Cameroun : La formation d’un nouveau gouvernement – Si jeunesse pouvait

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« J’ai, tout aussi, compris votre désir de mieux participer à la prise de décisions, qui engagent l’avenir de notre pays. J’en tiendrai compte en ayant, à l’esprit, que le Cameroun de demain se fera avec vous ». Ainsi s’est adressé Paul Biya lors de sa prestation de serment à la jeunesse, à laquelle il a demandé de ne pas perdre espoir et dit avoir compris leurs aspirations profondes. S’inspirant de cette perche tendue au fer de lance de la nation camerounaise, le Président de la République va, à coup sûr, miser sur le renouvellement de la classe gouvernementale. Depuis la formation d’une trentaine de gouvernements, P. Biya s’est toujours entouré de plus de technocrates gérontocrates aux dépens des jeunes et des femmes, qui ont, tous les deux, une portion minime en termes de détention des strapontins gouvernementaux. En s’appuyant sur le discours du contenu manifeste de l’homme du 6 novembre 1982, qui reste et demeure un sphinx, il est possible d’accréditer la thèse de l’option pour la juvénilisation du kaléidoscope gouvernemental. Sans conteste, bien de jeunes peuvent être retenus pour offrir leurs services au présent régime, participer à la gestion des affaires publiques et apporter, par corollaire, leur contribution au rayonnement du septennat dit des « grandes opportunités ». C’est donc une opportunité de faire main basse sur la classe des gestionnaires du 3ème et du 4ème âge ayant colonisé et plombé les bureaucraties étatiques à travers des pratiques de corruption, de prévarication, de concussion, de népotisme, de clientélisme, de favoritisme et d’inertie. Le Chef de l’Etat a alors la contrainte de faire subir aux strates administratives une couche de juvénilisation grâce à laquelle le déclic d’une nouvelle ère peut sonner. P. Biya va, sans conteste, décider de la dynamique d’intégration des jeunes dans l’escarcelle gouvernementale.

Depuis le 6 novembre 1982, sous le règne de la Philosophie biyaiste du Renouveau, des aînés sociaux ont toujours été nommés à la tête des départements ministériels. Mais, c’est plusieurs années après que l’Etat se rend compte que bien de gestionnaires de deniers publics ont failli tant ils ont ponctionné les caisses de l’Etat. Quasiment, toute la République des fonctionnaires croupit dans les geôles de la prison centrale de Yaoundé et de Douala. De Inoni Ephraim, ancien premier ministre à Yves Michel Fotso en passant par Jean-Marie Atangana Mebara, Urbain Olanguena Awono, Marafa Hamidou Yaya, Polycarpe Abah Abah, Paul Ngamo Hamani, etc, bien d’anciens membres du gouvernement ont été condamnés à des peines d’emprisonnement ferme depuis des années. Vu que les principes de rigueur et de moralisation ont été sapés sur l’autel de la mal gouvernance et de l’inertie, the time is now for changing Cameroon.

Il est temps de muter le logiciel mental des gestionnaires de la fortune publique. Il est temps de métamorphoser les acteurs gouvernementaux à la tête des départements ministériels. Il est temps de nettoyer les écuries d’Augias, en faisant un aggiornamento et en balayant systématiquement et systémiquement le circuit interne des administrations publiques plombées par les scories fonctionnelle et structurelle. Il est temps de faire main basse sur le péril vieux au profit de la classe des jeunes technocrates aguerris et compétents susceptibles de re-booster et de re-dynamiser le fonctionnement des strates bureaucratiques. Il est temps d’associer les jeunesses du pouvoir à la gestion des affaires publiques et à celle des positions de pouvoir et d’autorité, où elles pourront faire émerger un nouveau « type idéal », au sens weberien, de la régulation de la machine systémique. Il est temps de révolutionner les schèmes mentaux des agents publics dans la globalité afin d’expurger, de la macrostructure, des mentalités réfractaires au développement. Il est temps de faire germer une nouvelle mentalité de développement, mieux une nouvelle culture de développement nécessaire à la re-fondation et à la renaissance systémiques au Cameroun. Toute chose qui, si tous les déterminants sont rassemblés, pourront aider à la re-construction d’un nouveau système de fonctionnement apuré de pratiques a-sociales, lesquelles obèrent l’essor socio-économique du Cameroun. Certes, le changement social est lent. Mais les racines de la mutation conjoncturelle et structurelle sont profondes et nécessitent, à la fois, de nouveaux acteurs et un nouveau système, de nouveaux gestionnaires et une nouvelle architecture gouvernementale réduite à une vingtaine de membres.

A la lumière du discours présidentiel du 6 novembre dernier, le vent de tempête sur les gestionnaires gérontocrates, qui devra souffler, a pour dessein de promouvoir une nouvelle ossature de jeunes fonctionnaires/ gestionnaires des départements ministériels, qui, sans conteste, assureront la relève à long terme et vont acquérir un capital d’expérience, de savoir, de savoir-faire et savoir-être indispensable à la transformation du système de la gouvernance publique. Vivement que la jeunesse soit nommée à plusieurs postes de responsabilité dans le prochain gouvernement. Histoire de faire germer de nouvelles graines dans le champ gouvernemental en quête d’un nouvel habitus, d’un nouvel ethos fonctionnel et structurel nécessaires à la revitalisation de l’appareil bureaucratique. Vivement que P. Biya passe effectivement de la parole aux actes! Question de souscrire à la matérialisation du discours prononcé le 6 novembre 2018. L’homme du 6 novembre 1982 est, pour ainsi dire, ce maçon qui sera encore jugé au pied du mur durant ce septennat des grandes opportunités, dont le premier acte est le recrutement de 2000 enseignants, lequel s’étalera sur trois ans. Dans cet effectif des titulaires de Doctorat et des doctorants, dont les dossiers sont attendus dans chaque département des différentes Facultés dans les Universités d’Etat, il y aura, sans conteste, les jeunes enseignants qui seront retenus pour faire office d’enseignants dans l’arène universitaire. Les jeunesses du Renouveau sont, d’ores et déjà, à l’honneur tant leurs dossiers seront disséqués par la commission centrale à la primature, dont les rênes sont tenues par un jeune technocrate, Séraphin Magloire Fouda, Secrétaire général des services du Premier ministre (Sgpm).

Le Don King, Mot à wou à wou!

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