Cameroun : La vraie histoire du Stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé

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Pose de la première pierre du stade Ahmadou Ahidjo (en photo) en 1968 achevé trois ans plus tard, en 1971, inaugure en 1972.

Pour abriter la grande fête biennale du football africain en 1972, le Cameroun doit construire deux stades aux normes de la CAF. La seule infrastructure existante c’est le vieux stade de l’Hippodrome, construit en 1937 est en ruine. D’ailleurs, un pan du stade s’est écroulé, faisant de nombreuses victimes. Le Président Ahmadou Ahidjo donne sa parole aux dirigeants de la CAF et promet que le Cameroun serait prêt le jour dit. L’idée première est de bâtir le nouveau stade de Yaoundé sur le site de l’ancien Hippodrome.

La pose de la première pierre a lieu en 1968. Malheureusement, les choses ne vont pas se passer comme prévu. Une fois les ingénieurs arrivés sue le terrain, ils vont trouver le site étroit et pas entièrement adapté pour le projet. Le délégué du gouvernement, André FOUDA va se creuser les méninges dans l’urgence pour trouver une nouvelle solution. Voilà comment le site de MFANDENA sera choisi et c’est là que sera construit le stade AHMADOU AHIDJO, achevé en 1971, et inauguré en janvier 1972.

On est loin de ce qui se fait aujourd’hui. Malgré les imprévus liés au changement de site, en trois ans, le stade a été livré. Aujourd’hui on a l’impression d’être dans un bateau sans capitaine, chacun faisant ce qu’il veut. En 2014, le Cameroun a été désigné pour accueillir la CAN-2019. En 2016, on a commencé les travaux du Stade Paul BIYA d’Olembé. Le premier jour dit est passé, et le compte n’y était pas. Le Cameroun est devenu la risée de toute l’Afrique. La CAN-2019 a été enlevée. On attend fiévreusement, au bord de l’apoplexie, la main sur le cœur, le deuxième jour dit.

Arrêtons d’être aussi médiocres ! On va encore me traiter d’antipatriote, parce qu’apparemment, quand on aime son pays, on ne le critique jamais. On doit dire que tout va bien. Mais quel que soit le bout par lequel on prend la chose, on a terriblement failli. Qu’en 2020, on ne soit pas capable de faire ce qu’on a réalisé en 1968 est une honte. Et si personne n’a été sanctionné jusque-là, ça veut dire tout le monde a tout fait juste.

Claude KANA, Historien du football

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