Cameroun : La fonction publique camerounaise à l’ère de la modernisation: éthique et responsabilité des agents publics

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Par Serge Aimé Bikoï, ‘’ Le Don King’’

Le colloque national sur la fonction publique camerounaise à l’ère de la modernisation fait tomber ses rideaux le 15 janvier 2020 à Yaoundé.

Depuis le début de la semaine dernière, la fonction publique camerounaise a été passée au scanner autant par les théoriciens que par les praticiens du Droit public. L’historicité de la fonction publique est revisitée et a permis à bien de participants de savoir que depuis l’époque antérieure jusqu’à la période contemporaine, il y a eu une fonction publique fédéralisée et une fonction publique unifiée. Alors que la première modalité repose sur l’administration directe de type français, la seconde prend ses racines dans l’administration indirecte plus libérale parce que étant proche des communautés traditionnelles. Au-delà de la précision de l’historicité de la fonction publique, il s’est agi de tabler sur l’éthique et la responsabilité des agents publics. Quatre déterminants ont permis de se rendre compte de la typologie des mentalités, qui régissent la conduite des acteurs dans la bureaucratie publique camerounaise:

  1. L’éthique comme valeur cardinale du service public
  2. Le problème de l’obéissance hiérarchique
  3. Les conflits d’intérêt
  4. Le devoir de discrétion et de transparence

Mais au-delà de ces quatre invariants, une question demeure: l’administration publique est-elle au service du public si l’on s’en tient aux entraves plurielles rencontrées par les usagers? C’est sur ces entrefaites que l’agent public a été criblé de balles vu qu’il est, entre autres, au centre des pratiques de corruption, de prévarication et de brigandage de la fortune publique. De manière globale, c’est une vérité de La palisse, l’administration publique est au service du public. Mais l’on constate que ce n’est pas l’impression que le public a en réalité. Un slogan populaire postule l’illusion selon laquelle l’usager du service public est roi. Or nous savons, d’expérience, qu’il n’en est rien. Le roi, c’est l’agent public. L’on assiste donc à un renversement de paradigme et à une inversion de l’échelle des valeurs. S’il est de bonne humeur, le fonctionnaire peut, dans son infinie bonté, consentir à recevoir et à écouter l’usager, le client, le bénéficiaire, le consommateur ou l’abonné. Certes, le souhait de mettre la qualité du service public au centre des préoccupations se matérialise par l’emprunt au secteur privé de la notion de client.

Cependant, inspirée du management public, cette notion peu valorisante ne rend pas, suffisamment, compte de la nature de la relation entre le citoyen et l’administration publique. Pour le commun des citoyens, l’administration publique est synonyme de gros, lent, tracassier, froid, impersonnel et inefficace. C’est, d’ailleurs, le constat qu’en fait le chef de l’État dans son message adressé à la nation camerounaise le 31 décembre 2013. Dans un ton mêlant la colère et le pathétique, le Président de la République dresse un tableau qui ne fait honneur à personne surtout pas aux agents publics. « Serions-nous incapables, s’interroge Paul Biya, de faire ce que d’autres pays comparables au nôtre ont fait ou sont en train de faire? Nous avons des hommes, des femmes et des jeunes talentueux, ingénieux, bien formés et entreprenants. Nous avons des ressources naturelles abondantes et variées. Alors, que nous manque-t-il?

Plus loin, le Président de la république apporte la réponse à son questionnement en ces termes: « Nous sommes un peuple d’individualistes plus préoccupés de réussite individuelle que d’intérêt général ». L’on comprend, dès lors, pourquoi la corruption, cancer universel, s’érige au rang de parjure pour l’agent public, qui s’en rend coupable.

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