Cameroun : La France soutient-elle Maurice Kamto dans l’insurrection ?

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©JULIEN DE ROSA/EPA/MAXPPP - epa07848110 French President Emmanuel Macron waves after a meeting with Luxembourg Prime Minister Bettel at the Elysee Palace in Paris, France, 17 September 2019. EPA-EFE/JULIEN DE ROSA

Quelle grande puissance étrangère a aujourd’hui intérêt à renverser le président Paul Biya en soutenant Maurice Kamto pour que ce dernier le fasse comme on vient de l’observer au Mali ? A qui profite la mise en branle d’un mouvement insurrectionnel populaire, dans l’optique espérée d’une instrumentalisation de l’armée contre le régime de Yaoundé ?

Par La Nouvelle

On l’aura très vite compris : après le flop retentissant du 22 septembre dernier, une certaine presse vitrioleuse, rarement avare d’une pique corrosive et acrimonieuse à l’égard du régime s’évertue ubuesquement à démontrer comment le peuple a largement répondu à l’appel de Maurice Kamto en « descendant massivement dans les rues de Ndokoti à Douala ». Pour cette presse, le peuple camerounais se résume aux seuls concentrés humains hystérisés qu’on a vus en débandade à Ndokoti. Un peu comme si ceux qui n’ont pas marché à Yaoundé, à Moloundou, à Ngaoundéré, à Garoua, à Kousseri et dans d’autres localités du Cameroun ne comptent pas et ne sont pas le peuple.

Pourtant, selon les statistiques de certains observateurs avertis, le grand Nord compte 32% de la population du Cameroun, le grand Centre 27%, le grand Ouest 30% et le grand Littoral 13%. Mais dans les cercles ethnicisés du Mrc, avec un volontarisme de matamore et une perversité diabolique, l’on a volontiers une perception farfelue de cette notion du peuple. Et c’est celle-là qui est brandie avec ostension pour vendre l’image prétendument messianique de Maurice  Kamto, présenté aux grandes puissances étrangères comme le choix du peuple, « le président élu » des Camerounais. Ils ne sont pas bêtes, les stratèges du Mrc.

Tous le savent : la configuration sociologique du Cameroun ne permet pas de prendre le pouvoir sur des bases communautaires. Mais, tant à porter la gêne et la confusion à leur comble, ils s’emploient depuis des années à démontrer, aux puissances étrangères que Maurice Kamto peut facilement accéder au pouvoir sur la seule base du soutien des Bamilékés. Pourquoi ? Parce qu’ils prétendent que ceux-ci sont majoritairement implantés dans les 10 régions du Cameroun. Pour ce faire, il suffit d’un seul mot d’ordre venant de lui pour que tout s’embrase. D’où cette insane tentative de soulèvement populaire insurrectionnel du 22 septembre dernier.

Ceci dit, qu’est-ce qui peut expliquer ou justifier la hardiesse, voire la folie suicidaire de cette entreprise qui aurait même pu faire sourire ceux qui connaissent, non seulement le manque d’envergure du Mrc (aucun conseiller municipal, aucun député, aucun sénateur), mais aussi la puissance de feu des forces de défense et de sécurité camerounaises et leur loyalisme envers les institutions ? Pour répondre à cette question, il faut surtout entrer de plainpied dans les arrière boutiques de la Françafrique, aujourd’hui encombrés de dossiers noirs et explosifs à l’instar de celui du Fcfa et des nombreux accords signés le 26 décembre 1959 entre Ahmadou Ahidjo et le Général de Gaulle.

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