation et convainc Toguy. L’album se fera sous la direction de Toguy pendant qu’ils sont encore en studio ou du moins il croit toujours en studio, il reçoit un coup de fil venant du Cameroun, ses cousins l’encensent, son disque fait un tabac, il est surpris et en même temps se sent floué par son partenaire, plus tard il dira de cet expérience que c’est son plus mauvais souvenir dans la musique. Malgré tout il est consacré « Disque D’OR », c’est un succès continental!

Autour de Dina Bell se forme un noyau solide, Toguy, Aladji Toure ,Jean Claude Naimro, Sissy Dipoko et Ebeny Donald qui décide de produire le prochain album « Qu’est-ce que c’est », rebelote l’album fait un tabac, vient le moment de présenter l’album et l’artiste au public en Live.

Grâce à DINA Bell et à la mobilisation autour de lui, naît l' »Équipe Nationale du Makossa ». Il descend au pays pour une tournée qui durera des mois, tellement convoité il leur arrivait d’enchaîner deux concerts dans la même salle en un jour. Tous les artistes veulent le même succès que l’homme a la légendaire casquette désormais surnommé « Bazor » et veut enregistrer avec l’Équipe Nationale.

L’Équipe Nationale du Makossa est saturé entre les tournées et les séances de studio. Dina Bell enchaîne les tournées et les albums à succès, ainsi que les Disques d’Or, il est au sommet de son art et dans ses textes on sent qu’il est rattrapé par son passé de laborantin, il est méticuleux et pointilleux dans le choix des mots, mélodies et même des lignes harmoniques, il veille à tout. Quelque temps après il se prend en charge en se produisant tout seul.

On dira de lui qu’il est la cassure entre la génération des orchestres Black Styl, Negro Styl et autres,et dans son écriture, c’est une autre révolution et à travers ses rythmiques les jeunes de Douala créent le pas de danse « Madolo ».

Suite aux multiples sollicitations l’Équipe Nationale du Makossa qui ne pouvait plus répondre aussi présent aux multiples concerts de Bazor, il décide de créer le « Bazor System », ou on retrouve de nombreux jeunes tels les frères Épée et Koum Mbengue, Ndedi Eyango Jeannot Ebellè et Guy Billong.

En 1988, à la surprise générale, il sort « Mélodies Roses », qui certes un tabac, mais le public trouve un peu maladroit que ce soit lui, le digne ambassadeur du Makossa qui fasse cette approche du Kwassa Kwassa, malgré tout l’album fait un tabac.

En 1990,il se lance un défi très personnel reconquérir son public avec ce qu’ils ont toujours aimé de lui,il entre en studio et sort sous le contrôle de toute l’équipe nationale du Makossa reconstituée pour la cause et sous la direction et les arrangements de Aladji Toure,un album qui jusqu’à nos jours reste comme l’une des plus belles réussites Makossa en termes de musicalité et surtout rythmiques, « Le Défi » de Dina Bell caracole tous les hits parades des mois durant avec « Bobe na mbako » qui est au panthéon des classiques du genre. Après cet album il faut reconnaître que Bazor ne fait plus trop de grands succès.

Il est victime d’un braquage et a la vie sauve grâce aux voisins dans la nuit du 7 février 2004,quelques temps après il est gravement malade et certaines langues malveillantes le déclarent mort, mais il décide de renaître, il nous revient en 2007 avec l’album « Rebirth »,mais il est découragé par les problèmes de distributions et surtout le piratage qui gangrène le milieu et estime qu’il est temps pour lui de mettre une pause le temps d’écouter tout le travail abattu depuis la nuit des temps. Bazor a célébré ses «40ans de carrière» en 2017, question d’aller vers son public pour des moments de partage. Dina est carrément porté en triomphe par son public entre Douala et Yaoundé.

Il est fait Chevallier de l’Ordre du Mérite. Comme je l’ai souligné parce que très soucieux du détail, après une aussi longue carrière, Dina Bell compte une douzaine d’album, car il met du temps à mûrir une œuvre, asseoir ses harmonies et surtout ses rythmiques, oui il met un point d’honneur sur ses lignes de Bass, même pour une jam en cabaret.

Bazor a juste titre est considéré comme l’un des meilleurs compositeurs de slow au pays,  »Sophie est repris par des chanteurs a voix qui se respectent Bazor actuellement vit entre Douala et Paris ou il s’occupe de ses enfants.

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