Cameroun : Laurent Esso opposé aux abus des magistrats sur la Surpopulation carcérale

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Au cours des assises des 17 et 18 octobre, à Yaoundé, le ministre d’État, ministre de la Justice, garde des Sceaux, a une fois de plus attiré l’attention des chefs des Cours d’Appel sur les dérives et autres lenteurs judiciaires à l’origine de la surpopulation carcérale au Cameroun.

Source : Repères

Les statistiques fournies par le ministre d’État, ministre de la Justice (Minjustice), Garde des Sceaux, Laurent Esso, au cours d’une séance de travail à Yaoundé, avec les chefs des Cours d’Appel du Centre, du Littoral, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les 17 et 18 octobre 2019, expliquent bien pourquoi le gouvernement prend à bras-le-corps le problème de surpopulation carcérale. De ces chiffres, il ressort que dans tous ces établissements pénitentiaires pris comme échantillon, à l’exception de la prison centrale de Bamenda, le nombre de prévenus est largement supérieur au nombre de condamnés définitifs.

Au 15 octobre 2019, indique le garde des Sceaux, la prison centrale de Yaoundé compte 2767 détenus à titre préventif contre 1062 condamnés définitifs, pour un total de 3839 détenus. Soit plus de 72% de prisonniers à titre préventif. A Douala, se trouvent 2485 bagnards à titre préventif contre 1131 condamnés définitifs, pour un total de 3616 détenus. Soit plus de 68% de détenus à titre préventif.

La prison centrale de Buea, pour un total de 1141 détenus, compte à la même date 776 prévenus contre 365 condamnés définitifs. Soit sensiblement plus de 68% de prévenus. La prison centrale de Bamenda, pour un total de 745 détenus, héberge 246 prévenus contre 499 condamnés définitifs. Soit 33% de prévenus. «Aujourd’hui, tout comme nous avons été amenés à le constater au terme des assises de la réunion annuelle des chefs de Cours d’Appel et des délégués régionaux de l’administration pénitentiaire des 17 et 18 septembre 2015 qui portait sur la surpopulation carcérale, les détentions provisoires sont beaucoup

trop importantes dans nos prisons», affirme le Minjustice Laurent Esso. Pour ce magistrat de classe exceptionnelle, «les détentions provisoires semblent même être le corollaire des lenteurs judiciaires en matière pénale». Une personne détenue à titre préventif attend d’être jugée dans les plus brefs délais possibles afin d’être fixée sur son sort. Aussi, «ne l’oublions pas, la privation de liberté en elle-même est une situation exceptionnelle», martèle-t-il. […]

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