Cameroun : L’Adamaoua très accueillante pour les éléphants blancs

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Selon une enquête du journal L’Œil du Sahel de Guibaï Gatama, plusieurs projets à très gros financements ne bénéficient pas du tout aux populations de cette région du Septentrion, château d’eau du Cameroun.

A quelques mois de la récep­tion définitive de l’abattoir industriel et moderne de Ngaoundéré, tout ne se passe pas bien dans le meilleur des mondes possibles. «Quand un projet commence avec la poli­tique, il ne peut qu’avoir des problèmes sur le plan opération­nel», se désole un docteur vété­rinaire à Ngaoundéré. C’est que, depuis la réception provisoire de l’infrastructure le 20 décembre 2018, le premier projet du plan d’urgence triennal réalisé dans l’Adamaoua passe pour être très peu productif, bien loin de la capacité de 250 têtes par jour qu’elle devrait faire abattre. L’abattoir ploie pourtant sous le poids des factures d’eau et d’électricité.

Du coup, la jeune équipe dirigeante chapeautée par le Dr Aliyou Hayatou se tri­ture les méninges pour faire tourner la structure à plein régime,et la doter définitive­ment de sa mission cardinale : être un ancrage économique qui va booster l’économie du Cameroun. Mais la grande réali­sation subit la concurrence féroce des aires d’abattage clan­destines de la ville de Ngaoundéré et de l’abattoir municipal toujours actif. Ici, sont tués environ 1500 bêtes par mois, soit à peu près 50 têtes par jour. Des boeufs qui doivent être abattus à l’abattoir indus­triel et moderne de Ngaoundéré.

L’Adamaoua a pourtant eu le privilège de bénéficier de 48% du programme d’industrialisa­tion des filières animales porté par le Planut volet Minepia, dont le coût global au Cameroun est de 10,9 milliards FCfa. Soit 5 099 191 085 FCfa pour l’abattoir industriel et moderne de Ngaoundéré et 775 719 434 FCfa pour son entrepôt frigori­fique de 1400 M3. L’Adamaoua a donc le regard tourné vers cette infrastructure qui consomme plus qu’elle ne pro­duit.

C’est aussi le cas du barrage hydroélectrique de Bini à Warak, dont le tâtonnement autour de sa réalisation n’est pas pour faire régner une atmo­sphère de sérénité pour les filles et fils de l’Adamaoua. Avec pour objectif principal la génération de l’énergie électrique d’une capacité totale de 75 MW pour renforcer le réseau intercon­necté Nord, le barrage d’une valeur de 356 millions de Dollars US fait encore languir. Le plus grand espoir étant de le voir enfin être livré, au bout des 4 ans prévus pour sa réalisation qui vont sans doute s’allonger. En attendant, les populations continuent de souffrir de déles­tages.

 

Enclavement

Que dire du projet laitier, cette autre réalisation d’enver­gure et prestigieuse d’initiative publique, mais qui s’avère plus coûteuse que bénéfique. Un pro­jet mort-né, selon de nombreux techniciens du secteur de l’éle­vage. Des mini-laiteries en carence de lait sont inondées d’herbes et de rouille pour cer­taines. Les quatre mini-laiteries, réalisées par le Programme d’Amélioration de la Productivité Agricole (Papa) dans sa composante Appui au Développement de la Filière Lait (Adfl), devraient utiliser 2000 litres de lait par jour. Des inquiétudes s’étaient pourtant fait sentir au moment de leur rétrocession le 15 novembre 2016 par le ministre délégué du Minepat de l’époque, Yaouba Abdoulaye. «Dans le cadre de la pérennisation et du suivi de cet important matériel, nous avons mis sur pied une cellule de suivi avec un cahier de charges bien établi», avait-il rassuré. La cel­lule a-t-elle fait son travail ? Seule la dégradation de ces infrastructures donne une réponse. L’Etat, grâce à un financement de l’Union euro­péenne de 13 milliards FCfa pour le projet Papa, aura cepen­dant investi des milliards pour les 4 mini laiteries de l’Adamaoua réparties dans les départements de la Vina, du Mbéré et du Djérem.

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