Cameroun: L’Affaire Bobiokono et journal Kalara n’est toujours pas enrôlée

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Le DP du journal d’informations juridico-judiciaires avait fait appel de la décision rendue le 20 décembre dernier et attendent toujours l’évolution du dossier.

Par L’Œil du Sahel

Ils l’ont échappé bel ! On pourrait le dire. Christophe Bobiokono, directeur de publi­cation de l’hebdomadaire Kalara et sa collaboratrice Irène Mbezele sont repartis libres du palais de justice ven­dredi dernier, alors qu’ils avaient été conduits devant le procureur de la République pour sa décision concernant leur incarcération ou leur libération. En effet, rendus à la division régionale de la police judiciaire du Centre ce jour-là, à l’effet de se rendre disponibles pour l’exé­cution du mandat d’incarcéra­tion émis à leur encontre le jour du rendu de la décision dans leur affaire le 20 décembre 2019 au tribunal de première instance de Yaoundé, ils ont été plus que surpris de tout ce qui les y atten­dait.

Dans un premier temps, depuis le rendu de la décision par le TPI, le directeur de publi­cation et sa collaboratrice, de même que les avocats, n’ont jamais pu avoir accès aux minutes résumant ce jour de ver­dict. Ainsi, ils ne savaient de cette décision que ce qu’ils avaient pu entendre à l’au­dience, lors de la lecture du ver­dict. C’est donc surpris que ce jour, recevant chacun leurs man­dats d’incarcération à titre per­sonnel, ils ont pu y lire, pour Christophe Bobiokono, le direc­teur de publication, qu’il devait payer la somme de 2 millions de Fcfa représentant les amendes et 50000 francs de frais de jus­tice. Quant à Irène Mbezele sa collaboratrice, elle devait elle payer la somme de 1 million de Fcfa d’amende et également 50000 francs de frais de justice. Faute de quoi, ils devraient être sur-le-champ mis en état d’ar­restation, à défaut de présenter des garants.

C’est en se rendant au ser­vice des greffes, que leur avocat a pu apprendre que le journal avait également été condamné à payer une amende de 02 mil­lions de Fcfa, dans ce même cadre. Ce qui fait un montant total de 05 millions 100000 francs, qui ont entièrement été payés par les concernés, ce qui leur a valu d’être libérés ce ven­dredi-là, aux environs de 18 h. restent à payer les 10 millions de Fcfa de dommages et intérêts qui du reste, peuvent être payés à tout moment, et même après le procès à la Cour d’appel, dès que celui-ci pourra être enrôlé. C’est le grand problème qui se pose aujourd’hui : l’affaire por­tée à la cour d’appel depuis

«Comment comprendre qu’en instance l’affaire a connu une célérité inouïe, vu qu’au cours d’une audience embus­cade, nous avons été jugés 02 jours de suite, toute la nuit du 19 au 20 décembre 2019, pour aboutir à une décision nous condamnant. Aujourd’hui que nous faisons appel, la même célérité devrait s’appliquer, mais hélas, rien ! l’affaire reste bloquée, en attente d’être enrô­lée», confie le directeur de publication de Kalara. Pis, la plainte qui avait été introduite par les journalistes contre la députée Faustine Fotso reste let­tre morte. Elle n’a connu jusque lors aucune évolution. En fait, devant l’acharnement injuste de Madame Faustine Fotso, les journalistes avaient initié à leur tour une citation directe pour rétablir la vérité et mettre à nu la tentative de corruption dont ils ont fait l’objet dans le Cabinet parlementaire de Madame Fotso, ainsi que la séquestration et les menaces sous condition. Mais, la démarche de l’huissier visant à obtenir le visa du parquet pour délivrer la citation directe depuis le 3 juillet 2019 est para­lysée jusqu’à ce jour. Toutes les démarches entreprises par Monsieur Bobiokono ou ses conseils aussi bien auprès du procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Yaoundé (centre administra­tif) et sa hiérarchie pour lever ces obstacles restent infruc­tueuses et sans suite.

L’enrôlement de cette affaire à la cour d’appel du centre reste donc toujours attendu. Il faut également noter que, s’ils ont gain de cause, les amendes ainsi payées à titre de consignation leur seront entièrement rem­boursées. Rappelons que pour cette affaire qui remonte à 2018, les journalistes sont pour­suivis par la députée Faustine Fotso pour avoir publié 2 arti­cles (23 et 30 octobre 2018) dans lesquels il est fait état, pour le premier, de propos tenus par Mme Fotso lors d’un dîner en ville et que l’un des convives a enregistré. Dans cet audio, l’élue du Rdpc dans les Hauts-plateaux se serait répandue sur ses manoeuvres souterraines ayant permis de condamner un autre avocat, Me Akere Muna, alors candidat déclaré à la pré­sidentielle de l’année dernière. Le deuxième article rapporte les échanges avec la députée en question lorsqu’elle aurait été confrontée à ses propos, enregis­trement à l’appui. N’ayant pas apprécié les révélations de Kalara, l’avocate et élue de la Nation a saisi le juge de Yaoundé centre administratif pour punir les journalistes ayant traité de l’affaire.

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